‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 36 sur 396 · Id., i3 frimaire an VI · texte numérisé non relu

Id., i3 frimaire an VI

^. Ils font aussi observer que le commerce « des objets de luxe, du goût et de nouveautés, dont le Palais Egalité est le point central », serait atteint, et que « la surveillance des mœurs serait moins facile » .

5. Description de Paris ; à cette époque, et depuis 1807,1e Palais Royal était réuni au domaine extraordinaire de la couronne; Quatremère mentionne le projet d'y installer la Bourse et le Tribunal de commerce.

LES TRAVAUX DART ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS S'd

lation pécuniaire du duc dOrléans ont donné à un projet grandiose une exécution mesquine.

IV. — Mais, de toutes ses interventions dans cette période, la plus active (1791-1794) eut pour objet la nouvelle Eglise Sainte-Geneviève, dont le décret delà Constituante, du 4 avril 1791, ordonna la transformation en Panthéon français. On sait que le 19 juillet, sur la proposition de Pastoret et (( après avoir entendu le rapport qui lui a été fait par M. Quatremère de Quincy, au nom des commissaires de l'Instruction publique, sur l'état actuel du monument dit de Sainte-Geneviève )), le Directoire de la Commune le nomme commissaire de l'administration et direction générale des travaux ^ On a bien rappelé cet arrêté, ces fonctions, et décrit les travaux exécutés ^ mais on n'a pas précisé, nous semble-t-il, l'importance des initiatives prises par Quatremère, ni analysé l'esthétique qu'il impose aux sculpteurs et qui se perpétuera bien après 18 15. Les quatre rapports qu'il adresse au Directoire du département, et surtout les documents d'archives \ permettent d'établir son rôle, qui fut prépondérant, et de déterminer son action, qui fut profonde, sur la sculpture monumentale. Les travaux du Panthéon sont la plus grande entreprise de la Révolution, et c'est lui qui en a conduit l'ensemble et beaucoup de détails ; sur ces chantiers s'est élaborée définitivement la formule de l'art officiel qui a régné de 1791 jusqu'à la révélation des marbres du Parthénon, et c'est lui qui l'a arrêtée.

Il commence par choisir les artistes ; dans la disette des commandes, un grand nombre, soit pour l'ornement, soit

1. Extrait des délibérations du directoire de la Commune (Bibliothèque de l'Institut, papiers personnels de Quatremère) ; et sa lettre à Soulïlot, 20 j uillet 1 79 1 .

2. J. Lebreton, Rapport à l'Empereur, 1808, p. 176 sq, ; Rondelet, Mémoire historique sur le dôme du Panthéon français, Paris, an V ; Inventaire des richesses d'art, Paris, Monuments civils, t, II j Ouin-Lacroix, Histoire de V église Sainte- Geneviève, i852 ; De Ghennevières, Gazette des Beaux-Arts, 1880 et 1881 ; H. Jouin, op. cit., p. 16-19.

3. Archiv. Nat., F^^, 325", 333», 1935, et O' 1701, 1702. Presque toutes ces pièces sont signalées dans le Répertoire de M. Tuetcy.

34 l'intervention dans les œuvres

pour la statuaire, sollicitent une part aux travaux. Il refuse Deseine, bien que Bailly le recommande \ accueille ses amis, comme Suzanne qu'il a connu en Italie avec David, ou ceux dont il prise particulièrement le talent comme Cartellier ^ et Dejoux. Gomme il a, dit Lebreton, « le sentiment et même la connaissance positive de l'art statuaire», il sait (( la portée de chaque artiste, et, considérant les choses plus que les individus, applique les hommes les plus habiles aux sujets les plus importants et chaque talent selon son genre ^ ». Aussi choisit-il pour la sculpture du grand fronton Moitte, que désignaient ses beaux dessins de frises. La Commune des Arts et la Société ou Point central des Arts et métiers protestent devant l'Assemblée contre l'attribution arbitraire de ce fronton (( à l'artiste qu'il lui a plu de choisir », et demandent le concours ; Quatremère député intercepte la pétition, laisse crier, et maintient son choix \ « Vous êtes, lui écrit l'ornemaniste Desar, le seul maître en cette affaire, le département ne pouvant voir que par vos yeux , ni prendre

d'autres arrêtés que ceux que vous lui dictez ^ »

Il choisit les sujets ; après avoir supprimé presque toute l'ancienne sculpture, il « arrête tant dans l'ensemble que dans les détails » le vaste système de la nouvelle. Le rapport de juillet 1791 , antérieur à sa nomination et destiné à l'obtenir, est le projet même, la conception originale et intégrale proposée au Directoire, acceptée, et en partie réalisée ^ Les trois autres rapports, et sa correspondance avec Rondelet et Soufïlot\ exposent par le menu les motifs que son esprit

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