Quatrième conventum des Rhétoriciens du Séminaire de Québec, 1875-1876 [microforme]
Revoir le pays natal, contempler les paysages et les endroits où l’enfance et l’adolescence se sont passées, c’est un des rares plaisirs du vieillard dont la tête se couronne de cheveux blancs et dont les souvenirs se reportent au delà du demi-siècle écoulé. La maison paternelle, les sentiers qui y conduisent, les bosquets qui l’avoisinent,— la vue de tout cela ramène l’homme chargé d’années au temps heureux de son insouciante enfance. Le contact de ces endroits aimés entre tous ramène une jeunesse qui, hélas ! ne peut durer ; c’est comme une fontaine de jouvence où pour un instant le vieillard retrouve les joies de ses premières années.
C’est un sentiment analogue qui fait le charme des réunions de confrères de classe et d’études. Les compagnons de classe, un peu par nécessité, un peu
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par goût, deviennent comme membres d’une nouvelle famille qui se substitue pour une bonne part aux affections de la maison paternelle ; et le siège par excellence de cette seconde famille, c’est le collège ou le séminaire où elle a pris naissance. Seretrouver pour quelques heures au lieu béni qui a servi de berceau à son intelligence, saluer les chers amis d'autrefois, s’asseoir à une table commune, rappeler les incidents de la vie d’écolier, prier pour les disparus, jeter un coup d’œil rapide sur les paysages et les lieux qui provoquent un souvenir ému — c’est le bilan de tout conventum.
Le nôtre — le quatrième — devait avoir lieu en 1918. Nous l’avions décrété en 1910. Mais nous comptions sans la “ Grande Guerre”. Il fallut attendre, et ce n’est guère que deux ans plus tard que la réunion fut jugée possible. Déterminer le jour d’un “ conventum ” et en fixer le lieu, ce n’est pas une chose aussi facile que le vulgaire pourrait le croire, Notre zélé président, Mgr Gagnon, et notre dévoué secrétaire en savent quelque chose. Bref, après bien des pourparlers, la date du ler au 2 septembre fut choisie comme la plus commode, et, quant au lieu, c’est le Petit-Cap de St-Joachim qui