‹ Quatrièmes mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 15 sur 79 · Acte daté de ii 3 a, conc. 5 ; epacte i; ind. io · texte numérisé non relu

Acte daté de ii 3 a, conc. 5 ; epacte i; ind. io

Orig.> Arch. Nat., L., 1004 1 .

Cette donation a été confirmée dans le synode tenu à Soissons cette même année.

L’acte que nous venons d’analyser n’a point été rédigé dans ce synode : on n’aurait point négligé d’indiquer cette circonstance comme on l’a fait dans l’acte de confirmation. [Cf. n° XLV 1 I.]

Il32.

L’évêque Joscelin donne à l’abbaye de Sainte-Marie de Nogent, l’autel de Vregny, à la condition que les moines de Nogent paient chaque année à l’église-mère, un cens de 5 sous. Le prévôt Ancoul, l’archidiacre Nivelon, le doyen Rohard et tout le chapitre approuvent la donation de l’évêque.

L’évêque règle que si quelque affaire surgit en ce qui concerne l’autel « vel intra , vel exti'a », le doyen du chapitre de l’églisemère « répondra comme titulaire d^ l’autel, — ut persona a/taris — pour ceux à qui l’autel a été concédé, et s’il le faut, sous la censure synodale, selon la coutume, — pro morepersonarum —.»

Ont souscrit : les mêmes dignitaires que dans l’acte précédent, et en plus tous les chanoines.

Daté de n 3 a, conc. 5 ; ep. 1 ; ind. 10.

Cop., Arch. dép. de l’Aisne, H., 3 a 5 : Chronicon... abbatiæ B . Mariæ

de Novigento... auctore d. Colron, f° aa 5 .

L’acte a été rédigé en même temps que le précédent. L’acte de confirmation donné au synode fait connaître que les biens donnés par le chapitre et par l’évêque à Longpont (acte précédent), avaient appartenu à Sainte-Marie. Les religieux de Goucy « n’y ayant pas fait leurs frais », les rendirent à l’évêque pour qu’il en disposât librement. En retour « pour secourir la pauvreté des moines de Nogent et reconnaître leur bonne volonté », l’évêque leur donne Vregny.

1 i32. — Soissons.

L’évêque Joscelin tient un synode dans sa ville épiscopale. Les

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abbés du diocèse s’y réunissent, ainsi que le fait connaître l’acte que nous analysons au numéro suivant. 11 ne semble pas qu’aucun évêque ait pris part à cette réunion qui fut purement diocésaine.

A ce synode assistèrent en dehors des chanoines de Saint- Gervais, les abbés Téoul *, de Saint-Crépin-le-Grand ; Gautier, de Saint-Jean-des-Vignes ; Gilbert, de Saint-Yved ; Hugue, de Château-Thierry; Henri, de Viviers ; Raoul, d’Essommes.

[Cf. n° suivant.]

ii 32 . — Soissons, au synode.

Dans un acte rédigé dans cette assemblée diocésaine, Joscelin rappelle qu’il a fondé une abbaye à Longpont, avec des moines qu’il a reçus « de la main » de saint Bernard.

Avec le consentement de tout son chapitre et des dignitaires de son église, il confirme aux moines la possession de l’église, et accorde au territoire même de Longpont le privilège de l’exemption de toutes redevances h perpétuité. Il retient néanmoins pour lui et pour le siège épiscopal de Soissons, son droit h l’obéissance et au respect des moines ; il réserve l’application « pour le bien de l’ordre » de la loi partout en vigueur sur l’élection des abbés, comme aussi sur la correction des abbés ou des moines qui contreviendraient h leurs obligations.

Enfin il confirme toutes les donations faites a l’abbaye ; à savoir :

i° La donation par l’évêque, le prévôt Ancoul et l’archidiacre Nivelon, du territoire de Longpont avec exemption de tout droit paroissial, des dîmes et de tout ce qui pourra être donné à l’abbaye ;

2° La donation par Gérard de Quierzy 2 de tout ce qu’il possédait sur le territoire de Longpont ;

3 ° La donation par Adam Boislarz de la Ferté-Milon, des terres,

i. L’original des Archives de l’Aisne H. 692 porte S. Theobaldi... Mais on ne trouve nulle part de traces d’un abbé de ce nom. C’est la seule fois qu’on le rencontre. Il faut lire Téoul qui ne mourut qu’en n 36 .

