‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 195 sur 396 · Expédit. scientijîq. de Morée, i83i, t. I, p · texte numérisé non relu

Expédit. scientijîq. de Morée, i83i, t. I, p

qu'ils s'empressent de lui emprunter. Séduit par un système qui a cet avantage de distribuer la lumière également et harmonieusement, il l'applique en 1791 au Panthéon français, ferme les croisées latérales, les deux portes latérales du péristyle, et ne laisse tomber la lumière que des hautes verrières et du dôme.

En 18 18, il rapporte du British Muséum, où il a vu les marbres du Parthénon presque sub Jove, cette idée arrêtée que les Musées, qui rempUssent aujourd'hui l'office des temples antiques, doivent être éclairés par en haut. Les traits de lumière biaises ne paraissent ni naturels ni rationnels à ce néo-antique, qui admire par-dessus tout la composition unitaire autour d'un centre ' .

Non content d'étudier Farchitecture antique, il la recrée. Comme Caylus, dont il essaie d'ailleurs de ruiner les travaux, il interprète les textes anciens par le crayon ^ affrontant le grief qu'il exprime tant de fois contre le xvm'' siècle : confondre le rôle de la plume et celui de la pointe ou du pinceau. C'est pourtant transposer une description dans la plastique, véritable métaphore, que tous ces philologues, Caylus, Winckelmann, Heyne. . . prennent à la lettre. Mais les restitutions de Quatremère sont mieux que de la philologie ou de l'exégèse : son génie intuitif a souvent anticipé sur les découvertes ultérieures.

La restitution du char funéraire d'Alexandre ^ d'après Diodore de Sicile est une critique de celle de Caylus. Sur un carpentum funéraire dont les médailles lui offrent le modèle, il restitue, avec un souci curieux d'orientalisme, la frise des triomphes d'Alexandre, quatre ans avant que Tliorwaldsen ne sculpte sa frise de l'entrée à Babylone. Préoccupé de

1. Après le temple, c'est la basilique qui le satisfait le plus. Il loue l'adaptation du plan basilical à Saint-Philippe du Roule, par Chalgrin, avec charpente, colonnes ioniques, et abside où est place le maître-autel « comme autrefois le tribunal » (^Notice sur Ghalgrin).

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