CHAPITRE PREMIER
LES SOURCES ET LA RÉPARTITION DES RICHESSES L INTELLIGENCE, LE CAPITAL ET LE TRAVAIL
§ 1. V intelligence. — Rôle immense de Tintelligonce dans l'évolution moderne du monde. — Elle est la principale créatrice des richesses dont bénéficient tous les travailleurs. — Le travail du manœuvre no profite qu'à lui seul, celui de l'inventeur profile à tous les travailleurs. — Les capacités d'une petite élite produisent plus de richesses que le
travail de tout le reste de la population. — Haine des socialistes pour rintelligence. — En quoi à leur point de vue cette haine est fondée. ~ § 2. Le capital. — Définition du capital. — Son rôle. — Services ({uo rend le capitaliste aux travailleurs en abaissant le prix de revient des marchandises. — Diffusion actuelle du capital dans un grand nombro de mains. — Morcellement progressif de la fortune publique. -- Co que produirait la répartition égale de la fortune publique entre tous les travailleurs. — Réduction progressive de la part des actionnaires dans toutes les entreprises industrielles et élévation constante de celle des travailleurs. — Le revenu de Tactionnaire tend de plus en plus à disparaître. — Conséquences pour l'avenir des entreprises. — Etat actuel de la fortune immobilière. — Pourquoi elle tend aussi à s'évanouir. — La grande propriété n'est plus une source de la richesse et tend de plus en plus à se morceler. — Les mêmes phénomènes sont constatés en France et en Angleterre. — § 3. Le travail. — Rapports actuels du capital et du travail. — Jamais la situation des ouvriers n'a été aussi prospère qu'aujourd'hui. — Progression constante des salaires ouvriers. — Ces salaires sont souvent supérieurs aux gains réalisés dans les professions libérales. — La situation des ouvriers est la seule qui s'améliore constamment. — § 4. Les rapports du capital et du travail. — Patrons et ouvriers. — Hostilité croissante des ouvriers contre le capital. — Incompréhension totale régissant les rapports actuels entre ouvriers et patrons. — Insuffisance des notions psychologiques des patrons dans leurs relations avec les ouvriers. — Le patron dans la grande industrie moderne. — Patrons et ouvriers forment aujourd'hui deux classes tou^ jours ennemies , 315
S I. La solidarité sociale et la charité. — Différence fondamentale entre les termes solidarité et charité. — La charité est un sentiment antisocial et nuisible. — Les œuvres les plus utiles de la solidarité n'ont ni la charité ni l'altruisme pour base. — Elles reposent sur l'association dUntérèts semblables. ^ Le mouvement vers la solidarité est une des plus importantes tendances de l'évolution sociale actuelle. — Ses causes profondes. — L'association remplace l'égolsme individuel impuissant par un égolsme collectif très puissant dont chacun profite.
— La solidarité est actuellement la meilleure arme des faibles. — I 2. Les formes modernes de la solidarité. — Elle n'est possible qu'entre individus ayant des intérêts similaires immédiats. — Les sociétés coopératives. — Leur développement chez les Anglo-Saxons. — Pourquoi elles réussissent mal chez les Latins. — Les sociétés par actions.
— Leur puissance et leur utilité. — Nécessité de les faire pénétrer dans les classes populaires. — Les sociétés en participation et leurs inconvénients. ~ Comment les ouvriers pourraient devenir, au moyen des sociétés par actions, propriétaires des usines où ils travaillent. — § 3. Les syndicats ouvriers. — Leur utilité, leur puissance et leurs inconvénients. — Ils sont une conséquence nécessaire de l'évolution moderne. — Disparition forcée des anciennes relations familiales antre ouvriers et patrons. — 8 4» ^«» industries à gestion communale. Le socialisme municipal. — Socialisme municipal dans les pays non socialistes. Extension de l'administration communale en Angleterre
et en Aliemagiie. CSondilions fondamentales da «accès de ces entreprises 399