3. Gérard II dont l’un des fils, Nivelon, sera en 1176 élu évêque de Soissons.

ANNALES DE LA VIE DE JOSCELIN DE VIERZI 3l

forêts, étangs, prés, pâturages et leurs dépendances qu’il tenait en fief de Hugue de Bazoches ;

4 ° La donation par Milon du Cloître de ce qu’il possédait à Longpont ;

5° La donation par l’évêque, le prévôt Ancoul, l’archidiacre Nivelon, d’une terre de travail de deux charrues, sise à Montrambœuf [Cf. n° XLIV.] ;

6° La donation par Albéric d’Oulchy d’une terre de travail d’une demi-charrue, sur le territoire de Parcy-Tigny (Parrechy) ;

7° La donation par les frères Renaud et Mathieu de Louâtre, de quelques biens sur le territoire de Violaine, sur la Savière ;

8° La donation par Hildeburge et Leude de Violaine et leurs fils, d’étangs, prés, pâturages, forêt, terre ; ils retiennent pour eux le droit d’usage sur la forêt ;

9° Donation par Avard, fermier, de deux vignes près de Montigny-l’Engrain.

Ont souscrit : l’évêque Joscelin, le prévôt Ancoul, le doyen Rohard, les archidiacres Thibaud, Nivelon, Adélard, Eble ; le préchantre Barthélemi ; le chapelain Jean; les chanoines prêtres Gautier, Thibaud, Renaud, Normand; les diacres Geoffroi, écolâtre ; Eude, Engelbert, Yve ; les sous-diacres Adam, Ingenoul, Simon, Eude; tous les abbés présents au synode. [Cf. n° précédent.]

Souscrit par le chancelier Rohard.

Orig., Bibl. N le , Coll. Grenier, vol. 289, n° 1, le bas de l’acte est mutilé.

Cop. } Arch. dépt. Aisne, H. 692, Cartul. moderne de l’abb. de Longpont. = Éd., Muldrac, Chronic. ahb. Longip ., p. 2 ; — Gall. Chr ., X, instr., m ; — Dormay, Hisl. de Soiss II, p. 106; — Carlier, Hist. du Valois , I, p. 488. — H. Martin, Hist. de Soiss., I, p. 496; — Pécheur, Ann. dioc. Soiss., II, p. 334 ; — Machaut, Hist. du bienheureux Jean , seigneur de Montmirel (1641), p. 49$.

Il32.

Avec l’agrément de l’évêque Joscelin, Téoul, abbé de Saint- Crépin-le Grand, obtient du roi Louis VI un diplôme pour ses hommes.

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Ind. Gall. Chr., IX, 397. — Pécheur, II, p. 396. — Luchaire, Louis VI , n° 5 n.

L’historien de l’abbaye de Saint-Crépin, dom Hélie (JBibl. munie. de Soiss., ms. ; f° 228) suppose que ce fut Louis VI qui donna à l’abbaye la terre de Sai, dont parle une charte de l'évêque Joscelin (Cf. n° CLV), « ierram de Sai quæ data est SS. martyribus regali munificentia ». M r Luchaire (toc. cit.) se demande s’il ne s’agirait pas de cette donation.

Vers ii32.

L’évêque Joscelin établit un prieur et huit religieux de l’abbaye de Saint-Jean-des-Vignes, à Oulchy-le-Chateau, en remplacement des clers séculiers qu’on y laisse néanmoins jusqu’à leur mort.

Cf. Rousseau-Desfontaines, Fiquet, Notices pour l’histoire de l’ancienne ville de Soissons. — Copie du Grand Séminaire de Soissons, t. II, p. 66.

Nous n’avons trouvé qu’une seule autre mention de l’établissement de ce prieuré par l’évêque de Soissons. Dans le Rituel de Nivelon (édité par l’abbé Poquet), on lit dans le catalogue des évêques de Soissons, au f° 2 du manuscrit (Bibl. iV le , Latin, 8898), sous le nom de Joscelin : « tempore suoremoti sunt canonici... Ulcheii... ».

n 33 . — Mai i 4 . — Soissons.

En la fête de la Pentecôte, le roi tient une cour plénière à Soissons ; il y confirme en présence des archevêques, évêques et grands du royaume les immunités et les biens de l’abbaye de Longpont fondée deux années auparavant par l’évêque Joscelin. Ont souscrit avec le roi, son fils Louis et la reine Adélaïde.

Cop., Arch. dép. Aisne, H., 692, f os i2-i3: Cartul. de l’abb. de Longpont. = Éd., Muldrac, Chronic. abb. Longip., p. 6. — Luchaire, Louis VI, n° 5 i 4 . = Cf., Poquet, Notice sur Vabb. de Longpont., dans Bulletin Soc. acad. Laon, XVIII, p. 294. — Mahaut, Hist. du bienh. Jean..., p. 5 oi.

n 33 . — Après le a 5 octobre?

