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Principe actif, essence de la cause

définitions fondamentales l35

Son efficience. — Son effet, son action ou ACTE. — Sa Di^FiNiTioN. — Cette donnée métaphysique est un principe actij. On ne peut concevoir immuable ce qui détermine quelque chose dans la durée, on ne peut concevoir le repos déterminant le moindre changement. La cause a donc pour caractère essentiel de ne pas persévérer dans le même état, d'être apte à se modifier. Cette aptitude est ce que j'appelle son activité.

Son efficience consiste en ce qu'elle transmet à son milieu, par ce qu'elle a de commun avec lui, sa propre modification intrinsèque et y détermine par là quelque changement (événement, variation, etc.) qui est son ejjet. C'est par son activité efficiente qu'elle est un agent. La modification intrinsèque par laquelle la cause est déterminante est son action ou son acte. Toutefois le mot acte est par extension ap^^liqué à son effet aussi, à tout changement extrinsèque qu'elle détermine.

Je définis donc la cause une condition impliquant une activité qui la rend apte à l'efficience, c'est-à-dire apte h déterminer l'existence d'une chose postérieurement à sa propre existence, chose qui est son ej]et.

hlx. Etat potentiel de la cause. — S'il y a un obstacle quelconque à la détermination de l'effet, l'action interne de la cause, au lieu de se commu-

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niquer au milieu, demeure dans les limites de la cause même, s'y concentre et s'y accumule ; elle y existe alors à l'état àii potentiel.

Par ce que je viens de dire de l'activité et de l'état potentiel je ne prétends pas avoir donné les définitions complètes, adéquates de ces deux choses, car, en réalité le principe actif est métaphysique : ce que nous révèle la conscience de nos efforts d'attention mentale ou de contraction musculaire, ce n'est pas l'être actif en lui-même, ce sont uniquement les actes de cet être inaccessible aux sens et à la conscience, à l'observation, soit externe, soit interne. Je me suis borné à indiquer ce que leurs manifestations suggèrent de leur nature, dont le concept adéquat est interdit à l'esprit humain.

55. Cause occasionnelle. — Cause efficiente. — Une cause C peut avoir pour effet E de déterminer à l'efïicience une autre cause G' dont l'effet E' n'existerait pas sans l'action préalable de G, mais ne serait pas amenée à l'existence par cette action seule On dit que G est cause occasionnelle de E', tandis que G' en est la cause efficiente.

Par exemj)le : la pression de l'index sur la détente d'un pistolet détermine à l'efficience la tension potentielle du ressort et, à ce titre est la cause occasionnelle de Faction du ressort détendu, c'est-

DEFINITIONS FONDAMENTALES iS']

à-dire de la percussion du chien sur la cartouche, percussion qui est elle-même la cause occasionnelle de la conflagralion de la poudre, cause occasionnelle à son tour de l'explosion qui chasse la halle dans le canon du pistolet. Mais c'est l'explosion seule, le déploiement d'aclivilé dynamique, causé par l'action chimique de la conflagration qui est la cause eflicientc du mouA ement imprimé à la halle.

56. Cause première. — Causes secondes. — La définition que j'ai donnée de la cause ne suppose pas que le principe causal soit apte à déterminer l'eiret sans le concours d'aucune autre chose. En tant qu'il agit dans un milieu, il est jusqu'à un certain point conditionné par celuici ; son effet n'en est qu'un changement.

Il se peut encore que le principe causal reçoive de son milieu l'action d'une cause occasionnelle requise pour qu'il agisse lui-même.

On conçoit même qu'il reçoive de ce milieu l'existence; par exemple : le principe actif de la cause psychique appelée la volonté doit au monde ambiant le germe d'où il est né et les facteurs de son développement. A supposer même qu'on voie dans la volonté l'attribut d'une àme immortelle, le spiritualistc accorde que cette àme a commencé d'être, qu'elle n'est pas éternelle. Des causes sont

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donc déterminées à l'existence par d'autres causes antécédentes, d'après le témoignage de l'observation.

Existe-t-il une cause initiale, première, qui ait déterminé toutes celles que reconnaissent les événements constitutifs de l'évolution universelle et dont l'observation et l'expérience nous ont révélé quelques-uns P La question est d'ordre métaphysique. Tout ce qu'on peut dire à ce sujet, c'est qu'une succession indéfinie de causes se déterminant les unes les autres dans le passé est inintelligible. Pour l'esprit humain toute série de faits requiert une limite antérieure au présent, un commencement.

