‹ Psychologie économique (tome 1)Chapitre 15 sur 23 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Quand la répétition a fonctionné un certain temps et prouit un certain nombre de choses semblables dans un ordre uelconque de réalités, elle y donne lieu à des quantités Spéciales, qui sont la synthèse de ces similitudes. Toutes les quantités physiques, chaleur, lumière, électricité, résultent du fonctionnement de l'ondulation. La force musculaire d'un homme, mesurable au dynamomètre, sa force nerveuse, on énergie circulatoire ou respiratoire, sont des quantités ussi, et l'ensemble de ces quantités organiques, la vitalité, st une quantité assez imprécise, il est vrai, réelle cependant, qui résulte du fontionnement de toutes les régénérations cellulaires incessantes appelées la nutrition, ainsi que de la génération, d'où elles procèdent. Eh bien, la quantité proprement économique née du fonctionnement imitatif de toutes les consommations et de toutes les reproductions industrielles, c'est la valeur-coût incarnée dans la monnaie. Nous allons étudier sa nature et son rôle.

Avant tout, il est intéressant de se demander comment une monnaie a pu s'établir. 11 n'y a pas d'article de première nécessité même, le pain, la viande, qui soit de consommation universelle. Beaucoup de peuples préfèrent le riz au pain; les végétariens ne mangent pas de viande. D'ailleurs, les articles les plus nécessaires et les plus répandus ne sont désirés qu'à certains moments, irrégulièrement ou périodiquement renaissants. Et, au delà d'une certaine quanti'"

tité, on ne les désire plus. Un homme serait fâché d'avoir plus de deux ou trois costumes complets, plus de cinq ou six paires de bottines, etc- Il n'y a qu'une chose que tout le monde désire, et désire à tout moment, et désire en quantité illimitée. C'est l'argent. — Pourquoi ce caractère, qui lui est exclusivement propre, de désirabilité constante, universelle et indéfinie? Parce que chacun sait, parce que chacun est convaincu 1 que. la monnaie étant désirée de la ! sorte par tout le monde, il se procurera aisément, moyennant sa monnaie, tout ce dont il aura besoin. — Ainsi, il y a cercle vicieux : la monnaie est désirée constamment et indéfiniment par chacun, parce que chacun sait que tous les autres la désirent constamment et indéfiniment.

Mais alors comment a-t-il pu se faire que ce désir constant et indéfini soit né chez un individu et se soit propagé chez les autres ? IVest-il pas contradictoire de le supposer puisque nous venons d'admettre que le fait même de cette propagation et du jugement qui la constate était la cause de ce désir chez un individu quelconque ? — Observons que cette apparence d'insolubilité avec laquelle le problème de l'origine de la monnaie se présente à nous a son pendant en linguistique, quand on essaie d'y éclaircir l'origine du langage : le problème de savoir comment on a pu adopter tel mot pour signifier telle chose a un air pareillement insoluble et pour des raisons analogues Mais la vie est habituée à dénouer le plus aisément du monde tous ces nœuds gordiens. 11 suffit de se rappeler que, au début, les sociétés se réduisent à des groupes très étroits et très clos. C'est seulement dans cette hypothèse que rétablissement initial de l'institution monétaire se conçoit. On comprend sans peine que, dans les limites resserrées d'un clan primitif, où tous les besoins et tous les goûts sont à peu près semblables, le

(S) Rappelons-nous que la croyance échappe à la loi de périodicité du désir. Le caractère de continuité attaché à la valeur de la monnaie lui vient de ce qu elle est fondée sur la foi encore plus que sur le désir.

âésir enfantin de posséder certains objets déterminés, pour les raisons utilitaires et encore mieux pour des motifs esthéiques. se soit vite généralisé f , et, par la stimulation réciproque, se soit élevé à une hauteur pratiquement infinie, en sorte que l'idée de se servir de ces choses infiniment et continuellement appréciées par tous comme mesure générale de valeur, comme moyen d'échange et comme moyen d'accumulation des richesses, se soit offerte d'elle-même. (Puis, les barrières des clans tombant par degrés, ces monnaies diverses sont entrées en concurrence les unes avec les jautres et Tune d'elles a triomphé par sélection imitative.