Joscelin, évêque de Soissons, notifie que Louis le Gros a donné aux moines de Notre-Dame d’Ourscamp le muid de blé qui lui était dû chaque année par les religieux du prieuré de Saint-Légerau-Bois. Mais la règle cistercienne n’autorisant pas l’acceptation de ce revenu, Galeran, abbé d’Ourscamp 1 , le remit aux mains de l’évêque de Soissons. Celui-ci désireux d’être utile aux deux communautés, fit conclure un accord aux termes duquel Aleaume, prieur de Saint-Léger, rentrait en possession du muid de blé, moyennant la cession à l’abbaye d’Ourscamp, d’un champ contigu à la chaussée royale et à la vallée de Quennevières. Il fut convenu que si le roi Louis ou un de ses successeurs voulait enlever le dit muid au prieur de Saint-Léger, l’abbé d’Ourscamp ferait porter au prieur un muid du meilleur blé de Puiseux. Cet arrangement, intervenu sous le priorat de Aleaume de Traci, fut approuvé par Pierre, abbé de la Sauve Majeure, et confirmé par acte scellé de l’évêque de Soissons.

Extrait de: Luchaire, Louis VI, n° 5 ai. = Ed Peigné-Delacoiir,

Cartul. d’Ourscamp, p. 75 et 283 .

Copie de l’acte par lequel Louis VI fait remise au prieuré de Saint- Léger-au-Bois de ce muid de froment, se trouve à la Bibl. municip. de Bordeaux, Cartul. (petit) de la Sauve-Majeure, f° i 44 . — Ed., Luchaire, Louis VI, n° 522 *.

Il est difficile de préciser la date de l'acte de Joscelin comme de celui de Louis VI. M r Luchaire fait remarquer que l’acte de Louis VI est daté de n 33 , 25 e année du règne de Louis VI, 3 e du règne de Louis le Jeune. Cette dernière mention indique que la charte est postérieure au 25 octobre. Mais la mention « 25 e année » ne coïncide pas. M r Luchaire pense que l’on peut lire 26 au lieu de 25 . Et il admet que l’acte de Louis VI, daté de Soissons, puisse être placé après le 25 octobre, bien que le roi ait tenu cour plénière à Soissons le i 4 mai.

L’acte précédent qui est du i 4 mai pqrte mention de la cour plé-

1. Galeran, fils de André de Baudiment, seigneur de Braine. Il était abbé de Saint-Martin d’Epernay au moment où l’archevêque Renaud substitua des chanoines de saint Augustin aux chanoines séculiers. Il entra alors à Clairvaux, puis devint abbé d’Ourscamp.

X\. — Luchaire. — 4 0S Mélanges d'histoire. 3

MÉLANGES D*HISTOlRE DU MOYEN AGE

nière ; celui-ci, au contraire, ne porte point cette mention. Il semble que Ton n'aurait pas manqué de l’y mettre.

L'acte de Joscelin est postérieur à celui de Louis VI, et par conséquent sans doute aussi au a 5 octobre.

L’évêque Joscelin consacre plusieurs autels à Saint-Crépin le Grand : les autels des SS. Crépin et Crépinien, des SS. Simon et Jude, des SS. Marcellin et Pierre, des SS. Philippe et Jacques. Et il fait la dédicace d’une chapelle hors des murs du monastère.

Cf. Gall. Chr., IX, 357. — Pécheur, op. cit., II, p. 363 .

[Dom Hélie, l’historien de Saint-Crépin, ne fait point mention de ce fait.]

Après avoir rappelé comment son prédécesseur, Lisiard de Crépy, avait conféré à des chanoines réguliers l’église de Château- Thierry possédée de très haute antiquité par des chanoines séculiers, l’évêque Joscelin notifie, par une charte adressée à Godefroi, abbé de Château-Thierry, qu’il a remplacé par des religieux Prémontrés ces chanoines réguliers qui n’avaient fait que « très peu de progrès dans la piété ». La volonté de l’évêque a été accomplie à sa complète satisfaction.

Cop. y Hébert, Mss pour servir à l’histoire de Château-Thierry, I, p. 271. (Archives diocésaines, au Grand Séminaire de Soissons.) = Cf. Pécheur, Ann. dioc. Soiss., II, p. 35 a.

* Thibaud, comte de Champagne, donna la même année une charte pour le même objet. On y lit l’éloge de Joscelin « qui consacrait tous « ses soins à convertir le bien en mieux , c'est à dire à perfectionner « ce qui était déjà, bon... »

Cop. y Hébert, ibid. y I, p. 269.

