‹ Qu'est-ce que la danse?Chapitre 2 sur 52 · MUSÉE DU LOUVRE · texte numérisé non relu

MUSÉE DU LOUVRE

Des séries de gestes, minutieusement réglés par une sorte de chorégraphie liturgique, ont transmis d'âge en âge certains rites

dansants. {P. 123.)

LE

Photo Giraudon.

BLIOTHÈQUE NATIONALE.)

ans us d ces Sion courantes, à les peuples artistes témoignent souvent d'un sens aigu 1, de L harmonie. | Fe At Ho

; Dés fonctions vitales, A An soumises, chez

eux, tant en durée qu'en amplitude, à des principes ‘intuitifs de proportions, leur confèrent ces qualités que l'on nomme le rythme et la grâce, et dont. nous étudierons plus loin les caractères essentiels. Aussi les œuvres d'art des peuples sensibles au charme de Ja mesure nous apportent-elles le témoignage de leur : admiration pour tous les mouvements bien faits. Quand *. . Harunobu, quand Outamaro nous montrent des japo- naises courant sous la pluie, les silhouettes de ces di | jeunes femmes expriment un si vif souci des lignes, une si juste. cadence que nous sommes presque tentés de | discerner, dans cette fuite, je ne sais quel écho musical de leurs pas légers et précis, et quand Homère nous décrit les compagnes de Nausicaa jouant sur la plage où elles viennent de laver leur linge, il assure la régu- ” larité de leurs ébats en faisant scander le lancement de la balle par la voix de la jeune princesse : « et c’est Nausicaa qui chantait les balles » dit textuellement le poète.

Si nous ne sommes pas encore Ici au cœur du royaume que nous cherchons à explorer (nous aurions tort de nous y croire parvenus), nous percevons du moins, dans la brume de l'aube, ses horizons vastes et

poétiques et nous n’y pénétrerons pas sans avoir senti, dès l’abord, ce qu'il peut renfermer de splendeurs

mur

10 A RO qu EST- CE Que | LA DANSE

naturelles, générales, facilement perceptibles. et teom- 1) bien librement, simplement doivent s’ Y épanouir des Le <e | fonctions les plus essentielles, les pe humbles de

notre existence organique.

Réflexes, efforts d'amusement ou de labeur, nos ou es vités physiques ne sont pas de la Danse ; mais les pre

miers pas de l’enfant ytendent, mais le pelotari basque n’est pas loin d’y atteindre, mais le maréchal qui, à coups de marteau, courbe le fer rouge sur l’enclume, nous en donne, parmi les lueurs de la forge et les étincelles qui s’éparpillent, un avant-goût sonore et

péremptoire.

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