Le difficile étant dune, à l'origine, de s'accorder, dans une (région donnée, sur un objet qui y soit désiré par tous et {échangeable contre tout, la monnaie est née dès qu'un tel jobjet a existé. Cet objet a été très différent d'après les Jrégions. Tantôt c'était un article répondant à un besoin déterminé, périodique même, mais un article durable et mobilisable à la fois, « le blé et le tabac dans les premières colonies des États-Unis, le thé dans la Tartarie chinoise ; les [fourrures en Sibérie » (J.-B. Say), le bétail à l'époque pasto-

Je lis sous la plume d'un des économistes les plus distingués : « Comme ^Bls les organes généraux nécessaires à la vie et au progrès des sociétés, comme le langage, comme réchange, comme le droit, la monnaie est née de la collectivité af/issanl instinctivement* non de l'invention d'un homme de génie. » C'est là l'opinion générale. — Mais s'il en était ainsi, si la monnaie était due à an instinct, nous ne verrions pas des civilisations ou des demi-civilisations, telles que celles des Aztèques ou des Incas, dépourvues de monnaie véritable, se contenter de monnaies tellement gros- Hères ou embryonnaires qu elles ne méritent pas ce nom. Nous ne verrions pas l'évolution de la monnaie, comme l'évolution de l'écriture, se poursuivre dans un seul groupe de peuples classiques, hautement privilégiés H cet égard, dont l'exemple a rayonné partout. La monnaie frappée, c'est-à-dire la monnaie véritable et complète, est née chez les Lydiens, d'après les recherches les plus récentes, et il n'est pas douteux qu elle y naquit de la volonté d'un monarque, expression de l'idée d'un inventeur, d'un initiateur de génie. De là la monnaie frappée s'est répandue partout, comme récriture alphabétique, c'est-à-dire récriture par excellence, s'est répandue de Phénicie chez tous les peuples du monde.

L'explication de la monnaie par l'instinct est à mettre sur le même rang que l'explication du langage par un dan divin, conséquence que M. de Bonald déduisait de l'insolubilité apparente du problème posé par l'origine du langage.

raie ; tantôt, et plus souvent c'était un objet servant <J< parure, un objet brillant et inutile, attirant les regards ère tout temps. Finalement, c'est sur deux ou trois espèces d» ce dernier genre, l'or, l'argent, le cuivre, que s'est fixée e arrêtée la série des métamorphoses monétaires. — On expliqué et justifié après coup ce choix de certains métauj par les qualités physiques ou chimiques qui les distin guent. Or, sans nul doute, il importe que l'objet quel conque adopté pour monnaie soit rare, en quantité limitée non extensible à volonté, puisque, sans cela, il n'aurai jamais été nécessaire de recourir à l'échange pour l'obtenir Mais ce n'est pas sa rareté, encore moins son utilité, pas même sa beauté, qui suffit à expliquer son privilège d'échàngeabilité universelle. Ces caractères n'ont été que la eauoccasionnelle qui a concentré sur For, l'argent et d'autres métaux, la conviction universelle et constante qu'ils sont échangeables en tout temps contre n'importe quel article ou service dans le commerce. Et c'est parce que cette concen tration n'a pu s'opérer que graduellement, à la longue, à la suite d'une longue évolution monétaire, qu'il est infiniment difficile de porter atteinte ace privilège des métaux précieux. Ce n'est qu'à la longue aussi, sinon par la traversée d'étapes plus ou moins semblables, qu'on peut espérer de concentrer un jour sur un autre objet, sur un morceau de papier, par exemple, imprimé d'une certaine façon, une pareille imam- j mité et une pareille constance de foi. Si jamais, parmi les i billets de banque qui servent de papier-monnaie, en droit ou en fait, dans des régions circonscrites, il en est un, Le 1 billet de la Banque de France ou celui de la Banque d'Angle- j terre, qui parvient à s'universaliser, ce n'aura. été qu'après une série de débordements successifs par-dessus ses frontières premières. — En attendant, la découverte d'une mine d'or suscite toujours une immense espérance, comparable en quelque sorte a l'espoir du ciel chrétien ou plutôt musulman importé dans une peuplade barbare, et, par là, elle est

