‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 66 sur 163 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

WOLFRAM

Charme d'enfer, disparais, disparais I N'égare pas le cœur d'un mortel pur!

\ VÉNUS

Puisque tu reparais sur mon seuil, que ta présomption te soit pardonnée; la source des plaisirs coule à jamais pour toi, et tu ne me quitteras plus de l'éternité.

TANNILEUSER.

C'en est fait, c'en est fait de mon salut; à moi maintenant les joies de l'enfer.

WOLFRAM, le retenant avec force.

Tout-Puissant, assiste ton serviteur! Henri, un seul mat! il va t'affranchir, ton salut!

VÉNUS

.Viens à moi!

TANNKLEUSER, à Wolfram.

Laisse-moi aller!

VÉNUS

Oh! viens! sois à moi maintenant pour toujours!

WOLFRAM

Henri, ô pécheur, tu peux encore attendre le salut !

TANNH^USER.

Jamais, Wolfra.m, jamais! il faut la suivre!

WOLFRAM

Un ange a prié pour toi sur la terre, bientôt il va planer audessus de toi en te bénissant, Elisabeth !

170 TANNELEUSER

(Tannhœuscr-, qui vient de s'arracher aux mains de Wolfram, reste comme frappé de la foudre et paralysé, à la même place.)

CHANT D'HOMMES, venant du fond.

Paix et salut à Târne qui vient de fuir le corps de la pieuse martyre.

WOLFRAM, aussitôt que le chant s'est fait entendre.

Ton ange prie pour toi au pied du trône de Dieu, il est exaucé! Henri, tu es sauvé!

VÉNUS

Malheur! perdu pour moi!

(Elle disparaît, et avec elle toute la scène enchantée. La vallée reparaît, illuminée par les rayons de l'aurore; de la Wartburg, un cortège accompagne un cercueil ouvert.)

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