VII
1128. —Janvier, i 3 . —Troyes.
Joscelin, évêque de Soissons, assiste à Troyes, au concile qui approuve l’ordre des Templiers récemment fondé par Hugue des Payens.
Joscelin se rencontre à ce concile avec Renaud, archevêque de Reims ; Henri, archevêque de Sens ; Pierre, évêque de Beauvais ; Etienne, évêque de Paris ; Geoffroi, évêque de Chartres; Atton, évêque de Troyes ; saint Bernard, abbé de Clairvaux ; Étienne, abbé de Cîteaux; Gui, abbé du monastère cistercien de Trois- Foqtaines, et d’autres abbés.
Sources : Historiens des G. et de la France, XIV, 23 a. — Gall. Chr., IX, 357. — Mab., Ann. bened., VI, i 5 g. — Mansi, XXI, 357. — Schnürer, Die urspruengliche Templerregel (Fribourg en Brisgau, 1903), p. 45 .
1128. — Avant le 10 mai. — Soissons.
Joscelin, évêque de Soissons, tient un synode en sa ville épiscopale. Plusieurs évêques et abbés y assistent, notamment Barthélemi de Vir 1 , évêque de Laon, et saint Bernard 2 , abbé de Clairvaux.
On s’y occupe encore de la règle à donner aux Templiers : Jean de Saint-Michel 3 la rédige sous la dictée de saint Bernard. Barthélemi de Vir y dénonce la conduite scandaleuse des religieuses de Saint-Jean de Laon et demande leur expulsion.
Sources : Marlot, Hist. eccl. prov. rem., II, 3 oo. — Lelong, Ilist. du dioc . de Laon, p. 240. — Wyard, Hist . de Vahh. de Saint-Vincent de Laon, publiée par les abbés Mathieu et Gardon, p. 234 - — De Florival, Barthélemi de Vir, p. 1 45 .
1128. — Avant le 10 mai. — Soissons.
Joscelin, évêque de Soissons, notifie que le prêtre Dudon, en sa présence et avec son approbation, a autorisé Humbert, abbé d’Igny, à racheter moyennant un cens annuel de 5 sous, la dîme d’une terre cultivée par ses moines. AnHré, seigneur de Braine,
1. Le véritable nom de l’évêque de Laon serait Barthélemi de Joux comme on a voulu l’établir dans une thèse récente soutenue à l’Ecole des Chartes [cf. Position des thèses de VËc. des Ch ., janvier 1904]- Thèse de M. R. Anchel.
2 . La présence de saint Bernard à Soissons est attestée par l’acte que nous analysons au n° IX.
3 . C’est par une supposition arbitraire, remarque Schnürer [Die ursprüngliche Templerregel , p. 49], que l’abbé Vacandard [Vie de saint Bernard , I, p. 23 o] fait de Jean de Saint-Michel un moine. Selon lui, Jean est un scribe qui a accompagné au concile Hugue de Payens : « vielleicht ein den Templer affilierter Kleriker ».
IO MÉLANGES d’hISTOIRE DU MOYEN AGE
a donné au monastère pour acquitter cette dette, 5 sous de cens qu’il percevait à Chéry-Chartreuve. L’évêque a soumis cet arrangement au chapitre et aux dignitaires de sa cathédrale qui l’ont approuvé.
Soissons 1128, épacte 17, concurrent 7, indict. 6, 22 e année du règne de Louis (cette mention est fautive),' 2 e année de l'épiscopat de Joscelin.
Ont souscrit: Bernard, abbé de Clairvaux; Guillaume, abbé de Saint-Thierry ; l’archidiacre Eble ; le prévôt Ancoul ; le doyen Rohard ; l’archidiacre Thibaud ; le préchantre Barthélemi, et quelques chanoines de Soissons.
Cop., Bibl. Nat., Cartulaire ancien de l’abbaye d’Igny, Latin, 9904, fol. 86 verso et 94 verso. = Ind., Gall. Chr., IX, 3 oi et 357. — Pécheur, Ann., II, p. 3 io.
