‹ Pulpe de bois et bois de pulpe au Canada [microforme]Chapitre 7 sur 13 · PER · texte numérisé non relu

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révolutionner tout le système moteur créé par les procédés chimiques.

LaSalle monta le St-Laurent, à partir de Lachine et se rendit, par la voie des grands lacs, jusqu’au fleuve Mississippi ; au fur et à mesure que son léger canot d’écorce s’avançait porté, gur l'immense surface des ondes, se déroulèrent devant son regard, des prairies à perte de vue, où paisaient des troupeaux, sans nombre, de buffles, sans compter les émerveillements causés par une végétation luxuriante, incomparable, étalant partout la richesse de son règne animal et végétal. A cespectacle grandiose le hardi Français du dix-septième siècle tressaillit de joie à la pensée qu’il aurait pour mission de faire connaître au monde, ces richesses inconnues des prairies de l’ouest, et d'ajouter à la richesse de son pays, tout en faisant bénéficier le monde entier du fruit de ses explorations.

Le savant broyant dans ses tubes différentes sortes de bois, par divers procédés, pour satisfaire le public demandant à grand cris un journal à bon marché, a rendu à la civilisation un service non moins méritoire, en découvrant, réunies dans l’épinette canadienne, les trois qualités essentielles à cette fin, la force, l’abondance et le bon marché, triple objet des recherches du monde entier, depuis tant d'années.

Pour mettre en marche une usine capable de produire 25 à 30 tonnes de pulpe, par 24 heures, il faut une force motrice de 2,500 à 3,000 chevaux-vapeur. La production de cette force motrice, au moyen de la vapeur, serait d’un prix trop élevé et, en pratique, il est reconnu que la pulpe ne peut se fabriquer avantageusement que dans des endroits où l’eau peut fournir le pouvoir moteur.

Un simple coup d'œil jeté sur la carte du Canada, suffit pour démontrer que ce pays est le mieux favorisé du monde entier, sous ce rapport.

Thos. C. Keefer, I.C., C.M.G., dans le cours d’une lecture devant la Société Royale du Canada, s’exprimait ainsi : “ L'examen d’une bonne carte de notre immense Dominion révèle comme un de ses principaux traits caractéristiques, une suite extraordinaire et ininterrompue

de lacs et de rivières, aptes à produire des pluies abon-

th, à

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dantes, (la première condition essentielle et économique d’un pays). Sur un parcours de plusieurs mille milles, depuis le Labrador à |’ Alaska, sur une largeur de plusieurs centaine de milles, existe une suite ininterrompue de rivières et de lacs, grands et petits. Ceux-ci diffèrent, par leur étendue, leur longueur et leur niveau au-dessus de la mer, plusieurs d’entr'eux pourvus, par la nature de réservoirs, pour le surplus de leurs eaux. En maints endroits, le débouché du lac ou la réunion d’une chaîne de lacs, s'opère au moyen d’une simple fissure entre deux rochers, ou une digue peu dispendieuse retiendrait l’eau fournie par l’accumulation de la neige pendaut l’hiver.”?

A l’exception des prairies de l'Ouest, les rivières du Canada diffèrent de celles qui arrosent les Etats de l’ouest et du centre des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, en ce sens, qu’elles ne sont pas naturellement navigables, depuis leur embouchure ou au-delà de l'influence de la marée, sur un parcours considérable, si ce n’est par intermittance. Les grands fleuves comme le Mississippi, le Missouri et l'Ohio, sont navigeables des milliers de milles, re, par là même, dépourvus de pouvoirs d’eau. Ils toulent, sur un lit à peu près uniforme, d’une déclivité inperceptible de quelques pouces au mille, tandis que le St-Laurent et ses tributaires et, en réalité, presque toutes les rivières du Canada, de l’est à l’ouest, sont interrompus par des rapides, chutes et cataractes, offrant des pouvoirs d’eau sans nombre, propres à satisfaire les plus exigeants.

Depuis le détroit de Belle Ile, jusqu’à Montréal, et de là, remontant le St-Laurent, les tributaires du St-Laurent et ceux de l’Ottawa, en descendant à travers les régions des Laurentides, sont à une élévation de 1,800 à 1,000 pieds au-dessus du niveau de la marée. Dans bien des cas, ces rivières ont leur principale cataracte, bien près de leur embouchure, ainsi les fameuses chutes de Montmorency qui tombent directement, dans le St-Laurent, d’une hauteur de 250 pieds, servent de pouvoir d’eau à un moulin à coton construit à leur base ; elles fournissent aussi à la cité de Québec située à 10 milles de distance, le pouvoir suffisant, pour sa lumière électrique et le fonctionnement des tramways.

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Tout récemment, le Board of Trade, d'Ottawa, fit faire une exploration, pour s'assurer de l’étendue des pouvoirs d’eau de l’Ottawa et de ses tributaires. Des arpenteurs, des ingénieurs, des propriétaires de moulins et des hommes d'expérience firent les évaluations nécessaires, Comme résultat, sur un rayon de cinquante milles, il y a un pouvoir d’eau disponible égal à près de 900,000 chevaux-vapeur, l’Ottawa fournissant 664,000 chevauxvapeur et ses tributaires 226,225 ; ceux d’Ontario 40,000 chevaux-vapeur, et ceux de Québec 186,225.

Ces chiffres sont basés, sur une moyenne d’eau disponible, à l’année.

Aux sources de ces douze ou quatorze rivières, capables de fournir les 900,000 chevaux-vapeur en question, se trouvent des grands lacs, pouvant être convertis par des écluses, en d'immenses réservoirs, au moyen desquels le pouvoir d’ean peut être augmenté à volonté. En estimant la valeur de la force chevaux-électrique, mue par le pouvoir hydraulique, à $10 par année, les pouvoirs d’eau en question représentent $9,000,000. Si, par contre, on estime le pouvoir chevaux-vapeur mû par la vapeur, à raison de $25 par année, on arrive au chiffre annuel considérable de $23,000,000.

e pouvoir moteur se trouve, en totalité, si près de la capitale fédérale, qu’on peut le relier à Ottawa, au moyen d'un réseau comparativement de quelques milles de fils, entraînant une perte de force motrice de 8 à 10 pour cent.

M. Surtees, I. C., qui a fait l'exploration de l’Ottawa, fournit les renseignements suivants, sur ses pouvoirs d’eau et ceux de ses tributaires :

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