DOUZIÈME PUITS FUNÉRAIRE
Ce puits avait, comme la plupart de ses aînés, une calotte en pierre pour en assurer Tinviolabilité, avec cette différence que la partie maçonnée de celui-ci, composée d'environ quarante assises de moellons calcaires pris dans les diverses carrières des alentours, n'avait pas moins de 4"". En bas, elle posait sur un lit de cailloux rangés en cercle sur un redan taillé dans le schiste ; au sommet, elle finissait par une voûte, ayant pour clef un bloc de quartz.
XI1« Puits.
Dans le premier mètre qui formait un carré de i"5o, la calotte était renforcée par un massif de pierres qui s'identifiaient avec elle. A l'intérieur, l'espace laissé vide
par les assises était rempli de terre végétale, avec des tessons de tuiles, un poids en terre cuite, les débris de quatre cruches et im gros os de ruminant. Le reste de la fosse formait deux compartiments , de o"5o chacun.
Premier compartiment.
— Il avait pour mobilier :
De la terre noirâtre; des tests de tuiles romaines, d'un vase à couverte noire et d'un autre à glaçure rouge; un poids en terre cuite ; des dents de cheval, des ossements de bœuf, de chèvre, de brebis, de volailles et de musaraignes.
T)euxième compartiment, commençant à 6"5o du sol.
Arrivé à cette profondeur, le puisatier gallo - romain abandonna la ligne perpendiculaire pour s'enfoncer vers l'ouest de o"5o, en
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reculant d'autant du côté est. Le fit-il pour éviter les filons de quartz et d'argile friable qu'il avait rencontrés dans la partie supérieure ? ou bien, voulut-il confier Tenfouissement funèbre à un lieu plus caché et plus mystérieux? C'est ce que nous ne pouvons dire; mais ce qui est évident pour tous, c'est qu'un puits dans ces conditions n'est pas un puits à eau. Rezé et Gien offrent la même particularité.
Cette partie du douzième puits funéraire renfermait des vases, et ces vases n'y étaient pas tombés par accident. Ils avaient, au contraire, été déposés avec intention dans trois cachettes séparées, en contrebas les unes des autres de o"20 à o"3o, et composées : la première, de deux pierres calcaires placées de champ, recouvertes par un caillou pesant plus de loo kilog.; les deux autres, de tuiles à rebords.
Première cachette. — Dedans : le squelette d'un chien ; im pot , au type ancien perpétué, saucé dans un bain de lustre noir, hauteur, o"33 (fig. ij; des fragments d'une coupe sigillée ; un verre à boire (fig. 2).
Fig. 2.
Fig. I.
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deuxième cachette. — Dedans : trois vases couchés sur le flanc; une cruche rougeâtre, à une anse, hauteur, 0*19;
un pot, au vernis noir d'ébène, hauteur, o"34, qui a donné à l'analyse du phosphate de chaux (fig. j); un cruchon
Fig. I.
plus petit, cassé en deux; deux chiens étaient entre cette cachette et la suivante et semblaient en être les gardiens.
Troisième cachette. — Elle donnait asile à trois vases, à couverte noire , savoir : un pot à une anse ; la partie inférieure d'un second pot; une urne, haute de o"22, ornée de losanges et de bâtons, contenant du charbon de bois, de la résine de pin et du phosphate de chaux (fig. 2J.
Fig. 2.
Les esquilles d'os n'ont pas été définis. Après les vases entiers, abrités par les cachettes, venaient des fragments nombreux, appartenant à dix-neuf espèces de vaiselle, dans un espace de o"66. Quatre fonds de ces vases, à pâte siliceuse et épaisse, ont fixé plus particulièrement mon attention. Ils contenaient : le premier, de la cendre, de petits os plats et du phosphate de chaux; le deuxième,
également du phosphate de chaux, de la terre cuite, du charbon, une musaraigne et un brin de paille, probablement de froment; le troisième, de la résine pure, en partie amorphe; le quatrième, une matière résineuse et odoriférante (l'odeur est celle du parfum de Judée). Le parfum avait brûlé dans le vase lui-même : il en est encore imprégné dans plus de la moite de son épaisseur ( Docteur Gouraud et Berthault, pharmacien).
L'aspect général des 0*40 inférieurs de la fosse était un gris de cendre noirâtre. Dans le mobilier figuraient : des ais très-minces en chêne ; treize clous et un cercle en fer ; quatre supports de cornes de ruminants ; une défense de sanglier ou de porc ; un andouiller de bois de cerf cassé et un autre scié à sa base ; des os de volailles et d'oiseaux ; des huîtres et des patelles ; des pommes de pin avec leurs pignons ; enfin, un grand bronze d'Adrien.