1128. —Mai, 10. — Arras.
Concile d’Arras convoqué et présidé par Mathieu, évêque d’Albano et légat du pape, avec l’assistance de Renaud II, archevêque de Reims ; de Simon, évêque de Noyon et Tournai; Jean, évêque de Térouanne ; Guérin, évêque d’Amiens; Robert, évêque d’Arras ; Clairembaud, évêque de Senlis ; Pierre, évêque de Beauvais ; Joscelin, évêque de Soissons; Barthélemi, évêque de Laon.
Louis VI y donna une charte que signèrent plusieurs des évêques présents, notamment l’évêque Joscelin, et par laquelle il confirme la résolution prise par le concile de substituer des moines aux religieuses de l’Abbaye royale de Saint-Jean de Laon, convaincues de dépravation.
Ed. Gall. Chr., X, instr. 192. — Luc d’Achery, op. Guiberti: De abbatia Sancti-Joannis , 827. — Marlot, Hist. eccl. Rem., II, p. 309. — Mansi, XXI, p. 372. — De Florival, Barth. de Vir, p. 262. — Luchaire, Louis VI (Annales de la vie de), n° 4io. — Wyard, Hist. abb. S l -Vincent de Laon, p. 334 .
1128. — Entre le 11 et 17 juin. — Reims.
Dans l’église métropolitaine de Reims, en présence de Joscelin, évêque de Soissons ; de Ursion, abbé de Saint-Denis de Reims; de Bernard, abbé de Clairvaux; de Gui, moine de Clairvaux et frère de saint Bernard ; de Jorand, abbé de Saint-Nicaise ; d’Eustache, abbé du monastère de Toussaint; de Thibaud, comte de Champagne, l’archevêque de Reims, Renaud, bénit devant l’autel de la Sainte-Vierge, Foulque 1 , premier abbé régulier de Saint-Martin d’Épernay, ordre de Saint-Augustin.
D'après la charte par laquelle le comte Thibaud notifie qu'il établit à Epernay des chanoines réguliers. Acte daté de « 1127 » ; [inexact] « Abbas itaque electus diebus sacris Pentecostes... eisdem denique diebus... ante altare Virginis perpetuæ benedictus... »
Éd. y Nicaise, Épernay et l’abbaye Saint-Martin d’Épernay, t. II, dans Cartulaire de l'abbaye, n° 4 , p. 119. = Cf., Mab., Ann. bened., VI, i 53 [donne la date de la Pentecôte 1128]. — Gall. Chr IX, 357 [1128 aussi].
1128. — I er août. — Reims.
Joscelin, évêque de Soissons, assiste au synode réuni à Reims aux calendes d’août, sous la présidence de Mathieu, évêque d’Albano.
On y termine l’affaire de l’expulsion des religieuses de Saint- Jean de Laon. Le légat du pape promulgue un décret qui approuve et confirme ce qui a été résolu à ce sujet, « avec le secours de l’Esprit-Saint », dans l’assemblée d’Arras du 10 mai, par Renaud, archevêque de Reims ; Barthélemi, évêque de Laon ; Joscelin, évêque de Soissons, et d’autres évêques et abbés.
1. Foulque avait été tiré par Parchevêque Renaud et le comte Thibaud, du monastère de Saint-Léon de Tout, pour être béni abbé de Saint-Martin d’Epernay.