ANNALES DE LA VlE DE JOSCELIN DÈ VIÈftZl

Après ii 33 .

Afin d’empêcher toute discorde de s’élever entre les religieux Prémontrés qu’il a établis à Château-Thierry et les chanoines prébendés qui sont autorisés à y demeurer leur vie durant, l’évêque Joscelin décide que ces chanoines (que la charte nomme canonici exteriores ) auraient l’entrée libre au chœur, lorsqu’ils voudraient assister aux heures canoniales, avec la faculté d’en sortir et d’y rentrer, à leur gré, par le bas-côté gauche qui est celui de Saint- Jean. Ils auraient pour leur usage la chapelle qui est de ce côté hors du chœur, et on leur fournirait les livres et tout ce qui est nécessaire pour dire la messe. Il y aurait entre eux un tour de semaine ; on leur laisserait, d’ailleurs, toute liberté. On veillerait à ce qu’ils n’eussent à souffrir aucune perte ni aucun dommage dans leurs biens. Le nouvel abbé leur ferait les distributions accoutumées à l’Assomption, à la Purification, à la fête de saint Cénéric. Ils jouiraient de ces privilèges jusqu’au dernier vivant.

L’acte est ratifié par Joscelin; il est signé par Simon, abbé dq Chézy ; par Eude le Champenois, etc.

Cop. Hébert, Mss pour servir à l’histoire de Château-Thierry, I, p. 273-274. — Pécheur, Ann. dioc. Soiss II, p. 352 .

Hébert n'a transcrit que des fragments de cette charte qui était, quand il la posséda, en fort mauvais état. Il n’a pu y lire de date. Il croit l’acte postérieur à l'année n 33 . — Cela semble, en effet, à voir la précaution que le scribe a prise au commencement de l’acte de rappeler que l’évêque Joscelin a fait venir des Prémontrés à Château- Thierry « en Fan de F Incarnation n 33 ... ».

Raoul, comte de Vermandois, donne à Luc, abbé de Sainte- Marie de Cuissy, et à ses religieux, la terre labourable de Bonneuil. Il donne en même temps des pâturages, une terre inculte et un cours d’eau pour construire un moulin, retenant néanmoins

MELANGES D*HI8TOIRE DU MOYEN AGE

pour lui et pour ses successeurs, la propriété des maisons et des cens. Le tout à la condition qu’une abbaye de chanoines réguliers sera établie dans l’église qu’il est en voie de restaurer 1 .

Raoul ajoute à ses donations, le bois pour le feu des chanoines et tout ce qui pourra leur être nécessaire dans ses forêts.

Les témoins sont: Pierre, évêque de Senlis ; Hugue, abbé de Longpont ; Luc, abbé de Cuissy ; Henri, abbé de Viviers ; Bernard, abbé de Clairvaux ; le prêtre Haimon 2 ; l’écolâtre Dreu et quelques chevaliers, parmi lesquels Albéric de Roye et Thibaud de Crépy.

Éd. Annal . Præm., Il, ad prob., XL. — Cf. Pécheur, op. cil., II, p. 345 .

Les Annales de Prémontré et l'abbé Pécheur attribuent cette charte à l’année ii3i. Mais en ii3i, l’évêque de Senlis est encore Clairembaud qui assiste au concile de Reims en octobre, et ne meurt, si l’on en croit le Gallia , pas avant la fin de n 33 . Pierre, le nouvel évêque, ne put être élu avant fin n 33 , commencement n 34 . C’est pourquoi nous retardons à cette date la charte du comte Raoul.

n 34 . — 25 décembre. — Soissons.

Du consentement de Enguerrand de Coucy qui tenait cet autel de l’évêque de Soissons; Renaud, fils de Thiezzon 3 , châtelain de Coucy, avait remis l’autel de Terny aux mains de l’évêque Hugue qui avait donné l’autel à Saint-Paul-au-Bois.

Mais la mort de Renaud à Jérusalem avait privé le prieuré de Saint-Paul de son bienfaiteur et de son défenseur. Jean, comte de Soissons, enleva par force l’autel de Terny au prieuré. Le châtelain Gui, neveu et héritier de Renaud, ne put supporter ce vol : il fit tant qu’il obtint que Jean ne conservât l’autel que sa vie durant. En effet, à la mort du comte, la comtesse Aveline, sa veuve, remit l’autel aux mains de Lisiard qui le restitua au prieuré.

[Ces détails nous sont connus par la charte non datée que l’évêque

1. Ce sera l’abbaye dite de Lieu-Restauré pour laquelle Joscelin donnera une charte de confirmation en n38. — [Cf. n° XCIII ]

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