XIV VIE ET TRAVAUX
d'une grande célébrité, il se rendit à Londres. C'est le résultat de ses observations qu'il publia en 1815 sous le titre de Voyage à Londres, ou parallèle de la chirurgie anglaise avec la chirurgie française. Ce livre eut d'autant plus de retentissement, que, bien qu'à des époques diverses, Morand, Tenon, Chopart et Antoine Dubois eussent visité l'Angleterre, personne encore n'avait publié de renseignements complets sur l'état de la science chez nos voisins.
Aujourd'hui, non-seulement cet ouvrage n'a rien perdu de sa première valeur, mais il nous offre un nouvel hitérêt en nous montrant quelles étaient alors les opinions de M. Roux sur certains points de la science , et conmient elles se sont modifiées depuis. Mais si l'expérience a pu apporter quelques changements à sa pratique, il est cependant des points sur lesquels il n'a jamais varié : telle a été sa prédilection constante pour l'extraction de la cataracte. Quels pouvaient être, dès cette époque, les motifs de sa préférence? Il nous les expose lui-même dans son récit : « J'ai fait, dit-il, deux fois, en pré- >) sence de MM. Travers et Lawrence, l'opération de la cata- » racte par extraction, méthode, le dirai-je, pour laquelle j'ai » peine à me défendre d'un peu de prédilection. En effet, elle «permet, mieux que l'abaissement, à chaque opérateur, » d'avoir une manière à lui, et de montrer, ou une adresse » naturelle, ou une dextérité acquise par l'habitude. »
Du reste, tout en défendant l'extraction dans la cataracte, M. Roux reconnaissait qu'il est des cas où l'abaissement est préférable ; et s'il invoquait à l'appui de son opinion l'habitude ou l'habileté manuelle, il pouvait aussi se fonder sursesrésul-