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ine source de richesses inouïe, une surexcitation extraordiîaire du désir et de l'effort producteur.

Cela dit sur l'origine de la monnaie, tâchons de préciser sa nature et son rôle. — Sa nature est non seulement d'être le seul objet universellement et constamment échangeable, mais encore de devenir de plus en plus le seul objet échangeable en t'ait. — La monnaie, en naissant, accapare peu à peu et monopolise Y échangeabilité dont elle dépouille toutes les autres marchandises. L'échange d'une marchandise contre une autre marchandise n'est dès lors que tout à fait exceptionnel, de plus en plus exceptionnel. Le lait normal, habituel, constant, c'est l'échange delà monnaie contre une marchandise, ou d'une marchandise contre de la monnaie. D'après Macleod, l'échangeabilité est le caractère essentiel de la ' richesse. C'est aussi l'une des définitions qu'en donne Stuart ! Mill. A ce compte, il n'y aurait, dans un pays hautement civit Usé, d'autre richesse que la monnaie (c'est un peu l'idée générale et vulgaire- , car, peu à peu, elle s'approprie le pouvoirde ' s'échanger contre toutes les autres marchandises, et celles-ci J ne le sont que contre elle. Quant à l'échange d'une espèce \ de monnaie contre une autre espèce de monnaie, de dollars \ contre des thallers, de louis contre des roubles ou contre des billets de banque, d'un écu de 5 francs contre des pièces J divisionnaires, il a un caractère tout à fait à part, qui n'a de j commun que le nom avec l'échange d'une marchandise contre de la monnaie, ou même d'une marchandise contre une autre marchandise. L'échange d'une monnaie contre une autre monnaie (d'égale valeur, bien entendu) est un passage du même au même, puisque les deux choses sont identiques en ce qu'elles ont d'essentiel, leur valeur. Mais Téchanse d'un tableau contre un piano, ou d'un bœuf contre

une armure, est le remplacement d'un genre d'utilité pai une utilité tout autre, absolument et essentiellement dissemblable. L'échange d'une monnaie contre une autre monnaie peut être comparé à une proposition analytique, à une tautologie, tandis que l'échange d'une monnaie contre une marchandise, et môme celui de deux marchandises l'une contre l'autre, est comparable à une proposition synthétique, pour continuera employer la terminologie de Kant 1 .

— Mais précisons encore mieux la nature de la monnaie. — La monnaie n'est-elle pas dans le monde de l'action économique ce que sont les mathématiques dans le monde de la pensée ? N'est-ce pas pour répondre à des nécessités au fond toutes semblables que nous soumettons au nombre et à la mesure, à l'empire des mathématiques, toutes nos connaissances, toutes nos observations, toutes nos expériences, en dépit de leurs diversités qualitatives, — et que nous évaluons en monnaie toutes nos joies et toutes nos douleurs, tous nos désirs, et tous leurs moyens de se satisfaire, en dépit de l'hétérogénéité manifeste de ces choses */

Nous exprimons les qualités universelles en quantités, en formules numériques, proprement scientifiques, pour rendre nos idées, nos perceptions, comparables et co-échangeables entre elles, démontrables et communicables d'homme à homme, et socialisables ; et nous évaluons les biens de tout genre, si hétérogènes qu'ils puissent être, en monnaie, pour permettre leur échange et leur communication d'homme à homme, leur socialisation aussi.