12 MÉLANGES d’hïSTOIRE DU MOYEN AGE
Dans le même synode, on tranche le différend qui existait depuis longtemps entre le monastère de Luxeuil et les moines de Dijon, au sujet des biens dont ces derniers s’étaient emparés 1 à Clermont et à Yignori. Les évêques donnèrent gain de cause aux religieuses de Luxeuil.
a) Synode : Gall. Chr IX, p. 284. — Marlot, op. cit., II, p. 3 oi.
b) Décret de Mathieu, évêque d’Albano :
Ed., Luc d’Achery, op. Guiberti, loc. cit., p. 827. — Marlot, II, p. 3 oi. — Mansi, XXI, p. 373. — De Florival, op. cit., p. 262. — Wyard, Hist. ahb. S l -Vincent, p. 335 . — Hb\, XV, 266: Lettre par laquelle Mathieu d’Albano rend compte au pape de ce qui a été fait dans le Synode.
1128. — I er août. — Reims.
Renaud, archevêque de Reims, confirme les dispositions prises par le comte Thibaud, pour l’établissement des chanoines réguliers de Saint-Martin d’Épernay, à savoir, que l’abbaye est mise sous la règle de saint Augustin ; que les religieux possèdent désormais le droit d’élire leur abbé, droit que le comte avait possédé jusque-là ; que l’abbé ne dépendra que de l’archevêque, et aucunement du comte.
Renaud notifie qu’il a approuvé ces dispositions, après avoir pris conseil de Joscelin, évêque de Soissons, de Geoffroi, abbé de Saint-Médard, de saint Bernard, abbé de Clairvaux. Il a décidé néanmoins que les chanoines séculiers garderaient à Epernay leurs prébendes jusqu’à leur mort. Il a ensuite béni le nouvel abbé, Foulque [Cf. n° XI].
L’acte est souscrit par Jorand, abbé de Saint-Nicaise ; Gilbert, abbé dé Saint-Denis de Reims ; Anselme, abbé de Cisson ; Hugue, archidiacre.
1. A la date du 4 mai 1128, le pape Honorius II avait écrit à Mathieu d’Albano pour lui prescrire de faire restituer ces biens aux religieuses de Luxeuil, ainsi que l'avaient déjà inutilement prescrit ses prédécesseurs Urbain et Pascal.
UF. t XV, 266; Migne, 166, 1278; Jaffé Lœw, n° 7810 ( 5265 ).
ANNALES DE LA VIE DE JOSCELIN DE VIERZI l3
Il est daté de Reims, 1128, 20 e année du règne de Louis ; « 3 e année » [lire 4 e ] de l’archiépiscopat de Renaud.
Éd., Nicaise, Épernay et l’abb. S'-Martin, II, p. 123 , n° VI du Cartulaire.
1128. — Avant le 3 août. — Janville.
Joscelin est présent à Janville à la réunion de prélats dans laquelle, à la prière de Mathieu, évêque d’Albano et légat du Saint-Siège, de la reine Adélaïde et de Philippe, roi désigné, Louis VI déclare quitte de toutes coutumes et exactions la terre que le prieuré de Saint-Martin-des-Champs possédait à Pontoise. Le roi se réserve les chevauchées et expéditions sur les habitants de la dite terre, lesquels d’ailleurs ne pourront être convoqués par prévôt ou autre officier royal, mais seulement sur ordre exprès du roi ou de son sénéchal.
Nous connaissons la présence à Jgnville de l’évêque de Soissons, par l’acte que Mathieu d’Albano rendit dans la même circonstance. Joscelin s’y rencontra avec son archevêque Renaud; Barthélemy, évêque de Laon ; Simon, évêque de Noyon ; Geoffroi, évêque de Chartres; Jean, évêque d’Orléans; Étienne, évêque de Paris; Bouchard, évêque de Meaux; Geoffroi, abbé de Saint- Médard de Soissons; Suger, abbé de Saint-Denis; Raoul, comte de Vermandois.
L’acte est daté de 1128, 20* année du règne ; souscrit par Louis, bouteiller ; Hugue, connétable ; Aubri, chambrier ; donné de la main de Simon, chancelier.
Cop., Bibl. Nat., Latin 10997, f° 88. — Arch. Nat., LL, 1 35 1,
f° 21. (Ce dernier texte porte « regni VIII 0 »). — Baluze, t. 55 , f°