‹ Quatre années en Parlement [microforme]Chapitre 3 sur 21 · SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE

Immédiatement après mon élection, les dificultés sérieuses dans lesquelles se trouvait la Société d'Agriculture d'ffomté me furent soumises. Les documents nécessaires pour obtenir l'octroi du gouvernement n'avaient pas été préparés depuis deux ans, et dans ces circonstances la Chambre d'Agriculture refusait l’octroi pour l'exposition de 1863. Dès le mois d'août, je commengçai une série de démarches trop longues à détailler ici, mais dont le résultat fat un rapport favorable de la Chambre d'Agriculture au gouvernement ‘et enfin le paiement par le gouvernement, six mois après, non seulement de l'octroi.de 1864, mais encore des arrérages de 1863, formant en tout une somme de $1600.

‘La Société du Comté, reconnaissant les difficultés considérables qui s'étaient opposées à ce résultat, était unanime à reconnaître les services que je lui avais rendus. Voici la résolution passée par la Société :—“ À une assemblée du Bureau des Directeurs de la & Société d'Agriculture du Comté de Richelieu, tenue à Ste. Vic- 4 toire, le 16 juin 1864, il a été résolu à l'unanimité que des

4 remerciments soient votés à Joseph Perrault, M.P.P., pour le & zèle et l’activité qu’il a déployés en faveur de la Société du 4 Comté pour la retirer de l'embarras dans lequel le bureau précé- “ dent l'avait jeté, en négligeant de faire les procédés voulus par “la loi auprès de la Chambre d'Agriculture du Bas-Canada. 4 Que le Bureau des Directeurs est unanime à déclarer que sans & l'activité de leur membre ils auraient souffert une perte assez # considérable pour rendre sa position très-critique et la mettre # dans l'impossibilité de pouvoir donner une exposition cette # année.”

HôprraAz GHÉNERAL DU DisTRIOT DE RICHELIEU.

En me présentant comme candidat aux suffrages des électeurs du Comté, j'avais insisté sur l'injustice faite à notre population rurale, dont les Hôpitaux ne recevaient pas un cent des argents votés annuellement pour les Maisons de Charité. Des demandes avaient été faites, mais sans résultat, par le révérend M. Millier, le zélé fondateur de l'Hôpital Général du District de Richelieu. Cette institution était entièrement à charge à la localité, et faute de moyens suffisants, les bonnes Sœurs voyaient avec chagrin le cercle de leurs bonnes œuvres se rétrécir toujours, forcées qu'elles étaient de fermeffleur porte aux orphelins et aux vieillards demandant de nouvelles admissions, rendues impossibles avec les obligations déjà existantes. Aussi notre détermination était-elle bien arrêtée d'obtenir de la Législature un octroi annuel et lorsque le budjet fut soumis au parlement, une somme de $320 était portée pour venir en aide à l'Hôpital Général du District de Richelieu. Il fut alors proposé en amendement par M. Ferguson, un des chefs orangistes, secondé par M. Dunkin, protestant : —" &u’il est 4 inexpédient d'augmenter le nombre des institutions placées sur # l’ancienne liste et de faire aucun nouvel octroi.” Cet amendement, dont le but était de retrancher du budijet l'allocation de $320 proposée pour l'Hôpital de Sorel, fut appuyé, le croirait-on, par MM. Cartier, Cauchon, Dufresne de Montcalm, Langevin, McGee, tous les amis politiques de MM. Guévremont, Gélinas et MeCarty. Ces piliers du patriotisme et de la religion votaient {pour renverser le gouvernement plutôt que de donner un cent à l'Hôpital Général

du District de Richelieu ! ! ! Heureusement qu'ils n’ont pas réussi et qu'après huit'heurcs de discussion, l'allocation a été votée, et l'Hôpital reçoit encore aujourd’hui les 8320 par années que j'ai pu seul lui obtenir après tant de difficultés presqu'invinoibles.

LE Couvenz DE SOREL.

Cette institution, chargée de l'éducation supérieure de la presque totalité des jeunes filles du comté, avait en 1863 cent pensionnaires et quart de pension, et 300 externes. “ L'exiguité du local,” m'écrivait madame la Supérieure, ‘ nous force d’en refuser un certain “ nombre. Nous avions espéré pouvoir agrandir la bâtisse, mais la « modicité de nos ressources nous empêche de réaliser ce projet. “ Nous donnons gratuitement la pension et l'éducation à un certain “ nombre d'élèves pauvres. Nous aurions à cœur de donner de «« plus amples développements à notre institution, si le gouverne- & ment pouvait nous favoriser d’un octroi plus efficace. J ai l’es- « poir que vous voudrez bien user de votre influence pour nous « mettre en état de réaliser ce projet philantropique.”