Un sujet d'études est d'autant plus près d'être embrassé par une vraie science qu'il s'en dégage des lois plus mathé-

(1) C'est seulement à la Bourse, quand des titres financiers s'échangent contre d'autres titres financiers, que l'échange des signes monétaires les uns contre les autres prend un sens réellement important. C'est qu'ici, il ne s'agit pas seulement, comme chez un changeur, de troquer une monnaie, une certitude de richesses, contre une autre monnaie, contre une autre certitude, mais aussi et surtout de troquer une certaine probabilité de gain ou de perte contre une autre probabilité d'un degré souvent très différent.

asiatiques. On commence toujours par formuler des lois squa/ita/irrs. — puis des lois demi-qualitatives, comme par ^exemple celle de l'offre et de la demande où il s'agit non [«Tequation == mais de < ou de > : « la valeur diminue quand d'offre awpnentc », sans qu'on prétende que la diminution de Tune est égale à l'augmentation de l'autre, ce qui rend la formule très vague ou fausse si on la précise. — Enfin, des j lois d '<'</ uat ion .

? De même, à mesure qu'un marché s'élargit, s'élève, devient plus vraiment social et civilisé, l'échange des marchandises et des services cesse de s'y faire par le troc, par le ■roc d'abord capricieux el sans nulle règle puis un peu plus jféglé, — ensuite s'opère par achat et vente mais à des prix très variables, objet de marchandages incessants, à des prix tout individuels, — enfin par achat et vente à des prix fixes, uniformes sur tout un grand territoire.

En se mathématisant f les lois d'une science en progrès deviennent plus claires, plus commodes, propres à s'appliquer à un plus grand nombre de problèmes, et à se répandre en un pl us grand nombre d'esprits. Car la science est, avant tout, la connaissance socialisée et indéfiniment socialisable ; ce devrait être là sa définition essentielle. — Et, en se mone'tisant, les choses échangeables s'échangent plus facilement, plus rapidement et beaucoup plus loin. La monétisation de l'échange est la condition sine qua non du commerce. Le commerce est l'action économique socialisée de plus en plus, comme la science est la pensée socialisée de plus en plus. {La science en train de se faire répond à Vinuustrie; la science faite et, par suite, se vulgarisant, répond au commerce .)

Sans doute, un Hobinson de génie, né dans une île déserte et s'y développant intellectuellement tout seul, autodidacte original, pourrait remarquer les similitudes et les répétitions des phénomènes, leurs rapports de plus et de moins, et même légalité, mais ce côté numérique des

choses ne le frapperait que faiblement, infiniment moins que leur côte ondoyant et divers et leurs variations incessantes. Si L'instinct du progrès intellectuel, par hasard, le tourmentait, c'est à diversifier de plus en plus ses sensations et ses perceptions, à les accumuler en lui avec leurs diversités propres, qu'il s'attacherait, non à les uniformiser en les réduisant à des idées générales. Si l'esprit humain a tourné son besoin investigateur dans la voie des généralisations, des similitudes et répétitions phénoménales exprimées en signes, en mots, c'est qu'il y a été forcé pour entrer en communication avec ses semblables. Mais, pour se cornprendre lui-même de mieux en mieux, il n'aurait jamais eu besoin de langage. Son développement intellectuel, s'il fût resté exclusivement individuel, aurait pu, à la rigueur, aller fort loin, mais à la condition de s'attacher avant tout aux variations et aux diversités qualitatives des phénomènes, au côté poétique dès choses. Livré h lui-même, sans les excitations de la société ambiante, le cerveau de l'individu est capable de se développer poétiquement ; mais, scientifiquement, jamais. 11 se peut qu'il y ait des poètes cachés chez certains animaux de génie. 11 n'y a, à coup sûr, aucun savant.

