AVANT-PROPOS A LA SIXIÈME ÉDITION
La présente édition a subi des changements assez considérables. Les développements qu’elle a pris nous ont décidé à la partager en deux tomes : Le tome I comprend les deux premières parties des éditions antérieures, celles qui ont pour objet la vie organique et la vie animale ; le tome II traite de la vie intellective.
Au point de vue anatomique et physiologique, on a essayé de mettre l’ouvrage au courant des nouveaux travaux de neurologie ; le lecteur pourra immédiatement s’en convaincre en jetant un coup d’œil sur les quatre planches annexées au volume.
Au point de vue psychologique, l’auteur a tenu compte des critiques, bienveillantes d'ailleurs, qui lui ont été adressées, parmi lesquelles il aime à citer celles de M. Bonatelli (La Psychologie di D. Mercier, dans la Rivista Filosofica, Sellembre-Ottobre 1903).
L’étude des actes d’imagination a été remaniée : on a recherché quels sont les facteurs de l’association, ce qui n’avait pas été fait dans les études antérieures.
Dans le tome II, on s’est attaché à mieux accuser les caractères respectifs de l’association passive, toute spontanée, et de l’association active qui se pratique sous la direction de l’intelligence et de la volonté libre. On a eu ainsi l’occasion de montrer l’échec de l’Associationnisme tel que l’avait inauguré Hume et l’ont interprété Bain, Ribot, etc.
A propos de la psychologie animale, on a distingué l’activité rigoureusement instinctive et celle où l’animal est capable d’une certaine expérience, afin de faire mieux voir la différence entre l’activité animale et l’activité humaine. On a aussi discuté avec plus d’attention les théories mécanistes des instincts, approfondi l’élude
(ic la mémoire sensible et donné plus d’importance a l’étude des émotions.
Dans la Troisième Partie (tome H), l’auteur s’est efforcé de définir, avec plus de rigueur, l’abstraction, et de déterminer avec plus de précision les marques propres de l’objet abstrait. Dans les éditions antérieures, on prouvait le fait de l’abstraction mentale par un seul argument tiré de la conscience. De langage à fourni un second argument qui contribuera à fortifier le premier. Les objections de l’empirisme à l’interprétation spiritualiste de l’abstraction ont fait l’objet d’une discussion attentive.
On a traité d’après un plan nouveau la question fondamentale de l’origine des idées, exposé avec plus de développements les preuves du libre arbitre et les principales objections du déterminisme.
Dès les premières éditions de l’ouvrage, on axait parlé incidemment des émotions et des sentiments et montré qu'il n’y a pas lieu de les rattacher à une faculté à part qui porterait le nom de sensibilité ou d’affectivité. Mais on a, celte fois, étudié ex professa le fait émotif ; comparé les principales théories interprétatives du sentiment, la théorie physiologique, la théorie intellectualiste, la théorie dictée par l’aristotélisme thomiste ; on a pu, alors, déduire de cette comparaison quelle est la place du sentiment dans la vie psychique. On a tenté, ensuite, un essai, provisoire d’ailleurs, de classification des sentiments.
Dans les pages consacrées à divers états psychiques qui, à raison de leur complexité, échappent à une perception bien nette, on a fait une place, non seulement, comme déjà dans les éditions précédentes, à la suggestion, à l’autosuggestion, à l’hypnose, mais aussi a la suggestion mentale, à la télépathie, à l’écriture automatique et aux phénomènes spirites.
Les preuves de la spiritualité de l’àme sont présentées sous une lorme nouvelle ; l’auteur a transporté ici une preuve d’expérience, inspirée du Trspl 'Vj/Tî; d’Aristote, qu’il avait exposée dans une brochure intitulée Lu psychologie expérimentale et la philosophie spiritualiste.
Les preuves de 1 unité substantielle du moi, qui aussi ont été remaniées, ont donne occasion a quelques aperçus nouveaux sur le
vu —
phénoménisme psychologique el la substantialité du moi ; sur le parallélisme psycho-physique, soit empirique, soit moniste, la théorie préférée de nombreux psychologues à l’heure présente ; sur le moi, enfin, et ses facultés.
En guise de conclusion à l’étude du moi, on trouvera une brève synthèse de la psychologie aristotélicienne el thomiste, et l’on pourra mesurer l’avantage qu’elle a sur l’empirisme positiviste et sur le spiritualisme classique, pour expliquer l’ensemble des faits établis expérimentalement ou attestés par la conscience.
Deux tables détaillées des matières, l’une onomastique, l'autre idéologique, sont jointes au tome 11 de l’ouvrage.
D. Mercier.
Louvain, le 25 mars 1904.
avant-propos a la huitième édition.
La septième édition du présent ouvrage ne fut qu’une réimpression de l’édition précédente. La huitième édition a subi quelques remaniements, mais ils sont d’importance secondaire et n’exigent ni commentaire ni éclaircissement.
D. J. Mercier
Malines, le 5 août 1907.