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Psychologie libérale [microforme]

Le 9 décembre 1905, le Parlement français votait la lai de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le 11 février 1906, Pie X promulguait l’encyclique Velementer qui portait condamnation de cette loi. Le 10 août de la ruêine année, le Pontife adressait aux évêques et aux fidèles de France l’encyclique Gravissimo officii, par laquelle, se rapprochant de l’ordre pratique et entrant dans le détail, il interdisait les associations cultuellcs légales, qui sont comme le pivot sur lequel tourne toute l’économie de la loi, et en même temps les associations cultuelles légales-canoniques, que quelques-"" ‘vient conçues, comme moyen de concilier les

exigence: t avec les droits de l'Eglise, et d'éviter ainsi les func: - «quences qui suivraient la non-acceptation de la loi.

Entre, 4x enc cliques, une idée se fit jour, qui consistait

à distinguer le droit lu fait, et que dans l’école on appelle : la thèse et l'hypothèse. Si nos souvenirs sont fidèles, c’est la Civiltà cattolica qui mit la formule en circulation, À propos des démêlés des libéraux et des catholiques sans épithète : les uns plaidant pour les institutions modernes, faits accomplis qu’ils réputaient irrésistibles sinon légitimes, et les autres, ardents champions de la doctrine intégrale et de ses applications à la chose publique. Il n’y à ici de nouveau que le mot; la chose, qui est dans la nature des contingences humuines, est aussi ancienne que les sociétés. L'Eglise s’en est servie et s’en sert encore dans le gouvernement des âmes; non pas en matière purement dogmatique, ni en ce qui touche à sa constitution d’ordre divin. La distinction désormais célèbre de la thèse et de l'hypothèse est utile dans l’école pour tracer les contours de la doctrine ; dans certaines situations, elle rend possible la paix sociale entre les partis belligérants ; en réalité, elle est une triste nécessité, qui ne trempe pas les caractères, et les acclimate peu à peu dans l’erreur tolérée ou légalisée : plan incliné vers la décadence.

Ceux qui, en France, réveillèrent la distinction scolastique et l’opposèrent à l’Encyclique de Pie X étaient des théologiens de tous les bords: dans les bureaux du Temps, aux Débuts, à la République française, à la Liberté, au Figaro, voire au Siècle, et

à la Lanterne et autres organes du pays rouge, an parlait comme les docteurs de la vieille Sorbonne. J/hypothèse se dressait en face de la thè-e de l’Encyclique, pour lui disputer le passage, et la laisser suspendue en l’air comme un réverbère qui éclaire les sommets du monde, sans déranger les combinaisons des politiques. C’était évidemmen. le but que poursuivaient tous ces folliculaires de haut et bas étage, qui trouvaient 6-ho dans des milieux plus élégants et plus respectables. Tant de savanture étonne d’abord chez des gens peu accoutumés à parler cett* langue technique ; d’aucuns s’arrêtèrent à la pensée qu’on les instruisait dans les coulisses : la suite des événements démontra que ce n’était pas là une noire calomnie. Quoi qu’il en soit, l’encyclique Gravissimo officii déjoua tous les plans, déconcerta toutes les espérances : le Pontife opposa un non licet absolu à la formation des associations cultuelles légales, et à celle des associations cultuelles appelées légales-canouiques. La loi de séparation du 9 décembre 1905 était par terre.

Il est curieux d’étudier les différentesattitudes des libéraux en face des encycliques de Pie X.

D'abord les libéraux du gouvernement. Il est impossible d’accoupler ces deux substantifs sans rire ou sans indignation, l’un et l’autre si vous voulez. Ces cabotins de la politique, qui n’ont pas même des convictions, en cela très inférieurs aux grands ancêtres, qui croyaient au Contrat social de Rousseau, et l’appliquaient aux institutions nationales avec férocité, ont toujours sur les lèvres le mot de liberté: tous leurs discours commencent et finissent par ce refrain. La liberté était inconnue la veille ; ils l’apportèrent en France, et de là elle se répandit partout : « La révolution fera le tour du monde. » C’est ainsi qu’ils séduisent la foule, et qu’ils créent ces grands mouvements d’opiion, qu’ils font servir à leur fortune. Il faut être juste, même envers des hommes qu’on haït on qu’on méprise : ils ont inauguré dans la société moderne toutes les fausses libertés, celles qui nous troubleut, qui nous divisent, qui nous corrompent, qui font chanceler sur leurs bases la propriété, la famille, la morale, l’ordre public, qui mettent en péril la patrie et ruineraient la religion elle-même, siune force plus qu'humaine ne la soutenait. En revanche, ils ont amoindri les libertés les plus précieuses, et ils s’escriment à nous en disputer les restes.

Pour demeurer dans la question, ces libéraux nouveau style

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