XXVI
n 3 o. — 4 novembre.
Par une bulle datée de Roanne et adressée à Dreu, premier abbé de Saint-Jean-de-Laon, le pape Innocent II confirme ce qui a été fait au concile d’Arras et au synode de Reims (1128), au sujet de l’expulsion des religieuses de Saint-Jean, par Renaud, archevêque de Reims, Barthélemi, évêque de Laon, sur le conseil de Joscelin, évêque de Soissons et de quelques autres prélats ; de l’assentiment du roi Louis VI.
Éd., Luc d’Achery, op. Guib., p. 827. — Gall. Chr., X, instr., 193. — Mansi, XXI, p. 374. — Jaffé-Lœw, n° 7428. — De Florival, op. cil., p. 253 .
n 3 o. — Igny.
La dédicace de l’église d’Igny célébrée par Renaud, archevêque de Reims, réunit au monastère un grand nombre d’évêques, parmi lesquels l’évêque Joscelin, d’abbés, parmi lesquels saint Ber-
nard, de seigneurs laïques, notamment André de Baudiment, seigneur de Braine.
La charte que nous analysons au numéro suivant et qui a été donnée à l’occasion de cette dédicace, nous fait connaître une partie des princes ecclésiastiques qui accompagnèrent l’archevêque Renaud.
Sources : Manrique, Annal. Cisterc., I, ad art. 1127, c. vi, n° 2. — Péchenard, Hist. d’Igny, p. 22.
n 3 o.—Reims.
En la présence de Joscelin, évêque de Soissons, de Ursion, évêque élu de Verdun 1 ; de saint Bernard, abbé de Clairvaux ; des abbés de Saint-Remi, de Haut-Villers, de Saint-Thierry, de Saint-Nicaise, de Saint-Denis de Reims, de Saint-Martin d’Épernay, de l’archidiacre Hugue et des dignitaires de son chapitre, l’archevêque Renaud confirme la fondation du monastère d’Igny 2 .
Reims, n 3 o, Indiction 8 , 24 e année du règne de Louis VI (inexact), 5 e année de l’épiscopat de Renaud (inexact : sans doute 6 e ).
Éd. } Gall. Chr., X, 39 ; — Marlot, Hist. eccl. Rem. prov., II, p. 3 o 3 ;
— Duchesne, Hist. de Chàtillon, ad prob., p. 24. .
ii 3 o. —Compiègne.
Sur la demande du roi Louis VI ; de la reine Adélaïde ; du comte de Champagne, Thibaud IV ; de Joscelin, évêque de Soissons ; de Geoffroy, évêque de Chartres; de Guérin, évêque d’Amiens, et de saint Bernard, abbé de Clairvaux ; le doyen Geof-
1. Le synode de Châlons célébré le 2 février 1129 avait déposé l’évêque de Verdun, Henri, accusé par ses chanoines d’avoir dilapidé les biens de son évêché.
[ Mansi , XXI, 377.]
2. Une charte de fondation de ce monastère — fondation à laquelle André de Baudiment, seigneur de Braine, a généreusement contribué, ainsi qu’on le verra, n° CGXXI — avait été donnée par Renaud, la 3 e année de son pontificat, la 19 e du règne de Louis VI, après octobre 1126. Gall. Chr X, 38 .
22 MÉLANGES d’hISTOIRE DU MOYEN AGE
froi, le chantre Jean et tout le chapitre de l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne 1 donnent le lieu dit Trois-Fontaines, dans la forêt de Luiz, à Gui, abbé de Trois-Fontaines et à ses moines, moyennant un cens annuel de six sous, monnaie de Châlons.
L’acte a été souscrit par les évêques Joscelin, Geoffroy et Guérin ; saint Bernard ; le? doyen Geoffroi, le chantre Jean, les prévôts Haimon et Eude ; Renaud, abbé de Saint-Barthélemi, Thierri, abbé de Saint-$loi de Noyon.
Fait en chapitre public.
Cop., Bibl. Nat., coll. Grenier, a 35 , f° 8 (d’après les archives de Saint-Corneille). = Ed. y Gall. Chr. y X, instr., 169 (d’après les archives de Troisfontaines) 2 . — Luchaire, Louis VI, n° 463 . — Morel, Cartul. de S l -Corn, n° 5 o.
Vers n 3 o. — Meaux?
