‹ Puissance du CanadaChapitre 1 sur 27 · Puissance du Canada · texte numérisé non relu

Puissance du Canada

Si la Canada a été favorisé de la nature, c'est principalement par le nombre et la variété de ses arbres. Un voyageur anglais, écrivant sur ce sujet, dit: Je n'étais Jamais fatigué du coup d’œil que présentent les forêts de l’ Amérique, la diversité infini de leur feuillage l'empêche de devenir monotone. Un étranger contemplant pour la première fois la forêt vierge est singulièrement épris d’admiration à la vue du frappant—et pour lui, nouveau— paysage qu’elle présente, paysage qui lui est tout particulier. Une vaste étendue dont l’immensité est inconnue, recouverte comme d’un dôme par une sombre masse de feuillage ; d’inaombrables colonnes de troncs qui, à perte de vue, s'élèvent, mille après mille, majestueux et droits, supportent ce dais vivant, et d’étroites éclaircies qui permettent à peine à l’œil de pénétrer les profondeurs de la solitude ; telle est la scène qui captive le regard. Mais c'est surtout quand la première gelée a touchée les arbres et que les feuilles ont changé de couleur que les forêts revêtent leur plus belle parure. Chaque espèce a sa nuance distinctive,— principalement l’érable__et chaque nuance est ravissante. La feuille de l’érable, la première à changer de couleur, devient toujours la plus belle dans sa teinte jaune d’or et cramoisie. Arbres majestueux, humbles broussailles, plantes grimpantes, tous ensemble ornent le paysage de toutes les teintes du prisme et forment un tout qui rappelle les scènes enchantées d’un conte de fée, et présente un spectacle inconnu des habitants de l'Ancien Monde. McGregor, dans son ouvrage sur l'Amérique Britannique, en parlant des forêts, dit : “ Deux ou trois nuits froides vers la'fin de l’automne transforment l'immense verdure d'un empire entier, en toutes les teintes, vives et sombres, de l’écarlate, du violet, du brun, du cramoisi et du jaune doré. Le pin seul, inexorable et sévère, conserve son éternelle sombre verdure; tous les autres arbres, sur la montagne ou dans la vallée, revêtent leur plus belle parure et présentent à la vue un panorama des plus beaux et des plus enchanteurs.

Le Dr. Hough dit, dans son rapport des forêts au congrès de 1877 : “ Les influences réciproques qui opèrent entre les terres à bois et le climat semblent indiquer un rapport très-rapproché entre elles. On remarque que certaines conséquences résultent du défrichement des forêts, telles que la diminution des rivières et l’assèchement des ruisseaux et des sources. D’autres effets non moins certains sont constatés dans les inondations destructives, les sécheresses prolongées et hors de saison et d'autres changements de climat qui n’arrivaient pas quand le pays était couvert de forêts. Ceci semble avoir été produit par leur suppression et pourrait jusqu’à un certain point être atténué par le rétablissement des terres à bois, à un degré compatibles avec les intérêts agricoles.” Cette destruction des forêts a, à un tel point, affecte les rivières des Etats du Nord qu'une Commission a été nommée pour examiner les

faits réels et en faire un rapport à la Législature de l'Etat de New-York, et on est arrivé à la conclusion que si cette destruction des forêts est continuée de cette manière, elle n'affectera pas seulement le climat de l'Etat mais encore ses plus importants intérêts commerciaux dans la prospérité de ses canaux ; et non-seulement ces derniers seront attaqués, mais plus encore les chemins de fer, la remorque dans les rivières, les moulins, la construction des vaisseaux et des maisons, la charpenterie en général, les banques et toute autre affaire qui y à rapport, d’un bout à l’autre de l'Etat.

L'expérience résultant de cette enquête faite dans un pays voisin nous enseigne une leçon de prudence, et le gaspillage qui a si indistinctement prévalu jusqu'iei dans nos forêts, devrait être arrêté. Les colons nouveaux ayant hâte de cultiver leurs terres, gaspillent, brûlent une vaste étendue de forêts, tandis qu'ils pourraient, avec le plus grand avantage pour leurs récoltes et en ajoutant à la beauté du pays, laisser une rangée de beaux arbres qui entoureraient leurs propriétés au moins sur trois côtés. Les hommes qui ouvrent des terres sont si irréfléchis qu’ils n’ont pas même la prévoyance de choisir la butte où doit être leur future demeure et d’épargner la forêt aux alentours. Cet endroit est débarrassé de ses arbres et quand arrive le temps de bâtir, la maison est entourée d’un terrain nu sur lequél on cherche vainement un misérable ombre en plantant des arbres qui demandent des années de croissance avant d’en donner un peu.

Les produits des forêts ont longtemps été une source de grande richesse pour les diverses provinces de la Puissance, et plus spécialement pour les Provinces d’Ontario, de Québec, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, et les forêts -ellesmêmes nous offrent des trésors avec lesquels peu de terres peuvent rivaliser et qu’aucunes ne peuvent excéder. L’attention publique a, ces années dernières, été plus vivet ment excitée au sujet de leur valeur qu’en premier lieu, ainsi que sur la nécessité d’économiser ce qui reste encore de ces riches ressources nationales -et de remplacer ce qui a été si négligemment gaspillé une nécessité qui se-montre chaque jour plus manifeste.— Le bois de chauffage devient rare et cher près des villes, et notre meilleur bois de construction devient de plus en plus cher chaque année, du bois de qualité inférieure en prend maintenant fréquemment la place et est immé:diatement vendu où le meilleur seulement était autrefois demandé. Il était naturel que les premiers colons employassent de rapides et sommaires procédés de défrichement, mais continuer encore aujourd’hui, longtemps après que le soi a été conquis, à dévaster les bois par le fer et le feu, c’est vouloir. hâter le moment où nos demandes sur le domaine forestier ne pourront être satisfaites. Le bois doit être employé à différents usages et la question de l'obtenir entre iargement et constamment dans toutes les branches de l’industrie et les besoins de la société ; la santé générale du peuple, la salubrité de notre climat et l'accroissement de nos richesses nationales sont tous en rapport avec la croissance ou la destruction de nos forêts.

Page 1