Isolé, l'individu non plus n'aurait jamais inventé rien de pareil à la monnaie. C'est trop clair. Mais il n'aurait pas môme eu l'idée, probablement, de comparer ses divers désirs, — dont la diversité seule l'eût frappé — pour reconnaître leur réelle comparabilité, leurs degrés de plus ou de moins. Ce n'est pas qu'il n'y ait un sens tout individuel de l'idée de valeur. Mais ce sens ne se dégage qu'après que celui de la valeur sociale, de la valeur proprement dite, a été con<;u.

L'empire des mathématiques s'étend sans cesse plus loin dans le monde de la pensée, comme celui de la monnaie dans le monde de l'action. Après avoir envahi toute l'astronomie, toute la physique, toute la chimie, le point de vue mathëi matique s'empare de la biologie, où les instruments des mesures jouent un rôle toujours croissant, cherche à con-

quérir la psychologie et commence à s'annexer la sociologie par la statistique démographique, commerciale, judiciaire, etc.

Le point de rue pécuniaire, après avoir régi toute l'activité industrielle, s'impose en politique extérieure, où l'argent est le nerf de la guerre, où la nation la plus riche est la plus respectée, et, en politique intérieure, devient souveraine aussi, par la corruption de la Presse, par les marchandages des partis. Il n'est presque rien, en t'ait de biens de tout genre, môme esthétiques, même religieux, qui ne s'achète et ne se vende : messes, rédemption des péchés, exemptions de jeûnes, leçons d'artistes, j'allais dire talent.

L'évolution mathématique passe de l'arithmétique à l'algèbre, de la théorie des nombres à celle des fonctions. L'évolution monétaire passe de la monnaie métallique à la monnaie de papier (signe algébrique en quelque sorte de la monnaie), et du commerce des marchandises (où une quantité de monnaie est troquée contre un article ou un service) au commerce des valeurs de Bourse (où les titres financiers s'échangent les uns contre les autres). A la Bourse, les valeurs, rapports entre une somme d'argent et un objet, sont elles-mêmes évaluées les unes par rapport aux autres. C'est un rapport du second degré. Par la cote, elles se présentent comme fonctions les unes des autres, haussant ou baissant ensemble suivant certaines lois.

Il n'en est pas moins vrai que tout n'est pas vénal, et que, pour la même raison au fond, tout n'est pas mesurable et nombrable. Il y a des choses uniques en soi, incomparables essentiellement ; et il y a des biens tout personnels, incommunicables, inappréciables.

Soit par la suggestion autoritaire, soit par la démonstration, nous ne pouvons communiquer à autrui nos pensées (ce qui est l'équivalent du don des biens, début unilatéral de Y échange des biens) qu'à la condition de les présenter par leur côté mesurable et quantitatif. S'il s'agit de faire entrer Tarde. — Psych. êcon. I- — 19

de force, par démonstration, notre jugement dans la tête d'autrui, il faut un syllogisme plus ou moins explicite, c'està-dire un rapport d'espèce à genre ou de genre à espèce éta^ bli entre deux idées, ce qui signifie que Tune est incluse dans l'autre, est du nombre (indéterminé ou déterminé mais réel) des choses similaires, et perçues en tant que similaires, que l'autre, la proposition générale^ embrasse et contient.

— Par suggestion autoritaire même, on ne peut transvaser son idée dans la tête d'autrui, qu'autant qu'elle est faite d'éléments semblables aux éléments d'idées contenus dans ce cerveau étranger, et cette similitude ne peut apparaître que par le langage, qui est un composé d'idées générales, de choses vues par leur côté similaire et nombrable. Pour être communicable. une pensée doit être, sinon démontrable, du moins exprimable ; dans les deux cas, composée d'éléments comparables et nombrables. La monnaie, c'est-à-dire une commune mesure de biens hétérogènes, est, de même, la condition devenue nécessaire du commode échange de ces biens, sinon de leur don ou de leur vol. On évalue d'ailleurs, involontairement, irrésistiblement, les objets donnés, quand on les reçoit, et les objets qu'on vole ou qu'on nous vole.

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