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SUPPORTS, CHAISES ET PALIERS GRAISSEURS

A RÉSERVOIR INFÉRIEUR , Par M. DECOSTEB., à Paris, (imanchf. II.)

M. Decoster vient d'établir de nouveaux supports et paliers qui nous ont paru d'une disposition bien heureuse, en permettant de se graisser seuls, d'une manière continue, et sans le secours de la main de l'homme. Depuis longtemps sans doute on a compris l'importance qu'il y aurait pour les transmissions de mouvement, et en général pour toutes les machines, à avoir des coussinets disposés de manière à éviter l'entretien continuel et si souvent répété de leur graissage, d'une part, pour diminuer autant que possible les frottements et par conséquent l'usure des pièces, et de l'autre, pour diminuer la force motrice dépensée, et en même temps la consommation de l'huile ou de la graisse (1).

Dans tous les systèmes proposés jusqu'ici, on remarque qu'à l'exception de celui de M. Decoster, on a toujours placé le réservoir au-dessus du tourillon; tandis qu'au contraire, dans celui-ci, le réservoir est immédiatement au-dessous ; l'huile est constamment amenée en abondante quantité sur la surface du tourillon, soit par une petite chaîne sans fin, soit par une espèce de main ou de cuiller recourbée.

Ainsi la fig. 9 représente une chaise de fonte, qui s'adapte à un plafond ou à une poutre, comme on en voit beaucoup dans les usines, pour supporter des arbres de couche élevés. Au milieu de la longueur du tourillon t est ménagé un petit renflement denté, formant une embase étroite à cannelures, sur la circonférence de laquelle passe une petite chaînette p, dont

(I) Nous avons fait connalire, dan» le volume précédent, le système ingénieux de M. Gargan pour graisser le tourillon par le mouvement même transmis au mécanisme communiquant arec un réaer- Tolr d nulle supérieur.

la partie inférieure est libre, et plonge sans cesse dans le bassin ou le réservoir r, formé dans le corps même du support, et au-dessous du tourillon ; un goujon 5 qui traverse la largeur de la chaise retient la chaîne au besoin, pour la forcer à rester constamment tendue et noyée. Il est aisé de comprendre, que dés que l'arbre est en mouvement, ta chaîne marchant avec lui, amène par ses maillons une faible quantité d'huile, qu elle abandonne, en grande partie, à la circonférence qu'elle embrasse, et qui se répand forcément sur toute la surface du tourillon et du coussinet; le surplus retombe nécessairement dans le réservoir inférieur, pendant qu'une nouvelle quantité est reprise par les maillons qui se succèdent; il en résulte un reflux continuel d'huile qui abreuve les surfaces frottantes et les maintient sans cesse dans le plus parfait état de graissage. • Pour les paliers d'arbres de couche placés sur le sol, ou adaptés à des colonnes, etc., M. Deroster a adopté une disposition tout à fait analogue (fig. Ht), en se servant indifféremment d'une chaîne sans On, ou d'une petite cuiller u, adaptée au milieu du tourillon. La chaîne paraît préférable, en ce qu'elle n'exige pas d'augmenter la hauteur d'une partie du chapeau, comme on est obligé de le faire pour la cuiller. Le réservoir est toujours au-dessous, et quelle que soit la vitesse avec laquelle l'arbre tourne, on ne craint pas qu'il se perde la moindre parcelle d'huile par les côtés, parce que par la forme même que le constructeur a su donner aux deux extrémités opposées du palier, elle tend toujours à se déverser dans le réservoir.

Cette disposition, qui est fort simple, est évidemment très-avantageuse, et peut apporter, nous ne craignons pas de le dire, une économie notable dans les transmissions de mouvement. Par cela même que le graissage est continu, et qu'il se fait sans cesse d'une manière très-abondante, on doit comprendre que les frottements sont bien moindres que lorsque le graissage est fait à la main, par l'ouvrier qui vient, une fois ou deux par jour seulement, verser quelques gouttes d'huile sur le chapeau des coussinets, et dont souvent une grande partie est perdue, parce qu'elle tombe à terre, ou parce qu'elle est absorbée par la poussière.

Avec ce système de graisseur, on peut être deux, trois mois et plus, sans avoir besoin de s'occuper des coussinets ; comme ils sont hermétiquement fermés, on ne craint pas que la poussière s'y introduise et fasse cambouis, on est certain d'un graissage régulier, homogène, et on obtient une économie notable d'huile et de force motrice. Nous sommes donc persuadé qu'avant peu il se répandra dans tous les établissements industriels ((). L'auteur s'occupe d'appliquer également cette disposition aux essieux de locomotives et de wagons, pour remplacer les boites à graisse.

(0 M. Deeoiter est bretelp depuis IM6 pour ce système de support ou palier graisseur a re>errolr inférieur. Moyennant une faible prime, il accorde aux constructeurs l'autorisation d'en établir pour toutes transmissions de mouvement.

PI BUCATION INDUSTRIELLE.

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