Le couvent de Sorel reçoit non-seulement des élèves de la ville et de la paroisse, mais encore de St. Robert, Ste. Victoire, St. Ours et St. Roch. C’est en quelque sorte le couvent du comté, car le couvent de St. Aimé ne recoit que les élèves de l'intérieur. J'insistai donc de suite auprès du gouvernement et obtins une augmentation de $120 par année, c’est-à-dire de cinquante pour cent qui fut payée de suite pour l’année 1863, et qui a été continuée jusqu'à aujourd'hui. A cette époque je reçus la lettre qui suit :

CoxerfgaTion Norre Dame, Sorez, 26 Mars 1867.

J. PerrAuLT, M.P.P.

Monsœur,—J'ai l'honneur de vous féliciter de l'heureux résultat de vos charitables démarches en faveur de notre établissement et en mème temps de vous offrir l’expression de notre sincère gratitude pour les intérêts que vous portez à l'éducation des jeunes filles confiées à nos soins. Si c'est pour vous une grande satisfaction de contribuer par vos nobles efforts au bien que nous sommes appelées à faire dans cette importante localité, c'est en mème temps pour nous un juste devoir dinterprêter les sentiments de reconnaissance des nombreux enfants.

qui éprouvent les effets de votre bienveillante sollicitude. Daignez agréer le sentiment de profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, SŒUR SAINTE DOSITHÉE.

Cette lettre, à elle seule, me dédommage amplement de toutes les démarches que j'ai pu faire pour arriver à un aussi beau résultat, et de tous les mensonges éhontés de ceux qui s’arrogent le mérite de cette bonne action qui me revient tnut entier.

Le CoLLéGe DE SOREL,

Le collége de Sorel occupe absolument la même position dans le comté que le couvent, en ce qu’il reçoit des élèves de St. Robert, Ste. Victoire, St. Ours cet St. Roch, outre ceux de la paroisse et de la ville de Sorel. Leur nombre était, en 1863, de 325 pour le cours supérieur. En outre l'éducation élémentaire était donnée à tous les enfants de la ville qui voulaient en profiter. A ce sujet M. Précourt, le zélé secrétaire des commissaires d'écoles de la ville de Sorel, m'écrivait au mois de février 1864: ‘Je suis chargé de “ vous dire que les Commissaires vous sont on ne peut plus recon- & naissants de l'intérêt que vous voulez bien manifester envers le collége de Sorel, en essayant de lui venir en aide d’une manière “ pécuniaire” M. Précourt me donnait ensuite les renseignements demandés, l'état de gène duns lequel se trouvait la municipalité scolaire, vu l'octroi insuffisant du gouvernement, etterminait ainsi sa lettre: “ Si donc, comme je l'espère, vous réussissez à obtenir “un aide extra du gouvernement, vous aurez rendu à Sorel et à “ J'Education en général, un service que les citoyens de cette ville 4 ne devront jamais oublier.’

Mes démarches ne furent pas sans résultat, et en fesant valoir auprès du gouvernement les intérêts que j'avais l'honneur de représenter, j'obtins pour le collége de Sorel une augmentation annuelle de 880 ou de 25 pour cent qui fut payée de suite pour 1863 et qui l’est encore aujourd’hui. Le ler Avril 1864 je recevais la lettre qui suit:

Sorer, 31 Mars 1864.

J. Penraucr, M.P.P.

Monsieur,—Je suis chargé par Messieurs les commissaires d'Ecole de Sorel de vous dire qu'ils ont été {heureux de voir vos efforts couronnés

de succès, et ils espèrent que vous voudrez bien agréer leurs meilleurs remerciments et ceux du public dont ils sont les représentants pour l'intérêt que vous voulez bien prendre au soutien et au progrès de nos maisons d'éducation, et pour ma part, j'ai tout lieu de croire que les citoyens de cette ville sauront en temps et lieu vous prouver qu'ils peuvent reconnaître et apprécier les mérites et les services de leurs représentants.

J'ai l'honneur d'être, etc., etc,

J. B. L. PRECOURT, Sec.- Trés,

Cette lettre ne m'est pas moins précieuse que la première; car elle est l'expression ferme et indépendante des hommes les mieux qualifiés à juger de la haute valeur d’un service rendu dans des circonstances reconnues extrêmement difficiles,

Page 1