En présence de Joscelin, évêque de Soissons, et de Etienne, évêque de Paris, jugement est rendu contre Hugue et Eude qui réclamaient à titre d’héritage le privilège de la frappe de la monnaie pour l’évêché de Meaux, leur père en ayant eu la charge. Comme la frappe était à Meaux de droit épiscopal, l’évêque Bouchard les avait cités devant son tribunal. Les deux hommes ayant refusé d’accepter la sentence furent excommuniés. Thibaud, comte de Blois, amena les parties à un compromis en vertu duquel Hugue et Eude purent jouir du droit de frappe leur vie durant.
Cop., Bibl. N le , Latin, 5 5 a 8 , Cartul. de l’évêché de Meaux, f° 2, verso.
La copie ne donne pas d’indications chronologiques ; elle n’a pas transcrit les noms des témoins. = Ed ., Martène, Ampl. Coll., 1 , p. 696 (d'après le Cartul. de l’évêché de Meaux).
L’acte étant dépourvu de notes chronologiques, Martène le rapporte
1. Le chapitre de Saint-Corneille faisait partie du diocèse de Soissons; comme la plupart des abbayes et chapitres d’alors, il était exempt.
2. L’acte édité par le Gallia n’est pas l’acte même du doyen Geoffroi. C’en est une copie que Geoffroi. évêque de Châlons, insère textuellement en n 36 dans une charte de confirmation des donations faites au monastère de Trois-Fontaines qui était précisément du diocèse de Châlons.
à l’année n 3 o; le Gallia à l’année n 33 ( Gall. Chr., VIII, 1611). D’ailleurs l’évêque Bouchard mourut le 4 janvier n 34 , à Saint-Victor de Paris.
ii3i. — Pendant le Carême. — Clairvaux. = et 5 mars. —
Longpont.
Joscelin, évêque de Soissons, se rend a Clairvaux auprès de saint Bernard. Il demande au saint abbé quelques moines afin de fonder une abbaye à Longpont.
Saint Bernard accède à sa demande et accompagne Pévêque jusqu'à Soissons, puis à Longpont au milieu du carême, le 5 mars, et y installe ses religieux.
Cf., Muldrac, Chronicon abbatiæ Longipontis (i 652 ), p. 2.
[La charte de confirmation, donnée au monastère en ii 32 , rappelle ce fait. — Cf. n° XLVII.] — Vacandard, Vie de saint Bernard , I, p. 4oo.
i i 3 i. — 3 o août.
Malgré les réclamations de Joscelin, évêque de Soissons, le pape Innocent II consacre à Orléans, Eude II abbé de Saint-Médard de Soissons.
Sources : D’Achery, Spicil., II, p. 489. — Pertz, MG. SS., XXVI, p. 620. — Gall. Chr., IX, 416.
«... Contradicente episcopo Suessionensi. »
ii3i. — i5 octobre. — Soissons.
Innocent II consacre l’église du monastère de Saint-Médard. L’évêque Joscelin l’assiste dans cette cérémonie.
Sources : D’Achery, Spicil., II, p. 489. — Pertz, MG. SS. } XXVI, p. 520 ; VI, p. 446 . — Jaffé-Lœw., n° 7 448 .
MELANGES d’hISTOIRE DU MOYEN AGE
ii3i. — 18 octobre. — Reims.
Joscelin, évêque de Soissons, assiste au concile de Reims convoqué et présidé par le pape Innocent II.
A ce concile où se trouvèrent réunis 5 o évêques et 3 oo abbés, Joscelin rencontra notamment Renaud, archevêque de Reims: Clairembaud, évêque de Senlis ; Etienne, évêque de Paris ; Geoffroi, évêque de Chartres ; Hugue, archevêque de Rouen ; Barthélemi, évêque de Laon*; parmi les abbés, saint Norbert et saint Bernard.
L’œuvre principale du concile fut d’excommunier l’antipape Anaclet et le roi Conrad (on était en plein schisme). On y dressa aussi 17 canons de discipline (cf. Gousset, Actes de la province eccl. de Reims, ni, 208 ) ; on termina le différend entre le roi Louis VI et l’évêque de Paris. Enfin le concile releva de ses fonctions épiscopales Ursion, ancien abbé de Saint-Reini de Reims, évêque de Verdun depuis le synode de Châlons. (Ursion rentra dans son monastère).
Sources : Jaffé-Lœw., n° 7488.— Pertz, MG. SS., V, p. 28; VI, p. 384 * IX, p. 137 ; XVII, p. 24. — Gall. Chr., passim (dans les études sur les évêques et abbés cités). — Mansi, XXI, 453 .
ii3i. — 25 octobre. — Reims.
