‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 29 sur 396 · Description de Paris, p · texte numérisé non relu

Description de Paris, p

LES TRAVAUX d'aRT ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS 25

démolition, en 1787, de l'église, du presbytère et des maisons voisines de la fontaine, qui se trouve désormais isolée\ Inquiet pour celle-ci, il écrit le 3i janvier 1787 au Journal de Paris^ une lettre assez pressante, ou il approuve la démolition du vieux quartier, mais plaide pour l'intégrité du petit temple (( consacré Fontium nymphis » et qui est (( égal aux plus rares chef-d'œuvre de l'antique». Qu'on se garde de la (( démembrer », delà « dépecer », comme le fait craindre le bruit public ! Si on ne la laisse pas en place, qu'on la (( transporte en entier » ; l'architecture et la sculpture y forment une indissociable harmonie. Quatremère qui rapporte d'Italie le souci passionné de l'harmonie entre les parties d'un même édifice, structure et décoration, et de l'harmonie plus large entre cet ensemble et le tout qui l'encadre, défend l'unité de la fontaine par de fins aperçus : si on sépare les nymphes du monument, « on verra leur légèreté se changer en longueur, leur délicatesse en maigreur, leur finesse en sécheresse, leur élégance peut-être en manière ^ » C'est que la sculpture de bas-relief ne soufi*re pas de déplacement ; et du reste celles-ci ont été dessinées pour la place qu'elles occupent, « en ayant égard aux objets environnants. » Et la lettre finissait par un appel à la vénération publique pour nos vieux monuments.

Une note des rédacteurs déclare qu'ils l'ont choisie comme la plus intéressante de celles qui leur sont parvenues sur le même sujet, qui passionna Paris, et rassure à la fois Quatremère et l'opinion : la fontaine, déplacée ou non, ne sera pas démembrée. Quatremère satisfait déclare que sa (( réclama-

1. Rappelons qu'elle avait deux faces sur la rue aux Fers, une sur la rue Saint-Denis. — Pour la bibliographie générale, voir Vlnventaire général des richesses d'art de la France, t. I ; Vlnventaire des œuvres d'art appartenant à la ville de Paris, t. I; voir aussi la communication de M. H. Lcmonnicr à la Société de l'Histoire de l'Art français (Bulletin, 1907, p. 38-42), si riche de précisions. Pour l'iconographie, voir Bibliothèque Nationale, Est., Topographie, et Collection Destailleurs, t. IV ; le musée Carnavalet, les recueils de Durand (1800), de Landon (1808), de Fontaine (iSog-iSiS), de Moisy et Duval (i8i3), etc.

Page 1