‹ Quatorzième lettre provincialeChapitre 17 sur 22 · Le P. L'Amy est le jésuite italien Amici · texte numérisé non relu

Le P. L'Amy est le jésuite italien Amici

néanmoins ce que vous permettez expressément. On vous défie d'en montrer aucun qui permette de tuer pour rhonneur, pour un soufflet, pour une injure et une médisance. On vous défie d'en montrer aucun qui permette de tuer les témoins, les juges et les magistrats, quelque injustice qu'on en appréhende ^. Son esprit ^ est entièrement éloigné de ces maximes séditieuses qui ouvrent la porte aux soulèvements auxquels les peuples sont si naturellement portés. Elle a toujours enseigné à ses enfants qu'on ne doit point rendre le mal pour le mal; qu'il faut céder à la colère; ne point résister à la violence; rendre à chacun ce qu'on lui doit, honneur, tribut, soumission ; obéir aux magistrats et aux supé* rieurs, même injustes ; parce qu'on doit toujours respecter en eux la puissance de Dieu, qui les a établis sur nous. Elle leur défend encore plus fortement que les lois

1. La Response à la LS« Provinciale relève le défi (p. 372): « Je ne sais comment vous m'avez défié de vous m($ntrer une loi, un canon, un interprète de droit, qui nous soit contraire. » Et il s'efTorce de répondre. Je ferai d'abord remarquer que Pascal n'a pas parlé des interprètes de droit, mais du droit lui-même, du droit divin ou humain, c'est-à-dire des canons et des lois, et la Response n'en a pas trouvé à citer. Elle dit, il est vrai, que Navarre (Azpulcueta, dit Navarre, parce qu'il était de Navarre, doctor Navarrus) sl soutenu cette opinion, et l'appuie sur les lois et les canons. Et il ajoute : c Voyez-les au chapitre 15 de sa Somme, et vous serez surpris du nombre. » Avant d'y aller voir, j'étais convaincu d'avance que cela n'était pas vrai, puisque la Response ne cite pas elle-même un seul de ces textes qu'elle prétend cités par Navarre. Mais enfin je me suis reporté à ce qu'elle appelle la Somme de Navarre; le véritable titre est : Enchiridium seu manuale confessorum etpamitentium^ et j'ai vérifié par moi-même cinq textes de lois qui y sont cités. J'ai reconnu que pas un de ces textes ne se rapporte & la question. Ce sont dans le Digeste les lois 15 Ad lege/n aquil. — 1 De vi, n, Yl ^ b Ad legem oquiL^Z De justdia et jure; et dans le Code, 1 Unde vi. — L'assertion de Pascal reste donc inattaquable.

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