TITRE VIU
La mise en activité des formes sociales, tant théoriques que pratiques, doit nécessairement, quant à la matière, quant à la richesse, pouvoir se résumer en chiffres.
Car, les moyens matériels, socialement considérés, peuvent être représentés : par les dépenses faites pour établir et conserver l'ordre ; et, comme antécédent, par les recettes prélevées dans le but de pourvoir à ces nécessités.
C'est réquilibre entre les recettes et les dépenses, ainsi que la conformité des unes et des autres, avec la justice, telle qu'elle est alors reconnue, qui démontrent, arithmétiquemetit : la vérité d'exposition DE LA science SOCIALE, donnée par l'expression de la coordination des connaissances à la direction rationnelle des actions.
Cette partie de la science, pour les nations encore soumises aux illusions du despotisme, est actuellement connue sous le nom de budget. Nous l'appellerons : balance nationale extra-despotique ; ou balance
NATIONALE d'oRDRE RÉEL.
TfTRE IX.
La philosophie réelle; la forme sociale théorique extra-despotique ou d'ordre réelle ; la forme sociale pratique extra-despotique ou d'ordre réel; la balance nationale extra-despotique ou d'ordre réel; prises dans leur ensemble, prennent, relativement à une nation, le nom de :
LOI SOCIALE PARTICULIÈRE d'oRDRE RÉEI .
Nous donnons à l*époque où cette loi n'est encore que transitoirement établie au milieu de chaque nation prise séparément^ et cependant considérée en dehors du despotisme^ sans néanmoins que l'état de liberté absolue ait déjà une existence réelle au milieu de toutes ; le nom : d'ADOLESCENCE de l'humanité.
TmE X.
Mais^ ainsi que nous venons de le yoir^ Tordre^ au sein d'une nation, même appuyé par la force de la généralité des individus, peut se trouver menacé par la force d'autres nations.
Aussi longtemps donc, que la justice, pour Thumanité entière, n^est point identiquement recoimue comme résultante vmQVE d'un raisonnement INCONTESTABLE pour l'humauité tout entière; et de plus, que l'expression de cette justice ne sera point généralement admise comme règle d'actions, par l'expansion des connaissances portées au point que chacun puisse : concevoir l'unité de justice comme raiùmnèîlemeni incontestable; et soutenir rationnellement cet énoncé, comme étant mcontestMement dans son intérêt ; l'ordre social apparent, une fois qu'il a été détruit par les conséquences inhérentes aux développements de la PRESSE, ne peut être rétabli sur une base, n'ayant même qu'une génération de durée, chez aucun peuple.
Car, dans ce cas, il y a toujours entre les nations, existant alors nécessairement en contact, anarchie; c'est-à-dire : des différends sur l'énoncé et l'application de la justice, sur la réalité de l'autorité; comme il en existe, entre les chefs de familles qui composent chacune d'elles, avant que l'unité de conviction, relativement à l'énonoé et à l'application de la justice, existe au sein de chaque nation.
L'anarchie, cependant, jusqu'à ce que l'excès de malheur qui en résulte force l'humanité à rechercher la coordination des connaissances à la direction incontestablement rationnelle des actions, ne peut produire, entre les nations comme entre les familles, que : le despotisme.
Mais, comme après les développements de la presse, le despotisme devient plus incapable encore de maintenir l'ordre, entre les nations, que de le maintenir entre les familles; et, que l'existence de l'ordre entre les nations, dès qu'il n'est plus possible de les tenir isolées, est plus nécessaire encore qu'entre les familles, à cause des malheurs plus grands qui résultent alors de Tanarchic; le même besoin d'ordre, résultant de Texccs de malheur qui aura fait recourir à la recherche de la justice réelle et de son application réelle, pour établir dans chaque société Tordre réel, au moyen du raisonnement réel, fera recourir aux mêmes moyens, pour établir l'ordre réel au sein de l'humanité, en le faisant reposer essentiellement : sur l'autorité réelle; sur l'auto- ^TÉ rationnellement incontestable ; SUR la souveraineté rationnelle.
titre XI.
La philosophie réelle, n'étant plus relative à une ou à plusieurs na-
lions, mais bien à Fhumanité, devient alors et nécessairement, la philosophie proprement dite, ou la coordination des connaissances à la direction incontestablement rationnelle des actions de Thumanité tout entière. Et, Texposé de cette coordination, relativement aux applications sociales, forme Ténoncé de la justice sociale.
Cet énoncé, comme nous Pavons vu pour un peuple en particulier, doit suivre également les progrès successifs de rinstructiofl, toujours quant aux applications, quant aux particularités relatives à la richesse; la justice réelle étant absolue : non seulement quant à la moralité; mais encore quant à son application aux généralités de la richesse.
