‹ Puits funéraires gallo-romains du Bernard, VendéeChapitre 6 sur 45 · TROISIÈME PUITS FUNÉRAIRE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PUITS FUNÉRAIRE

Cette fosse était garantie de toute violation par un tas énorme de fragments de tuiles à rebords, de pierres quartzeuses , schisteuses , et surtout calcaires, jetées pêle-mêle en apparence, mais, en réalité, disposées de telle sorte, qu'elles formaient un tout compact. Irrégulière dans son appareil, cette calotte dépassait de o"3o à 40 Torifice du puits funéraire qui s'ouvrit à i" en contrebas du sol.

II était divisé en deux parties bien distinctes :

Partie supérieure, d'une puissance de 5"*, ayant pour tout mobilier : de la terre mélangée de charbon, des moellons calcaires et autres blocs, des tessons de tuiles, une coupe brisée

en terre rouge, deux bronzes frustes du Haut-Empire et une terrine (fi g. i).

Fig. I.

Partie inférieure, séparée de la première par un pavé en pierre de o"^35 d'épaisseur. En dessous : six couches traversées par un petit chêne planté debout, dont le tronc, avec ses racines, posait sur le dernier vase du puits.

Dans la première couche : ossement d'un bœuf âgé, d'un veau et d'une génisse de deux ans ; huîtres, moules, patelles, hélices, myes, sabots-vignots.

Dans la deuxième couche: une première cachette abritant un vase à une anse, au type perpétué, à pâte dure et épaisse, au goulot largement frangé, au vernis noirâtre, renfermant avec une matière gris de cendre, des enveloppes d'insectes, hauteur, o"27; capacité, 5 à 6 litres; poids, 3 kilos (fig. 2).

Fig. 2.

Dans la troisième couche : une deuxième cachette formée par deux pierres et par deux tuiles à rebords, où un joli petit vase à glaçure rouge s'était conservé intact (Jîg. i) ;

Un peu plus bas, un bois de cerf, rugueux, plus puissant encore que celui du premier puits ; un sifflet des morts en os fjig. 2).

Fig. 2.

Dans la quatrième couche : tuiles romaines, cachant deux vases en bois, un seau renversé sur le flanc et touchant au chêne ; un baril appuyé et sur le seau et sur la paroi sud de la fosse. Hauteur du seau, o'nSô, ses neuf douves étaient maintenues par des cercles en fer (fg. S).

Le baril, d'une contenance de sept à huit litres, était lié aussi par des cercles de même métal (Jig. 4).

Fig. 3. Fig. 4.

Un peu plus bas que les vases, on recueillit : un grand bronze d'Antonin-le-Pieux; un fuseau en buis, de o™20 de longueur {fig. i);

Une tige en bois, haute de o'^io, terminée par quatre ais agencés en croix ; une rouelle en bois, percée au centre d'un trou horizontal, et, près du rebord, de quatorze autres trous, avec un appendice en dessous. Nous verrons plus loin que ces pièces constituent les éléments d'une quenouille faite à rinstar de la quenouille dite Egyptienne {fig. 2).

Dans la cinquième couche : lame en fer, de o«>3o de longueur (Jîg. S); cendre et charbon en grande abondance;

Fig. I.

Fig. 3.

mi

rondins carbonisés; os d'animaux divers non incinérés, entre autres la corne d'un chevreuil, la tête d'un sanglier

OU d'un porc reconnaissable à ses fortes défenses; les maxillaires de deux petits carnassiers, tels que renards, les squelettes de deux volailles; lanière en cuir ordinaire, large de deux doigts, ployée en deux, ayant à chaque extrémité une boutonnière, qui devait être une courroie de suspension {fig. i);

Fig. 1.

Deux morceaux de peau de castor collés Tun contre Tautre, qui pouvaient être les restes d'une aumonière ; grand bronze d'Adrien; grand bronze de Faustine mère; débris d'un coffret en bois ; ais avec des clous et des appliques en fer et en cuivre ; crochet en fer ; poignée en bronze, dont les dexix branches recourbées portent la trace d'une soudure, poids, 255 gr, (^g. 2);

Fig. 2.

Assiette noire, ou petit plat de cuisine, dans la forme de nos assiettes à cailloux, avec une inscription sur son rebord extérieur (Jig. i) ;

Fig. I.

Fond d'un vase rougeâtre, sur Textérieur duquel était gravé en sens inverse, comme sur un cachet, un R, avec un L tracé dans le sens opposé (Jig. 2) ;

Os humains : portions de fémur, de tibia et de cubitus ( Aubry, médecin) ; ces os étaient incinérés (docteur Gouraud) ;

Cachette formée de tuiles à rebords, abritant une cruche à pâte fine et rosée, dont Tanse est brisée, où se trouvaient, avec de la boue mêlée de charbon, un petit os à moitié brûlé, non défini, quatre musareignes et deux coléoptères, dont

l'une au corsage et aux élytres noirs, et l'autre au corselet à reflets métalliques, hauteur, 0^24 {fig> i).

Fig. I.

Dans la sixième couche : Une cuiller en os ijig. 2) ;

Fig. 2.

Un second sifflet des morts en os, et le squelette d'un chat-huant ; la racine du petit chêne dont il a été question plus haut. Cette racine posait sur une pierre plate qui servait de couverture à une gamelle en bois, haute de o" 12 sur o"20 d'ouverture (fig. S).

Fig. 3.

Une cuvette avait été creusée à dessein dans le roc pour recevoir ce vase. On y avait mis trois belettes, avec une châtaigne, une noix et une noisette.

J'ai lieu de croire que dans ce puits, comme dans le premier, il y avait un double enfouissement.

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