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les bords du Pacifique, dans la Colombie-Britannique, le don abondant de la Providence est encore intact ; les forêts ont été à peine touchées par la main du bùcheron. ‘La grande forêt canadienne, par excellence, est plantée sur le territoire arrosé par l’Ottawa, le St-Maurice, le Saguenay et leurs affluents, c’est-à-dire, dans un espace de cent mille milles carrés. D’autres limites à bois se trouvent dans la contrée de la baie Georgienne ; les bassins du Muskoka et du Nipissingue ; les Cantons de l'Est ; sur la rive sud du St-Laurent, jusqu’au golfe, et sur sa rive nord, depuis le Saguenay, jusqu’à la Betsiamitz, et peut-être audelà, jusqu’à Mingan ; et dans la région traversée par les rivières Saint-John, me Restigouche et leurs tributaires . . . , . . done “ Ces limites à bois renferment encore, ceux de l’est surtout, une immense végétation d'épinètte AUROSDUIRIS d’un abondant rapport, si elle était traitée avec soin.”
Les Gouvernements Fédéral et Provinciaux emploient des agents, surtout des arpenteurs, parfaitement qualifiés, pour faire rapport sur l’état du pays et sur l’étendue de notre richesse forestière.
Un grand nombre de rapports se sont depuis accumulés, et de ces rapports, une foule de pages pourraient être citées à l’appui du fait que l’épinette est très répandue en Canada. Jusqu'ici, cependant, les recherches se portaient sur le pin, le roi de nos forêts, plutôt que sur
l’épinette. Mais, la supériorité reconnue de notre épi-
nette canadienne pour la pulpe a mis ce bois sur un pied d'égalité avec le pin, aux yeux du commerce et du trafic. Bien que toutes les recherches fussent concentrées, sur le pin, il était impossible de ne pas faire allusion, dans les rapports, à l’abondance de l’épinette.
Dans la province d’Ontario, au nord du lac Nipissing, les arpenteurs provinciaux, quoique spécialement chargés de faire rapport sur le pin, par le fait de la grande abondance de l’épinette, étaient forcés d’en faire mention constamment. Si, dans l’énumération, certains arbres étaient omis, à raison de leur petit nombre, l’épinette ne manquait jamais de figurer dans les rapports des arpenteurs. Ainsi, touchant le township Blézard, district de
Nipissing, l’arpenteur provincial fait le rapport suivant : —“ C'est une région bien boisée d’épinette, épinette rouge, de bouleau, de sapin, de peuplier, de cèdre et d'érable, dans l’ordre donné.” Sur les 150 rapports examinés, relatifs à la richesse forestière de la partie septentrionale de la province d’Ontario, le plus grand nombre parle de l'abondance de l’épinette et de sa qualité, quoique le but essentiel fût de se rendre compte du pin en réserve, dans cette province, de son étendue et de sa valeur. Dans son rapport général, sur son exploration du bassin de la baie d’ Hudson, (en 1881), M. Barron s'exprime ainsi:—‘*Le bois onsiste en épinette, tremble, peuplier, épinette rouge et bouleau blanc principalement. L’épinette est le bois de plus grande VAIO Da Nb et. RAR I em er Les plus gros arbres ont envirc: -ept pieds de circonférence.” Lyon, dans son rapport, sur les terres du district de la rivière à la Pluie, dit : ‘“ Toute la région est couverte de bois, excepté dans les endroits où le feu a passé. Le bois consiste surtout en peuplier, épinette, chêne, orme, tilleul, cèdre, pin blanc, pin rouge, épinette rouge, pin de rochers et bouleau.??
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Les rapports des arpenteurs de la Puissance témoignent de leur désir de découvrir le pin, mais ne peuvent s'empêcher, comme les arpenteurs provinciaux, de donner leur appréciation sur la quantité d’épinette qu’ils rencontrent dans leurs explorations.
Les rapports de la Commission Géologique nous four, nissent des informations précieuses sur ce sujet. Ainsi, dans l'exploration de la région du lac à la Pluie, 1887-1888, voici ce que le rapport constate :—‘*On ne peut qualifier ce pays de région pinifère, quoique l’on trouve du pin, sur quelques points. Les bois les plus communs sont, l’épinette, le cèdre, l’épinette rouge, le sapin et les bois durs.”
