‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 77 sur 120 · HÉRÉDITÉ PAR TESTAMENT · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ PAR TESTAMENT

« Un des signes les plus frappants que l'bu- « manité ait fourni de sa grandeur ^ c'est d'à- « Toir^ par les lois civiles, donné à la pensée « persistance et durée , même après que l'homme « a disparu de la terre dans sa manifestation « matérielle ; il n'y a rien , dans le droit civil « des nations, de plus grand^ de plus profond^ « déplus mystique, que le droit de testament.»

M. Pierre Leroux.

« Cô n'était pas sans raison que le droit ro- « main unissait si profondément la puissance « paternelle et la faculté de tester. »

Lherminier^ Philos^ du droit.

L'hérédité par testament est nécessaire a Vexcitalion au travail, premier moteur social.

A la vérité, cette hérédité tend continuellement : à diminuer la richesse collective; à augmenter les richesses iadi-

viduelles ; par conséquent à tendre vers la paupérisme des masses.

Mais, la société, qui seule protège l'organisation de la propriété et l'organisation de la famille, peut placer, sur cette espèce d'hérédité, un impôt aussi fort que possible : pourvu qu'il ne porte point atteinte à l'excitation au travail.

Nous ne porterons cet impôt qu'à vingt-cinq pour cent.

Il est évident : que, celui qui héritera, par testament, d'une somme de 100,000 fr., ne croira point éprouver une injustice, en ne recevant que 75,000 fr. ; quand il sait : que, luimême a sa part ^^^^ toutes les successions possibles, faites par testament.

Donc :

Établissement, par la loi, d'un impôt de vingt-cinq pour cent sur toutes les successions par testament.

Et enfin :

Déclaration que le sol, une fois entré à là propriété collective, est INALIÉNABLE.

Tel est, en fait d'organisation de propriété, le remède social, anéantissant le paupérisme, anéantissant toute espèce d'esclavage : pourvu, que le joug de l'ignorance sociale, soit préalablement brisé.

— C'est facile à dire, vont s'écrier les prétendus conservateurs appartenant à toutes les sectes possibles. Car, jusqu'ici, il n'en est pas une seule qui ne veuille conserver la vieille société : soit le sachant; soit sans le savoir.

Je vais prouver :

Que, les prétendus conservateurs, n'importe à quel drapeau ils appartiennent, sont tous des destructeurs de Tordre, des conservateurs d'anarchie; tandis que, moi, je suis destructeur d'anarchie, et conservateur, pour Ta venir, de Tordre rétabli.

Pour faciliter nos preuves, énumérons les éléments de Tordre; puis, examinons ces mêmes éléments mis eii râpiport avec l'entrée du sol à la propriété collective.

FINANCES 9 ËDUGATION ET INSTRUCTION, AGRICULTUKE,

MANCFACTUHE ET COMMERCE.

Finances.

Je commence par les finances; parce qu'elles sont, à la vie collective, ce que le sang est à la vie individuelle.

De quelque magnificence, de quelque poésie que puisse être revêtue une théorie, elle est toujours réductible aux Mille et une Nuits, si elle n'est réellement réalisable* Voyons ce qui peut se réaliser.

Le revenu du sol est actuellement d'environ dix-sept centa millions. Voilà déjà, du moment que le sol appartient à la propriété collective , un assez joli budget de recelte. Et, celte seule branche de revenu social peut être portée au quadruple : lorsque l'agriculture, la production et la consommation SERONT A LEUR MAXIMUM.

Les4iéritages ah intestat; l'impôt sur les successions, et les revenus des capitaux acquis par les générations passées, qui arrivent successivement à la propriété collective : sans jamais faire tort à qui que ce soit; sans nuire à l'excitation au travail; sieins nuire aux propriétés individuelles; sans nuire à la famille ; le tout joint au revenu du sol et à l'impôt sur la richesse mobiliaire; portent les finances à un tel point de splendeur : que la société fera très-facilement et très-ntllement crédit aux individus, sans jamais avoir à le demander. S'imaginer que la société rationnelle peut demander le crédit aux individus, sera aussi ridicule alors, qu'il le serait actuellement de s'imaginer : qu'un père de famille doit demander le crédit à ses enfants au maillot.

Ainsi, du côté des finances, pas l'ombre d'une objection raisonnable.

Voyons maintenant les résultats !

Aussi longtemps que le sol est aliéné, l'impôt, quelle que soit sa forme, de quelque manière qu'il paraisse peser sur la ridiesse.

