CHAUSSON
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queson sens plastique inné, que ses plaisirs moteurs
inspirent ses recherches artistiques de mouvement corporel, les féconde et guide leurs constants progrès.
La Musique ne saurait évoluer que sous l’inspira- R
tion subconsciente de ceux qui la composent et de
ceux qui l’exécutent. C’estaux danseurs également de
diriger d’instinct l'orientation de la Danse.
‘ Il faut que tout le monde danse, simplement mais purement et avec sensibilité, pour qu'un art chorégraphique juste et riche naisse et appartienne en propre à notre civilisation. Tant que notre société n’aura pas
contracté l’habitude d’une danse expressive et belle,
à formes presque fixes, dans les conditions normales
de la vie courante ; tant que les individus ne danseront pas d’une façon harmonieuse, dans le costume de
leur époque et dans le cadre de leur existence quoti-
dienne ; tant qu’une sorte de mise en scène théâtrale
sera nécessaire à leur exhibition, on n'aura créé un
art de la Danse ni profond, ni viable.
Comment un tel prodige, car c’est bien un prodige que je demande là, pourra-t-1il se produire ?
En le préparant. En s’accoutumant à ne pas considérer l'organisme humain comme un misérable instrument de plaisirs vils, mais comme un magnifique appareil d'expression, de charme et de hautes voluptés; en le dressant aux attitudes nobles et aux mouvements exacts ; en le soumettant, dès l'enfance et sans cesse, à la rigoureuse discipline du rythme; et, pour tout
4 “ don aus CE 5 QUE: LA DANSE | nn | ne en un mot, en moralisant, en ant la vie
physique, par une constante harmonie.
La Musique est là, pour accomplir ce no 1.
jour où notre corps et elle ne feraient plus qu’un. où, J'on pourrait dire littéralement : Musica caro facta est, #
la Danse, une Danse loyale, franche, vivante, moderne, parfaitement humaine et belle serait née, qui n'aurait
plus besoin ni de décors, ni de costumes d'exception
pour s’épancher et pour nous apporter ses Jolies.
J'espère, en tout cas, avoir fait comprendre, parce