Cf. Morf, Rùmanitty XIII, p
composition entre les années 1075 et 1095 *. Les rapports, que nous venons d'établir entre notre texte et les événements ou les idées de cette époque, ne pourraient gêner que ceux, qui seraient encore* tentés de le considérer comme pouvant être antérieur à la prise même de Jérusalem par les Turcs ^. C'est une idée qui semble aujourd'hui absolument abandonnée '. A défaut d'autres preuves, les différents traits, que nous venons de relever, suffiraient à prouver que la Descriptio est au moins contemporaine de la période de préparation, qui précéda immédiatement la Croisade +.
Mais d'autres indices nous paraissent révéler, que l'auteur a vu la réalisation de la Croisade, et que par suite h Descriptio est réellement postérieure à celle-ci. A voir l'accueil fait par les barons français à la nouvelle des malheurs de Jérusalem, à voir l'enthousiasme avec lequel, avant même que Charlemagne leur ait dit son intention, ils se déclarent prêts à aller les venger S on ne peut s'empêcher de penser à la ferveur qui accueillit la prédication de la Croisade, aux cris de « Dieu le veut » poussés par des foules entières, et à la fièvre qui s'empara d'elles et les poussa à courir délivrer les Lieux Saints. De même la façon, dont Charlemagne, dans la Description enjoint à ses peuples de s'armer *, rappelle les prescriptions, par lesquelles le pape et le roi de France organisèrent la première Croisade. Enfin,