‹ Quatrièmes mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 23 sur 79 · XX. — Luchaire. — 4 es Mélanges d’histoire · texte numérisé non relu

XX. — Luchaire. — 4 es Mélanges d’histoire

3 ° Les hommes de la commune qui s’établissaient dans des hameaux situés hors de la commune, refusaient de payer aux seigneurs de ces terres, les tailles et corvées que payaient leurs voisins ;

4 ° Lorsque des hommes ne faisant point partie de la commune, déposaient leurs récoltes sur les terres des églises ou des hommes libres, dans la cité de Soissons ou dans ses faubourgs, afin de les y mettre en sécurité ; ou encore quand ils apportaient leurs produits au marché, pour les vendre, les communiers prétendaient prélever une taille sur eux ;

5 ° Ils empêchaient les feudataires de l’évêque de recevoir les portagia qu’ils tenaient en fief de l’évêché ;

6° Pour un délit commis sur des terres n’appartenant pas à la commune, ils ne permettaient pas aux seigneurs d’exiger plus de cinq sous de dommages-intérêts. Au contraire pour un délit commis contre la commune, ils prenaient, si bon leur semblait, « l’homme tout entier » ;

7° Les communiers tenaient leurs assemblées « in parva curia episcopi ». [Martène a édité « in pervaturia » ce qui paraît une leçon fautive. Cf'. du Cange , à ce mot], et ils incarcéraient leurs prisonniers « in magna curia ».

(Cf. le n° suivant.)

n 36 . — Après le 3 août.

[Extrait de : Luchaire, Annales de la vie de Louis VI, n° 567.]

Louis VI écrit à Joscelin, évêque de Soissons, au sujet de ses démêlés avec la commune de Soissons. Il rappelle qu’il a constitué dans cette cité une commune composée des hommes possédant maison ou emplacement en deçà des limites de la ville et de ses faubourgs ; qu’il les a délivrés de certaines servitudes que leurs seigneurs faisaient peser sur eux, et leur a octroyé une charte concernant ces privilèges. Mais les gens de la commune, peu satisfaits de ce qu’ils avaient obtenu, ont commis au préjudice de l’église cathédrale et de l’évêché de Soissons, des abus que le roi énumère, d’après la déposition faite par l’évêque Joscelin, à Saint-Germain-en-Laye, au jour fixé pour le débat du procès qu’il a engagé contre la commune. [Cf. n° précédent].

ANNALES DE LA VIE DE JOSCELIN DE V1ERZI 5l

Le jugement de la cour du roi, rendu dans ces circonstances, ayant condamné les empiétements des gens de Soissons, le maire Loot et les autres jurés envoyés par la commune ont juré, en présence du roi, que ces abus ne se renouvelleraient pas. Le même serment a été fait en présence de Guillaume (de Senlis), bouteiller et délégué du roi, par les communiers restés à Soissons. Il a été convenu que Simon, le principal auteur des désordres, serait exclus de la commune ; que les hommes et les femmes reçus dans la commune contrairement aux statuts, continueraient à en faire partie, mais seraient tenus de marier un de leurs enfants avec une personne non comprise dans la commune et en puissance de seigneur ; que les délits commis contre la commune n’entraîneront pas pour eux une amende supérieure à 60 sous, sans le consentement des seigneurs dont ils sont les hommes ou les hôtes ; que les seigneurs percevront les amendes correspondant à leurs délits, ou à défaut d’amende, les biens des délinquants, sans que la commune ait à porter plainte.

Comme garantie de cet engagement, les gens de la commune ont donné à l’évêque, à titre de pièges, le roi, son fils Louis, la reine Adélaïde et le comte Renaud.

Cop . Bibl. Nat., Duchesne, 78, f os 101 et 106 (d’après Cartul. de N.- D. de Soissons). — Ed. Martène, Ampl. Coll., 1 , 748 (d’après le même Cartul.). — Brussel, Usage des fiefs, I, p. 179, note 1. — Martin, H re de Soiss., I, p. 5 o 4 - 5 o 8 . — Ch. V. Langlois, Textes relatifs h Vhist. du Parlement, n° 8.

[Au sujet de l’établissement de la commune à Soissons, cf. Luchaire, Louis VI, n° 377. M. Luchaire admet que la commune a été établie entre 1116 et 1126.

Au sujet des privilèges accordés par Louis VI aux communiers, cf. la charte de confirmation donnée en 1181 par Philippe-Auguste: Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, n° 3 i.]

1137. — *7 j u ^ n * — Saint-Denis.

Suger, abbé de Saint-Denis, rédige son testament en présence de ses religieux et de nombreux évêques. Il institue dans l’église de l’abbaye une messe qui sera célébrée chaque jour, pour le

MELANGES D*HIST0IRE DU MOYEN AGE

salut de son âme, tant avant qu’après sa mort, et un anniversaire solennel de ses funérailles, accompagné de la distribution d’aumônes ; il fait en outre quelques autres fondations pieuses.

L’acte est souscrit par Joscelin, évêque de Soissons ; Geoffroi, évêque de Chartres ; Hugue, archevêque de Tours; Renaud, archevêque de Reims (il est curieux de remarquer que l’original porte mention de Samson, archevêque de Reims, qui ne sera élu qu’en n 4 o); Milon, évêque de Térouanne; Guérin, évêque d’Amiens; Eude, évêque de Beauvais; Robert, abbé de Corbie.

L’acte est daté du XV des Kalendes de Juillet, ind. i 5 , ép. 26, conc. 4 , 24 e jour de la lune, 16 e année de l’abbatiat de Suger.

Orig. Arch. Nat., K. 22, n° 97. = Éd. Tardif, Mon. hist., n° 4 a 5 . — Félibien, Hist. de S'-Denis, XCIX, d’après l'original. — Lecoy de la Marche, op. cit. y p. 333 . — Cartellieri, Abt Suger, n° 88.

1137. — Avant le 25 décembre.

Du consentement de sa femme Emmeline, Albéric de Chauny « gui dicitur Pelliz » remet la dîme de Saint-Aubin aux mains de Renaud, comte de Soissons, de qui il la tenait en fief. Celui-ci consent à la « rendre » à l’évêque Joscelin, à la condition qu’elle soit donnée à l’abbaye de Saint-Yved. Albéric, son épouse et son fils recevront de leur vivant la dîme du revenu. L’évêque notifie la donation qui a été faite en présence de l’archidiacre Gautier, du trésorier Raoul 1 ; de Henri, abbé de Viviers ; de Pierre de Braine ; de Gaucher de Bazoches ; d’Eude le Champenois.

Cop. Arch. Nat. LL. i 583 , Cartul. de Saint-Yved, f° 47 - — Bibl. Nat., Latin 5479 , Cart. de Saint-Yved, f° 59. = Éd. Ann. Præm., I, ad prob. 322 .

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