POLITIQUE NOUVELLE
De violents efforts se font, en ce moment, pour décider le gouvernement du Canada à envoyer en Afrique un contingent de forces militaires.
Cette tentative est le fait des organisateurs principaux du parti tory, tel qu'il est aujourd'hui constitué.
Le Star, de Montréal, est de tous les journaux celui qui fait le plus de tapage à ce sujet. Mais nous devons reconnaître qu'il est suivi de près par plusieurs autres organes importants de nos adversaires.
Nous avons donc le droit de conclure que la politique du parti tory est d'adopter comme l'un des articles de son programme la participation de la Puissance dans les guerres européennes et extérieures de la Grande-Bretagne
Il s'agit donc, non du Transvaal, mais de l'adoption d'une politique toute nouvelle et pleine de responsabilité: la participation future du Canada dans les luttes do la Grande-Bretagne sur les champs de bataille de l'Europe et partout ailleurs où elle s'engagera dans un conflit
Tous ceux qui ont ainsi donné leur avis ont-fls réfléchi aux conséquences de la politique sur laquelle ils se sont prononcés?
Nous sommes ici en Amérique. Le Canada n'a et ne peut avoir l'ambition de jouer un rôle dans la diplomatie européenne. Nous croyons ne pas nous tromper en affirmant que la population de ce pays n'a d'autre déair que celui de développer tranquillement ■ea ressourcée et de vivre en paix arec l'univern.
Nous sommes prêts à défendre le sol que nous habitons et le drapeau britannique qui le protège, contre toute agression. Mais autre chose est de sortir de notre rôle, pour nous jeter dans les tourmentes et dans les guerres dont l'Europe est sans cesse menacée.
Or, c'est ce à quoi nous exposent, — nous ajouterons, c'est ce à quoi tendent — un certain nombre de ceux qui, dans cette affaire du Transvaal, veulent nous faire faire les premiers pas vers un pareil avenir.
De la Patrie du 10 octobre 1899:—