‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 353 sur 396 · Annales Encyclop , 1818, t. I, p. 33i · texte numérisé non relu

Annales Encyclop , 1818, t. I, p. 33i

et c'est en voyant chez G. Giraud le moulage du Thésée ou de rilyssus que Quatremère, qui hésitait sur le voyage, fut décidé \ Les deux Giraud furent certainement ravis des remarques audacieuses, bien plus audacieuses que celles de Visconti, exprimée parle secrétaire perpétuel dans ses Lettres à Canova sur le naturalisme si pur et si noble des bas-reliefs des frontons \ Mais Emeric David maugréait contre cet « enthousiasme subit..., tranchant et absolu », qui mettait le Thésée au-dessus de l'Apollon, du Laocoon et du Torse, les dieux de son Art Statuaire, auxquels il reste fidèle ^ Phidias, à ses yeux, a été surpassé par ses successeurs, qui ont « épuré les contours » et (( apporté une correction plus achevée » . Les deux Giraud et Quatremère ont donc marché de pair dans l'apologie de l'art attique du v* siècle. Seulement, les Giraud atteignent dans leurs œuvres modelées ou sculptées à une franchise de naturalisme qui dut éveiller les scrupules esthétiques de l'académicien.

Sous la Restauration, un des sculpteurs les plus dociles a Quatremère fut Lemot, élève de Julien et de Dejoux, et si bien en cour sous Louis XVIIL Ils collaborent à la Commission des médailles et pour le Henri IV du Pont-Neuf. Quatremère, avant de lui consacrer à sa mort une de ses notices les plus élogieuses (1828), lui avait allègrement sacrifié ses doctrines sur le paysage italien. Deux fois^ en effet il a vanté le paysage français et l'a proposé aux artistes : c'est en faveur de Lemot, qui avait acheté en 1807 le château de Glisson, près de Nantes, et écrit sur la ruine et le site des pages (( romantiques » comme eux. Il savait que déjà au temps de

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