Joscelin, évêque de Soissons, assiste à la consécration de Louis, second fils de Louis VI, qui est sacré à Reims par Innocent II dans l’église de Notre-Dame de Reims.
Sources : Chronic. Mauriniac., apud Duchesne, H. Fr. SS., IV, p. 379 ; ou MG. SS., XXVI, p. 42 (« Die dominica »), HF., XII, p. 81. — Sigebert, auct. Landunense, ad annum 11 3 1, 1 . I (« 8 Kal. Nov. »). — Jaffé-Lœw., n° 7490.— Luchaire, Louis VI, n° 476.
ii3i. — 2 nov. — Reims.
Innocent II approuve l’arbitrage de Mathieu, évêque d’Albano, Renaud, archevêque de Reims, Joscelin, évêque de Soissons, Albéron, archevêque élu de Trêves, dans la querelle qui s’était élevée entre Suger, abbé de Saint-Denis et Lanzon, abbé de Saint- Michel au diocèse de Verdun, au sujet d’un bien sis à Salonne.
Lanzon est condamné par les arbitres à payer chaque année à Saint-Denis, la somme de 5 marcs d’argent pour le bien de Salonne.
Cop., Invent, de S l -Denis, Arch. N les , LL, 1189, t. I, f° 307. = Éd., Doublet, Hist. de S'-Denis, p. 487 ; — Migne, t. 179, p. m ; — Jaffé-Lœw., n° 7502 ; — Lecoy de la Marche, Œuvres de Suger } p. 370 ; — Cartellieri, Abl Suger, n° 76.
1 i3i. — Reims.
L’évêque Joscelin appose son seing à la donation faite à l’abbaye de Cuissy 1 , de la terre de Hauteville et de la ferme de Gergny, dans le Porcien (don de Geoffroi, comte de Château- Porcien) ; et à sa confirmation dans la salle des archives de l’archevêché de Reims (Remis in archivo pontificali).
Éd. Ann. Praem., II, p. 12 ; = Cf., Pécheur, Ann. dioc. Soiss., II, p. 349.
ii3i.
Joscelin, évêque de Soissons, donne à Pétronille, abbesse de
1. Abbaye de l’ordre de Prémontré, dans le diocèse de Laon. Elle avait encore pour abbé son fondateur, le bienheureux Luc, de la famille des comtes de Rouci, doyen en 1116 de la cathédrale de Laon.
MÉLANGES DHISTOIRE DU MOYEN AGE
Fontevrault, la dîme de Villers 1 que Gaucher de Charli avait achetée pour trente livres à Hélie de Montmirail.
Ed., De la Mainferme, Clyp. nasc. ord. Fontebrald ., Il, p. 83 . = Ind.y Bréquigny, Ordonn II, p. 591.
L’acte ne porte point de date.
Bréquigny l’attribue à l'année ii3i, sans en donner les raisons.
H26-ii3i. — Soissons.
Joscelin, évêque de Soissons, ménage un accord entre Renaud, comte de Soissons, et les chanoines de Saint-Jean-des-Vignes au sujet du four situé près de la porte l’Evêque, dont le comte revendiquait la propriété. Le différend fut tranché dans la Cour de l’évêque : le comte reconnut les droits de l’abbaye. Mais pour assurer la bonne entente entre saint Jean et le comte, l’évêque pria l’abbé Gauthier de donner à Renaud la moitié des revenus du four.
Témoins : le prévôt Ancoul, les chanoines Nivelon, Thibaud, Eble, Etienne, évêque de Paris, Geoffroi, abbé de Saint-Médard, etc., etc.
Cop.y Bibl. Nat., L. uoo4, Cartul. de Saint-Jean des Vignes, f° 33 .
— L'acte n’est point daté ; Geoffroi, abbé de Saint-Médard, mourut
en ii3i.
ii32. — 29 juin. — Beauvais.
L’évêque Joscelin assiste à la reconnaissance des reliques de saint Germer conservées dans la cathédrale de Beauvais ; et luimême, après les avoir montrées au peuple, les renferme dans le nouveau reliquaire.
Au cours de la même cérémonie, Joscelin assiste à la translation des reliques de saint Just, faite par Pierre I, évêque de Beauvais.
Cf, Gall. Chr.y IX, p. 357.