— 3rx) —

retombe toujours, et nécessairement, sur le Iravail. NousTavons prouvé dans l'exposé de la théorie générale de Timpôt.

De là, l'existence nécessaire du paupérisme ; et, en présence de rincompressibilité de l'examen, l'existence nécessaire des révolutions.

Du moment que le sol, par l'anéantissement de l'ignorance sociale, peut entrer à la propriété collective, l'impôt, quelle que soit sa forme, et quand même vous voudriez le placer

sur le travail, retombe nécessairement sur la richesse. Nous

l'avons également prouvé dans la théorie générale de rimp(5U De là, l'anéantissement nécessaire du paupérisme; par conséquent l'anéantissement des révolutions.

Aussi longtemps que le sol est aliéné, le salaire est toujours et nécessairement au plus bas possible; et, l'intérêt du capital au plus haut possible. Gar^ alors, les travailleurs se font nécessairement concurrence, pour obtenir des possesseurs du capital : soit du travail au plus bas prix possible ; soit du capital à l'intérêt le plus haut possible. C'est l'inévitable résultat de l'existence du paupérisme. Et, en présence de l'incompressibilité de l'examen, c'est une source continuelle de révolutions.

Du moment où le sol peut entrer à la propriété collective, le salaire est toujours, et nécessairement, au plus haut possible, et l'intérêt du capital au plus bas possible. Car, alors, les capitalistes se font nécessairement concurrence pour offrir aux travailleurs : soit du capital à l'intérêt le plus bas possible ; soit du travail au prix le plus haut possible. C'est l'inévitable résultat de l'anéantissement du paupérisme; c'est l'anéantissement de toute révolution (1).

(4) J'aime à être aussi bref que possible dans le texte. Qu'il me soit permis néanmoins de donner un léguer développement à une proposition essentieUe.

Du moment que toute la dépense sociale pèse exclusivement sur la richesse ; et, que rien ne pèse sur le travail ; le travailleur travaille pour satisfaire tous ses besoins. Et^ comme ses besoins sont développés au maximum possible, par le complet développement de son intelligence ; puis, comme son travail est complètement libre de tout impôt : la consommation générale se trouve au maximum possible des circonstances ; et, par conséquent la productioQ

Ainsi :

Anéantissement de tous les impôts actuellement existants;

Élévation du revenu social , au mawimum possible des circonstances ;

Élévation du salaire au maximum possible des circonstances; et, par le seul effet de l'organisation de la propriété, sans qu'il soit besoin des utopies : du maximum légal du prix des produits; ni du minimum légal du prix des salaires.

Abaissement de l'intérêt du capital au 9naâ7t«7ium possible des circonstances, et par le se^l effet de l'organisation de la propriété : sans qu'il soit besoin de l'utopie du maximum . légal de l'usure.

Tel est le résultat nécessaire de l'entrée du sol à ia propriété collective, et quant aux finances : tant pour l'État que pour les individus.

générale. Il est évident : que, dans ce cas, le. prix du salaire ou le salaire est aussi au maximum possible : puisque rien n'est prélevé sur le salaire; et, que l'intérêt du capital est lui-même au minimum possible. En effet : les capitaux alors, Tont nécessairement se présenter aux bras; conune actueUt' ment, les bras vont se présenter aux capitaux. Actuellement^ les bras^ nécei-* sairement aussi, vont se présenter aux capitaux. Actuellement l'offre des bras^ surpasse la demande. Alon l'offre des capitaux surpasse la demande.

n y a plus : le crédit, alors^ se fait à l'individu ; et ne se fait plus au capital : parce qu'il y a concurrence entre l'État et les individus, pour avancer au travailleur malheureux, et an plus faible intérêt possible, le capital dont il a besoin. Ce fait serait utopique^ sous le matérialisme de l'époque. Mais^ quand l'honnête homme n'est plus un sot^ ce qui existe dès que l'ignorance est évanouie^ ce même fait devient aussi simple et aussi pratique que deux et deux font quatre.

Maintenant, remarquons bien et n'oublions jamais : qu'en présence de l'ignorance sociale sur la réalité du droit et de rincompressibilité de l'examen, l'existence de l'humanité dépend : .

4* De la certitude pour chacun que Thonnète homme n'est pas un sot : ce V qui anéantit le paupérisme moral, *

t^ De l'entrée du sol à la propriété collective : ce gui anéantit lepaupé' fifme matériel.

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