‹ Quand les grenouilles auront des queuesChapitre 3 sur 22 · LE SORCIER DE L'ILE D'ANTICOSTI, AU PAYS DE LA LOUISIANE · texte numérisé non relu

LE SORCIER DE L'ILE D'ANTICOSTI, AU PAYS DE LA LOUISIANE

Droits réservés, Canada, 1914,

L'ETRENNE DU BONBON

Voulez-vous du bonbon la meilleure recette? Choississez un ami, coeur franc, bouche discrète. Ferme dans sa croyance et chaste dans ses goûts. Qui vous précède au ciel ou s'y rende après vous. Un ami se taisant, s'il n'a du bien à dire, Que votre joie enchante et votre peine attire; Saupoudrez-le d'entrain, d'esprit et de bon ton;

Vous aurez là du bon.

Vous aurez du bonbon.

Prenez femme chrétienne, active en son ménage, Belle de la beauté qui ne craint rien de l'âge; Formez des serviteurs, jamais abandonnés. Retrouvant dans vos soins les soins qu'ils ont donnés. Jugez tout sur le fond, non sur les étiquettes; Achetez lentement, payez vite vos dettes; Dans un ordre parfait tenez votre maison:

Vous aurez là du bon.

Vous aurez du bonbon.

Comptez peu sur autrui, mais beaucoup sur vous--

même;

Apprendre à se suffire est le meilleur système. N'enflez pas vos succès, taisez-vous sur vos maux; Cachez bien vos vertus, corrigez vos défauts. De faits nobles et grands meublant votre mémoire. Cherchez les beaux côtés des leçons de l'histoire; Si vous savez unir le coeur et la raison.

Vous aurez là du bon.

Vous aurez du bonbon.

Qui sait vivre, ménage avec intelligence Le nécessaire au corps, à l'âme l'abondance. Seigneur, notre bien-être est un désir permis, A partager nos biens si le pauvre est admis.

Ayez un logis sain, des meubles confortables. Le sommeil dans vos lits, Vappétit à vos tables, La paix dans V antichambre et V esprit au salon;

Vous aurez là du bon.

Vous aurez du bonbon.

Ah! qu'on ne trouve pas ma muse trop sévère En ces jours de gaîté bruyante et mensongère; Le sage, en s'amusant, doit aussi réfléchir; Une faute évitée évite un repentir.

Moins le coeur est troublé, plus la joie est complète, Le plaisir sans excès rend la santé parfaite. Et conserve nos dents solides au menton.

Pour croquer tout de bon.

Pour croquer le bonbon.

D£STINE£

Comme la vie est faite! et que le train du monde Nous pousse aveuglément en des chemins divers! Pareil au Juif maudit, l'un, par tout l'univers. Promène sans repos sa course vagabonde.

L'autre, vrai docteur Faust, baigné d'ombre profonde. Auprès de sa croisée étroite, à carreaux verts. Poursuit de son fauteuil quelques rêves amers. Et dans l'âme sans fond laisse filer la sonde.

Eh bien! celui qui court, sur la terre était né Pour vivre au coin du feu; le foyer, la famille. C'était son voeu; mais Dieu ne l'a pas couronné.

Et l'autre qui n'a vu du ciel que ce qui brille Par le trou du volet, était le voyageur. Ils ont passé tous deux à côté du bonheur.

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