Aussi appelle-t-on causes secondes toutes celles qui n'existent pas par elles-mêmes et, par suite, en supposent d'autres antérieures, les unes efficientes immédiatement, les autres occasionnelles, dont la ramification aboutit à une cause unique existant par elle-même, dite première. Mais ce raisonnement repose sur ce que l'infinité dans le passé est impossible à une succession d'événements. Or concevoir une chose comme impossible ne serait-ce pas dans certains cas, pour l'esprit humain, témoigner simplement de Timpossibilité où il est de la concevoir possible, non point parce qu'elle est irréalisable, mais parce qu'il n'est normalement pas organisé pour en concevoir la réa-

DÉFINITIONS FONDAMENTALKS iSq

lisation ? C'est précisément le cas de toutes les données métaphysiques et l'infinité en est une par excellence.

07. Force musculaire. — Force mécanique. -^- Nous ne prenons conscience de l'activité qu'en nous-même, soit dans l'elTort cérébral appliqué, sous le nom â! attention, à l'objet de la pensée (ou à la pensée même), soit dans l'efTort musculaire, qui, sous le nom de force, s'applique aux données de l'étendue tactile. Dans le premier cas l'activité est psychique, dans le second elle est physiologique, mais dans les deux elle est déterminée à l'etïîcience par le même antécédent, actif luimême, qui est le vouloir, la volonté.

J'entends par la jorce mécanique la force musculaire considérée à l'état inconscient et abstraction faite de son antécédent psychique, de la volition qui en conditionne l'exercice, qui la met en train et la règle. C'est ce concept arbitraire et fictif qui me semble avoir fourni aux fondateurs de la Mécanique le type de la cause d'où procèdent les résistances opposées par le monde extérieur à la lorce musculaire déployée par la volonté, et aussi les changements de lieu, les déplacements dont l'homme ne se sent pas la cause volontaire et qu'il attribue à des choses extérieures à luimême.

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58. Mouvement. — Déplacement. — Le mouvement est la manifestation d'une force mécanique dans le champ de la conscience humaine par l'intermédiaire de l'organe à la fois actif et sensitif du toucher exerçant l'effort musculaire sur un point d'application dont cette conscience observe le déplacement en même temps que la résistance. Celle-ci, d'ailleurs, peut être minime au point d'être négligée et de devenir inconsciente, infiniment petite en cas d'équilibre instable.

Le déplacement diffère du mouvement en ce que la sensation de la résistance est entièrement exclue de la perception qui le définit. Dégagé de la manifestation complexe appelée mouvement, il est représenté isolément par le sens de la vue qui en fournit le signe naturel dans le champ visuel (étendue à deux dimensions, abstraction faite de la profondeur ; celle-ci est introduite par inférence tirée de l'expérience tactile concomitante avec l'expérience visuelle).

5g. Essence de l'effet. — Si l'on appelle effet d'une cause tout ce qui est déterminé par elle à l'existence, alors son acte interne, sa propre modification, cette modification initiale d'elle-même déterminée en elle par elle à l'existence est à ce titre son effet; mais d'habitude on réserve ce nom à l'événement que son acte interne détermine

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hors d'elle immédiatement ou indirectement dans quelque autre chose qui s'y trouve séparée d'elle.

Dans le premier cas, celui où l'acte même de la cause (sa modification propre et initiale) est appelé effet (son premier effet), l'essence de l'effet est tout entière impliquée dans celle de la cause ; tout se passe dans le principe même qui agit. Mais, dans le second cas, l'effet, par cela même qu'il suppose communication immédiate ou médiate, directe ou indirecte de l'activité causale avec ce qu'elle modifie, participe de ce qu'il y a de commun entre cette activité et la chose modifiée grâce à leur commun milieu. Dès lors, l'essence de l'effet, pris dans cette acception restreinte et ordinaire, implique des caractères communs à la fois avec sa cause et avec la chose sur laquelle elle agit.

Un effet ne tient donc pas tout de sa cause, à moins qu'on ne l'attribue à la cause première.

60. Processus. — Un processus est un événement complexe considéré dans la succession des changements qui le constituent, et considéré le plus souvent au point de vue de leur corrélation, non pas seulement chronique, mais surtout causale.

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