‹ Quatorze mois dans l'Amérique du Nord (1875-1876) [microforme]Chapitre 45 sur 71 · D NN EC · texte numérisé non relu

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péristyle on a une belle vue sur le Potomac ; mais la con- Struction, d'ordre ionique, est trop massive. Les ateliers où se fabriquent les greenbacks méritent une mention spéciale ; les travaux y sont exécutés avec une perfection rare; la majorité des ouvriers employés sont des femmes,

Une autre installation qui vaut la peine qu'on lui consacre quelques instants, c'est le Army Medical Museum. Au premier étage est rassemblé un nombre extrêmement considérable de documents médicaux datant principalement de la guerre de sécession. Le Musée proprement dit occupe le troisième étage. C'est un des plus complets dans le genre ; on prétend qu'il s'y trouve plus de 16,000 spécimens classés de blessures et de maladies diverses qui se sont produites pendant la guerre. Le médecin en chef qui nous accompagne, le docteur Davesné et moi, nous montre de curieuses épreuves de photographie, obtenues à l'aide d'un microscope solaire, des effets produits par les diverses maladies ; ces photographies doivent prendre place dans un grand ouvrage en cours de publication. Le Army Medical Museum renferme aussi une coliection importante de crânes et de squelettes d'Indiens, d'une grande utilité pour les travaux d'anatomie comparée.

Mais le temps presse et j'abandonne ledocteur Davesne à ses études; je me hâte de rejoindre notre excellent ministre qui doit nous présenter, le baron de Rothschild et moi, au Président. Il ya réception à la Maison Blanche et, quand nous arrivons, une partie des sa. ons est déjà envahie ; je me hâte d'ajouter qu’ils sont en peut nombre et de dimensions peu considérables; une jolie galerié 14,

règne dans toute la longueur du bâtiment; c’est sur cette galerie que s'ouvrent les salons et la salle à manger, à la suite de laquelle on pénètre dans une serre qui n'offre non plus rien de remarquable. Notre présentation effectuée, après quelques instants de conversation avec diverses personnes que nous connaissions, nous nous empressons de sortir pour éviter la cohue l'un public nombreux qui vient défiler devant le général Grant et sa femme, serre là main du premier avec une énergie qui doit bien fatiguer le chef de l'État et celle de Mrs. Grant avec un peu plus de réserve ; quelques-uns même .se contentent de la saluer.

L'architecture de la Maison Blanche rappelle avec moins de légèreté et de grâce le palais de la Légion d'honneur. Une colonnade d’ordre ionique orne la facade d'entrée sur l'avenue de Pennsylvanie; de l'autre côté règne une façade de même ordre semi-circulaire. La construction est simple et, au total, sans importance.

Quelques instants passés à l'Observatoire de la Marine, qui renferme un des plus grands télescopes connus, au Patent-Office, où se trouvent rassemblés tous les modèles de machines, d'appareils detousgenres, etc.,pour lesquels il à été pris des brevets et, enfin, au Jardin botanique, d'une étendue fort restreinte, et j'ai vu tout ce que Washington offre de plus ou moins curieux,

Dans les environs, il faut citer la petite ville de George town et le Soldiers Home. George town n’est séparée de Washington que par. le Rock-Creek. Sa population est d'environ 12,000 âmes. Ce n'est en réalité qu'un faubourg de Washington. Sa situation, sur une série de hauteurs qui dominent la vallée du Potomac, est des plus pit-

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toresques. La seule chose remarquable qui s'y trouve est une Université catholique importante dirigée par les jésuites.

Le Soldiers Home est à 3 milles de Washington; c'est là que sont recueillis les invalides de terre et de mer des États-Unis. Les constructions, un peu massives peutètre, sont dispersées dans un beau parc de 400 acres environ situé dans une position exceptionnelle. Ce parc, bien dessiné et entretenu sert, au printemps, de but de. promenade à la société élégante.

- Pendant le court séjour que je viens de faire à Washington, je me suis rencontré avec la plupart des hommes marquants du gouvernement, — M. Bristow ministre des finances, un esprit des plus distingués,

M, Pierrepont l'attorney général, le ministre d'Autriche, le ministre de France, en m'invitant à dîner, m'ont donné également l’occasion de causer avec beaucoup de personnes bien renseignées ; et malheureusement je suis forcé de conclure de tout ce que j'ai entendu que ce n'est plus, ainsi que je m'en doutais d'ailleurs, qu'à l'état de souvenir qu'on trouve encore aux États-Unis les croyances sérieuses, les mœurs sévères d'autrefois. La liberté tourne à la licence, et le gouvernement populaire est dénaturé par les passions mauvaises.

Les États-Unis ont sans doute mérité les éloges qui leur ont été largement octroyés; mais, aujourd'hui, il est incontestable que le vol, la dilapidation, la vénalité, la prévarication y règnent dans des proportions inconnues jusqu'ici. Je ne parlerai pas des mœurs, laissant

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de côté ce sujet délicat. Et ces résultats de la perversion des institutions se font sentir jusque dans les plus hautes sphères du gouvernement. Tantôt c'est le ministre de l'intérieur Delano qu'on est forcé de destituer pour sa complicité dans les vols dont ses subc.räonnés se sont rendus coupables vis-à-vis des Indiens des réserves. Tantôt c'est toute l'administration des finances, à commenser par le général Mac-Donald l'inspecteur général,et William Avery le Girecteur, qui est traduite en justice pour, de concert avec les principaux distillateurs de l'Union, avoir fraudé l'État (1). Tantôt ce sont !2« membres de teile ou telle législature qui ont été achetés por:r fcire passer tel bill ou tel’autre. Et tout cela est coniu — on en parle publiquement dans les journaux, dans les salons, dans la rue — et personne ne paraît s’en émouvoir. Il semble vraiment, que chacun se dise qu’il pourra advenir telle ou telle circonstance où cet état de choses lui sera profitabk. et que, par suite, il est préférable de ne rien changer. Ah! messieurs, qui prônez à tout propos les institutions américaines, #. vous parliez en connaissance de cause, vous n'inviteriez pas tant ceux que vous voulez convertir à venir ici chercher des exemples, Sans le vouloir, vous donnez bien beau jeu à vos adversaires, et, s'ils voulaient en prendre la peine, que de faits ils pourraient mettre sous vos yeux qui feraient une brèche sensible dans vos théories ! Que de fois n’ai-je pas entendu dire ici même, p&r des personnes haut placées (f\ Quelques mois plus tara, nn a dà dest'‘uer également le

ministre de la guerre et ie représentant des États-Unis auprès d'une grande puissance, (Note de l'auteur.)

Cans l'administration, que la constitution actuelle n'est

ceptée que parce qu'elle est / Combien de gens sont dégoûtés de la République et l'avouent franchement , Combien regrettent l'absence d’un pouvoir fort, capable de mettre de l'ordre dans les affaires !

Vous tous qui citez l'Amérique à tout propos, avant d'en rien dire allez-y d'abord, faites parler les habitants et écoutez-les!

pe mn amants 4 5 D

sv RAR RANE .

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