Nous avons examiné plus de 90 rapports des arpenteurs, sur la province de Québec, antérieurs à la fameuse découverte de lépinette comme bois supérieur, pour la pulpe. Tous corroborent les rapports des arpenteurs de la province d’Ontario. Voici l'opinion de l’arpenteur,
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sur le bras nord de la rivière Ste-Anne et ses tributaires : “ L’épinette est en plus grande quantité que toute autre espèce de bois.” Au sujet du lac Bay, comté d'Ottawa, il ajoute : ‘’ Abondance de pin blanc et rouge et d’épinette.” D’autres arpenteurs diront, ‘“épinette mécanique,” ‘‘épinette blanche et noire,’ ‘“ principalement de l’épinette,”” ‘‘ bonne épinette,” sur une vaste étendue de terrain.
Les employés supérieurs de la Commission Géologique, sur les terres fédérales, vous diront que l’épinette blanche et noire est partout en abondance. A. P. Low s'exprime ainsi, sur la baie James : ‘‘ Les côtes et les terrains plus élevés, de l’intérieur de la baie James, sont bien boisées d’épinette blanche et noire, de sapin, mélèze, tremble, peuplier, bouleau blanc.” Jusque dans les régions septentrionales, bien que le bois soit rugueux et petit, s’épinette noire malgré tout résiste avec opiniatreté. Le long de la côteextérieure, dans les environs du golfe Richmond, l’épinette noire et le mélèze poussent en massif seulement, et au fond des ravins. Le long du bord des lacs, cet arbre pousse partout en plus grande quantité. Du côté est du golfe, il monte presque jusqu’au faîte des collines, preuve que le climat est plus tempéré loin de influence des froides ondes de la baie d’Hudson.”?
Le golfe Richmond est à l’est de la baie d'Hudson, quelque peu au sud, du fond de la baie d'Ungava. Par le rapport de M. Low établissant que l’épinette pousse en abondance, dans les environs de ce lac, nous avons la preuve qu’il doit en être de même sur toute l’étendue de la grande péninsule, s'étendant de l'Atlantique à la baie d'Hudson et la baie James. La topographie est la même, depuis 1610, alors que Henri Hudson voulant faire la paix, avec les naturels du pays, fut frustré dans ses efforts, par les Sauvages qui incendiant les forêts, mirent ainsi une zone de feu entre lui et eux.
Dans le cours d’une lecture faite récemment, M. A. P. Low, de la Commission de Géologie, décrivit le Labrador, comme faisant partie du Canada, et mesurant mille milles de longueur, sur autant de largeur, ce qui équivaudrait à toute la superficie de l’ Angleterre, y com-
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pris la France et l’Allemagne. Toute cette immense contrée est couverte, d’un bout à l’autre, d’une quantité considérable de pin et d’épinette.
Le Dr Robert Beil, de la Commission de Géologie, dit : ‘‘ D’après toutes les informations, la région de l’épinette commence à environ 30 mille à l’ouest du poste de la Compagnie de la baie d'Hudson, à Nachvak. A l’ouest de Nachvak, la limite nord de l’épinette, d’après le Capt. William Kennedy, s'étend jusqu'aux rives de la baie d'Ungava, au nord de la rivière George. A l’ouest de cette baie, j'appris des Esquimaux, dit-il, que l’épinette se trouve, près de la baie de ‘‘ Hope’s Advance,”” à cinq jours de distance, du sud-est du cap du Prince de Galles, sur le côté sud du détroit d’ Hudson, et que dans les environs on trouvait l’épinette en plus grande abondance plus au nord dans l’intérieur que sur les côtes.??
Le Dr Bell, ajoute : ‘‘ A l'est de la côte principale de la baie d'Hudson, on trouva la limite septentrionale de l’épinette, à quelques milles, au nord du golfe de Richmond, mais d’après les informations, elle s’étend beaucoup plus au nord, dans l’intérieur des terres. Du côté ouest de la baie, tout le long du littoral, depuis le Cap Churchill à la baie Button, est fortement boisé d’épinette ; et M. George MeTavish qui a fait plusieurs voyages d'exploration sur les côtes vers le nord et qui, sur ma demande, a bien voulu prendre des informations, auprès des indigènes, sur la nature des forêts, rapporte que l’épinette se trouve à 20 milles du littoral, au-delà de l’île ‘“ Seal.” Il apprit des Esquimaux de ces régions, voyagant beaucoup dans l’intérieur, que l’épinette se rencontrait à deux jours de marche, ou à 55 milles à l’ouest de l'embouchure de la ‘‘ Big River,” et qu’elle était en plus grande quantité encore plus avant dans l’intérieur des terres, vis-à-vis la Pointe-aux-Esquimaux, sous la latitude 61° 40/ nord. De cet endroit, l’épinette s’étend vers l’ouest, dans une direction nord-ouest, traverse la rivière Coppermine, à 20 milles de son embouchure, presque jusqu’à la rivière Mackenzie.” Ce témoignage corrobore les rapports, des premiers explorateurs du littoral
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son, qui tous nous disent, avoir rencontré dans leurs explorations de l’épinette d’une bonne grosseur.
