‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 16 sur 163 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

(Senta veut s'en aller avec les autres; Erik la retient.) ERIK.

Reste, Senta ! reste un instant seulement! tire-moi de mon supplice! ou bien, si tu le veux, achève de me faire mourir.

SENTA, hésitant.

Qu'est-ce?... Que faut-il?...

ERIK

Oh t dis-moi, Senta, que vais-je devenir? Ton père arrive : avant qu'il reparte, il accomplira ce que bien des fois il a voulu...

SENTA

Que veux-tu dire?

ERIK

Il te donnera un époux... Mon cœur, fidèle jusqu'à la mort, le peu que je possède, ma chance de chasseur, est-ce assez pour que je puisse solliciter ta main ? Ton père ne me repoussera-t-il pas? Si mon cœur, hélas! éclate de douleur, alors, dismoi, Senta, qui parlera pour moi?

SE^TA. m

Tais-toi , Erik , en ce moment ! Laisse moi sortir pour saluer mon père ! S'il ne voyait pas, comme toujours, sa fille venir à bord, son cœur ne serait-il pas courroucé?

ERIK

Tu me fuis?

SENTA

Je dois me rendre à bord.

ERIK

Tu veux m'échapper !

SENTA

Je t'en prie, laisse- moi partir.

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