‹ Quatrièmes mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 10 sur 79 · Simon de Yermandois, le frère de Raoul de Yermandois · texte numérisé non relu

Simon de Yermandois, le frère de Raoul de Yermandois

2. Geoffroi, qui était archevêque de Rouen depuis 1110, mourut le 25 ou le 28 novembre 1128 [Gall. Chr. et Mab., loc. cit'].

Joscelin, évêque de Soissons, et Geoffroi, évêque de Chartres, assistèrent à ce concile auquel ils étaient venus vraisemblablement pour accompagner le légat du pape dans son voyage. Avec eux vinrent à Rouen tous les évêques de Neustrie, convoqués par Mathieu, sur l’ordre de Henri, roi d’Angleterre, afin d’entendre lecture de canons disciplinaires.

Sources : HF., XII, 746. — Mab., Ann. ben., VI, p. 160. — Gall. Chr., IX, 357 ; XI, 42. — Mansi, XXI, 375 (ex Orderic Vital, lib. i 3 ).

1128. — Le Charme.

Le chevalier Adam de la Croix avait donné à un prêtre du nom de Gérard, le lieu dit le Charme avec le territoire qu’il y possédait. A la mort de ce prêtre, Adam demanda à un autre prêtre, Eude, de venir s’y établir pour y mener la vie religieuse. Quelques religieux s’y établirent en même temps que Eude. A leur demande, l’évêque Joscelin se transporta au Charme ; il bénit l’emplacement sur lequel allaient s’élever les batiments claustraux : en sa présence, Adam de la Croix renouvela l’abandon complet qu’il faisait de ses possessions du Charme.

Ed.y De la Mainferme, Clyp. nasc. ord. Fontebrald. ( 1688), II, p. 84 . (D'après un cartulaire de Sainte-Marie du Charme.) — L’acte n'est point daté ; Hébert [mss. pour servir à Vhist. de Château-Thierry'], place en 1128 la fondation du Charme. — [Cf. 1137. Dédicace de Sainte-Marie, n° LXXXVI.]

Durant l’été de l’année 1128, une peste qui sévissait à Paris et que les chroniqueurs du temps appellent « mal des ardents », éclate à Soissons. Le mal s’attaqua d’abord aux animaux ; mais il n’épargna pas longtemps les hommes. Hugue Farsit, moine de Saint-Jean-des-Vignes, a fait une effrayante description de ses

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ravages. Le moine anonyme de Saint-Médard affirme qu’en un seul jour il mourut à Soissons jusque trois cents personnes.

D’ailleurs, le mal des ardents prit une extension considérable dans l’Ile de France : Gautier de Coincy, dans deux de ses poèmes sur les Miracles de Notre-Dame, met en scène deux malades du dehors : un porcher de la ferme de Vaux, hameau de Fontenoy, village du canton actuel de Vic-sur-Aisne, et une femme d’Audignicourt, village des environs de Concy-le-Château.

On peut lire dans Hugue Farsit ou dans le Livre des Miracles Notre-Dame, avec quelle pieuse et enfantine confiance, les malades eurent recours au soulier miraculeux de la sainte Vierge, conservé alors dans le trésor de l’abbaye de Notre-Dame de Soissons.

La maladie atteignit son paroxysme en septembre. C’est Hugue Farsit qui nous l’apprend. Mais le saint Soulier accomplit de nombreux prodiges. L’évêque Joscelin ordonna que tous les Ardents guéris viendraient pendant neuf jours consécutifs, en signe de reconnaissance, baiser le saint Soulier pendant la procession qui se faisait tous les matins dans l’église de l’abbaye.

Vers le mois d’octobre, il y eut dans l’abbaye une procession solennelle que présida Joscelin. L’évêque y prêcha. L’émotion produite par son discours fut immense : à un moment, un puissant cri de grâce s’éleva de l’assemblée; et aussitôt « on vit la puissante Reine venir au secours de ceux qui l’imploraient, traînant après elle les phalanges célestes » [Hugue Farsit ]. En ce moment, aussi, un immense bruit et un tremblement de terre ; en même temps, sans qu’aucun accident ne se soit produit, un grand nombre de guérisons. On se rappela que « la veille, des Ardents avaient vu comme des clartés célestes entrer par les fenêtres dans l’église de Notre-Dame, et pendant la nuit un épais brouillard qui enveloppait l’édifice avait été dissipé par des étoiles d’une grandeur prodigieuse ».

Cette apparition avait eu lieu le 6 octobre. Dès lors, le fléau alla en diminuant; les miracles furent toujours innombrables, chaque matin, au moment où l’abbesse Mathilde de la Fertésous-Jouarre faisait le signe de la croix sur les Ardents avec la relique.

L’évêque Joscelin institua alors à Soissons, pour célébrer la mémoire de ces prodiges, une fête annuelle sous le titre de « La déclaration des miracles de la sainte Vierge ».

En dépit des miracles opérés par le saint Soulier, les victimes qui succombèrent au mal furent nombreuses. Ce n’est point à

dire qu’il faille accepter les exagérations de poète de Gautier de Coincy :

«... En ceste ville

Où ardans as estoient X mille. »

Sources : Chronique du Moine anonyme de Saint-Médard, dans les Bollandistes, II, mars, p. 749. — Ilugue Farsit, De Miraculis b. Mariæ ... dans Preuves de VH re de N.-D . de Soissons (de D. Germain), p. 481 et seq., et HF. } XIV, p. 234 - — Gautier de Coincy : Les Miracles de N.-Dame, dont le plus beau manuscrit (xm e s.) est conservé à la bibliothèque du Grand Sém. de Soissons. Édité par l'abbé Poquet, Paris, 1875. — Fleury (Edouard), La Peste dans les diocèses de Laon et de Soissons (Laon). — Pécheur, Ann . dioc. Soiss II, p. 293.

1129. — 2 mars. — Soissons.

Joscelin, évêque de Soissons, confirme à Téoul, àbbé de Saint- Crépin-le-Grand, quelques biens qu’avait donnés à l’abbaye son prédécesseur, Lisiard de Crépy, et que Raoul, archevêque de Reims, lui avait confirmés au moment de la donation, à savoir les autels de Clamecy, de Celles, de La Colombe, de Vailly^de Saint- Germain.

En outre, avec le consentement de l’archidiacre Eble, Joscelin donne à l’abbaye l’autel de Billy-sur-Ourcq.

Ont souscrit: le prévôt Ancoul, le doyen Rohard, les archidiacres Nivelon, Eble, Thibaud, Adélard, le « maître des écoles » Geoffroi, le chantre Barthélemi.

Soissons, 1129, Indiction 7, 3 e année de l’épiscopat de Joscelin. Vl° nonas martii.

Cop ., Archives de Laon, Cartul. moderne de Saint-Crépin, H., 455 .

— Dom Hélie, Hist. de l’abbaye de Saint-Crépin le G d (manuscrit).

Copie de la bibliothèque municip. de Soissons, p. 525 ; VIT 0 nonas

par erreur évidente. — Ind. Gall. Chr. y IX, 397.

1. C’est à cette époque que les habitants de Vailly, unis à ceux de Condé, de Ghavonne, de Celles-sur-Aisne, de Pargny et de Filain, obtiennent une commune calquée sur celle de Soissons.

Téoul voulait peut-être se mettre en garde contre les entreprises des « communiers ».

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