‹ Que devons-nous à l'Angleterre? La défense nationale, la révolution impérialiste, le tribut à l'EmpireChapitre 55 sur 80 · CONTINGENT AU TRANSVAAL · texte numérisé non relu

CONTINGENT AU TRANSVAAL

Les dépèches annoncent qu'un contingent de forces volontaires canadienne! partira d'ici à quelques jours pour le Transvaal.

Nous ne saurions certes trouver d'objections à ce que ceux des Canadiens qui veulent aller prendre part à la guerre du Transvaal s'enrôlent sous le drapeau britannique.

Sir Wilfrid Laurier a rendu, l'autre jour, très clairement, la position du gouvernement en déclarant qu'il n'y aurait aucune justification à ce que le gouvernement offrît ou envoyât un contingent sans consultation préalable avec les chambres. II ressort donc que le gouvernement canadien n'a fait au gouvernement impérial l'offre d'aucun contingent militaire.

Il va de soi, disons-le encore, que les officiers et les soldats de la force volontaire qui voudront aller au Transvaal, seront accompagnés de nos souhaits les plus sincères.

Pour notre part nous n'avons aucune hésitation à déclarer que si le cabinet Laurier eût pris sur lui la responsabilité d'engager l'avenir du Canada, eu envoyant au Transvaal, aux frais de -l'Etat, un contingent militaire, nous eussions condamné sa politique. Les chambres, les représentants du peuple, ont un droit absolu d'être consultés en pareille matière, avant qu'aucune action ne soit prise..

De la Patrie du 12 octobre 1899:—

LE TRANSVAAL (Dépêche d'Ottawi)

Le mérite du débat entre l'Angleterre et le Transvaal est une chose ; l'immixtion du Canada dans les guerres extérieures de l'Empire est une autre chose.

L'on cherche à créer un mouvement qui aurait pour résultat de faire participer, à l'aivenir, le Canada à tous les différends, à tous les conflits, qui peuvent surgir en Europe et dans les diverses parties du monde où les grands pouvoirs européens ont des intérêts.

Ottawa, 12 — Durant le long règne de sir John A. Macdonald, l'Angleterre a été engagée dans plusieurs guerres. Jamais sir John n'a offert la participation du Canada dans ces conflits.

Des volontaires ont pris part à la guerre d'Egypte. Mais encore une fois, ça n'était pas le gouvernement du Canada qui intervenait officiellement. Que des milliers de volontaires aillent, s'ils le désirent, combattre sur les champs de bataille de l'Afrique. Mais, pour ma part, je ne puis concevoir qu'aucun gouvernement en ce pays prenne jamais la responsabilité, sans avoir reçu la sanction des Chambres, de s'engager dans la politique, toute nouvelle, de faire le Canada participer aux conflits européens.

Aujourd'hui, c'est le Transvaal. Demain, ce sera peut-être l'Allemagne, peut-être la France, peut-être la Russie, peut-être la Chine. Les plus ardents impérialistes n'ont pas songé, dans le passé, à demander aux colonies d'entrer dans cette voie.

Il y a conseil des ministres, à midi. Sir NVilfrid Laurier, sir Richard Cartwright, sir Henri Joly, MM. Scott, Mulock, Fielding, Tarte, Paterson, Borden, Sifton, Fitzpatrick, sont en ville.

Je puis vous confirmer mes dépêches antérieures. Le gouvernement n'a pas fait d'offres aux autorités impériales et il n'a pas décidé d'envoyer un contingent au Transvaal. Toutes les dépèches que vous lisez dans le Star sont le résultat d'une petite cons« piration tory qui n'émeut personne ici. Les déclarations du premier ministre rendent la pensée du gouvernement et aussi celle du pays.

De la Patrie du 13 octobre 1899:—

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