L'application de la justice réelle à l'humanité, c'est-à-dire à la société en général ; et, les moyens de faire consciencieusement soutenir cette même justice pour Tunité de conviction qui doit suivre les progrès des connaissances physiques; sont sujets à la division déjà établie ; en forme sociale théorique extra-despotique; et, en forme sociale pratique extra-despotique, ou d'oRORE réel.
L'exposé arihtmétique des recettes et des dépenses nécessaires à la mise en activité, est aussi une balance que nous appellerons : balance
SOCIALE EXTRA-DESPOTIQUE ; OU BALANCE SOCIALE d'ORDRE RÉEL.
Enfin, cet ensemble prend le nom de : loi sociale générale d'ordre réel; ou par abréviation, de î loi sociale d'ordre réel.
L'établissement de cette loi, relative à l'humanité, est l'époque de liberté sociale absolue; c'est-à-dire : du règne de la liberté réelle, du raisonnement réel, donnant, sans jamais quitter l'incontestabUité :
LA règle rationnelle DES ACTIONS TANT SOCIALES QU'lNDlVIDUELLES.
Nous caractériserons cette époque du nom : d'ÉTAT viril de l'humanité.
C'est l'expression de cet état de l'humanité qui forme l'EXpqgmoN DE LA SCIENCE SOCIALE, donuRut la solulion du problème que nous avons posé, au point de départ de notre travail,^ à savoir :
« La recherche des lois de l'ordre physique cl des lois de l'ordre « moral, recherche nécessaire à cause de l'ignora^nce essentiellement « primitive à toute humanité ; ainsi que la recherche de l'application « de ces lois à l'ordre social réel; c'est-à-dire ; à I'harmonie entre les
(( BESOINS moraux ET LES BESOINS PHYSIQUES DE TOUS ET DE CHACUN. ».
Problème social également énoncé, sous une autre forme, à la fin du Titre IV.
TiTiiE xn.
Après rétat viril de l'humanité, l'ordre physique amènerait la vieillesse; mais, rhumanité ne peut vieillir.
Dans l'humanité, prise sous le point de vue : de son renouvellement successif; et, du développement des connaissances; la partie exclusivement physique de Thomme disparaît, et le raisonnement seul persiste.
Or, si la vieillesse ^ rapporte exclusivement à l'ordre physique, notre monde physique peut vieillir, mais non point notre monde mo-
l*al : car,rinconteslabilité, tant que l'ordre moral ou iatellectuel existe, ne peut jamais se trouver contestée.
D'ailleurs, les mots : état ^'enfance, de puérilité, d'adolescence, de virilité, sont des expressions prises fîgurément pour exprimer le développement nécessairement progressif de Tignorance vers Fanarcliie, en passant par le despotisme : lorsque des êtres ayant une même organisation, un centre nommé mémoire capable de rappeler les modifications, et la sensibilité pouvant développer le sentiment de l'existence dans le temps, se trouvent nécessairement en contact.
Ce développement de Tignorance vers Tanarchie en passant par le despotisme, et cela jusqu'au point d'arriver à l'incontestabilité, relativement à la rationnante des actions tant individuelles que sociales, est ainsi inhérent à toute espèce possible d'humanité, sous la seule condition d'exister en société; tandis que l'état de société est lui-même inhérent à toute espèce possible d'humanité : partout où, des individualités réelles : pouvant par leur union à des organismes semblables, constituer des personnalités ayant les mêmes attractions, les mêmes répulsions, les mêmes besoins, pouvant constituer des êtres réellement capables de souffrir et de jouir; se trouvent, soit par la séparation des sexes, soit par toute autre cause produisant le même effet, en contact continuellement nécessaire.
C'est cette inévitable conséquence de l'état de contact ou de société : le développement de l'ignorance primitive vers l'anarchie en passant par le despotisme jusqu'au point d'arrivçr à l'incontestabilité, qui, pritivement, constitue : la nécessité sociale.
Ce BESOIN d'ordre, expression dont nous nous sommes déjà servi, avec la valeur de nécessité sociale, n'est lui-même : qu'une conséquence des développements de l'intelligence : et ce besoin indique :
Que l'ordre, entre des êtres réels, intelligents, ou non exclusivement soumis à la nécessité physique, doit dériver du raisonnement : soit d'un raisonnement faux ; soit du raisonnement vrai.
Et le progrès inévitable de ce même besoin d'ordre, toujours relatif aux développements de l'intelligence, conduit nécessairement l'humanité, en passant par un long despotisme et par une moins longue anarchie, à Tétablissement théorique et pratique de l'ordre réel.
riN du quatrième et dernier volume de la situation sociale actuelle.