Dans la province du Nouveau-Brunswick, il y a plusieurs moulins à pulpe, d’une capacité considérable dont la production totale est de 140 tonnes par jour.
M. Chalmers, de la Commission de Géologie, fit une exploration de cette province, en 1882. Dans l’intervalle il a faitune étude toute spéciale 1e cette partie du pays. Le résultat, sous le rapport de la flore de la province, est des plus satisfaisant. Dans son premier rapport, il dit : ‘ L’épinette noire éclipse probablement, par la quantité, tous les autres arbres du district. (Nord-ouest du Nouveau- Brunswick.)
Dans son rapport, de 1885, sur toute l’étendue de cette province, il s'exprime ainsi: ‘“ Parmi les principaux arbres, on remarque surtout l’épinette blanche, ie sapin blanc, etc., sur les terrains élevés et secs ; et dans les terrains bas et les savanes, l’épinette, bouleau, peuplier et cèdre blanc, en abondance.” Dans ses derniers rapports, M. Chalmers fait allusion aux divers incendies qui ont ravagé cette région, et une nouvelle croissance d’épinette, etc., dans ces anciens brûlés.
Ainsi, sans protection aucune, en butte à l’incurie et aux dépradations de toutes sortes et l’oubli des notions les plus élémentaires, pour la préservation de nos forêts, ces dernières, par la seule force de la nature, ont réussi en opposant une nouvelle croissance à l’élément destructeur à se repeupler et suffire à tous les besoins.
Dans la Nouvelle-Ecosse, le degré d'humidité comparativement plus grand qu'ailleurs, exerce son influence bienfaisante sur nos forêts ; aussi malgré l’expansion du commerce de bois de cette région, bien antérieur à celui des autres provinces et beaucoup plus considérable, l’on y trouve toujours l’épinette en grande abondance ; les fabricants de pulpe ont bâti quatre ou cinq moulins pour la production de la pulpe.
D’après des statistiques faites en 1894, il ressort que 38 à 40 pour cent, du Canada, se compose de terres à bois et de forêts. Ce qui équivaut à 1,400,000 milles carrés.
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Si la moitié de cette superficie consiste en épinette, le Canada renferme donc uns étendue d’épinette de 450,000,000 d’acres. Dans l’industrie du papier manufacturé, avec du bois de pulpe, d’après les procédés les plus récents, une corde de bois d’épinette équivaut à 650 pieds, mesure de planche ; avec cette quantité de matière brute, on fabrique une demi tonne de pulpe chimique ou une tonne de pulpe mécanique. Cette pulpe mé- ‘anique entre, pour une moyenne de 80 pour cent, dans la fabrication du papier commun à journaux, avec 20 pour cent de pulpe chimique. Maintenant, au dire des experts, les meilleures terres d’épinette peuvent produire 7,000 pieds de bois, par acre. Ce qui représente, par acre, 6 tonnes de pulpe chimique et 114 tonnes de pulpe mécunique.
Prenant pour base la pulpe mécanique, et le montant de sa production, à raison de 10 tonnes par acre, il y a actuellement, au Canada, 4,500,000,009 tonnes, de bois de pulpe.*
La consommation annuelle du bois de pulpe, par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, est d'environ 900,000 tonnes, l'équivalent de la production de 99,000 acres de terres d’épinette, qu'il faudrait dépeupler d'autant, chaque année, pour répondre aux besoins de ces deux pays. À ce taux là, notre présente réserve d’épinette serait détruite dans 50 ans. Mais il y a une nouvelle croissance d’épinette, tous les 30 ans, et ce, dans les meilleures conditions voulues, quant à la grosseur, pour la fabrication de la pulpe. Comme les premiers 90,000 acres ainsi abattus laisseraient 50 ans, pour la nouvelle croissance, il s’en suit que les forêts d’épinette du Canada peuvent subvenir à toutes les demandes, de toute provenance, sans crainte d’être à jamais totalement dépeuplées, dans le cours des âges futurs. Afin d'illustrer par un exemple l’étendue de nos forêts épinettières, des experts
*Dans une lecture faite, devant un certain nombre de personnes intéressées à nos forêts, depuis la préparation de cette brochure, le Dr Bell, assistant directeur de la Commission Géologique, évalue la «uperficie des forêts occidentales du Canada, & 1,637,600,000 acres. D'après ces calculs, nous devrions récolter 16,500,000,000 de cordes d'épinette. Les chiffres ci-haut mentionnés sont donc bien loin d'être exagérés. (Vide Appendice A.)
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