‹ Que devons-nous à l'Angleterre? La défense nationale, la révolution impérialiste, le tribut à l'EmpireChapitre 61 sur 80 · JOUEURS DE SERINETTES · texte numérisé non relu

JOUEURS DE SERINETTES

M. Hugh Graham — ne faisons pas d'erreur, sir Hugb Graham en perspective — veut absolument que nous partions en guerre pour le Transvaal. Partez vous-même, sir 'Hugh ; partez de suite. Qui donc vous eu empêche ? Le commandant en chef des armées britanniques est encore à Londres, et Sir Hugh Graham trouve que le gouvernement du Canada est bien en retard.

Le peuple de ce pays ne se compose ni d'imbéciles, ni de têtes chaudes, ni de farceurs.

Si jamais — ce qu'à Dieu ne plaise — l'empire britannique est menace, tous les sujets canadiens de la Reine, quelles que soient leur origine et leur croyance, seront prêts à prendre part à la défense du drapeau commun.

Le conflit entre la Grande-tBre.tagne, riche, puissante, et le petit Etat du Transvaal n'est assurément pas de nature à jeter l'alarme dans les possessions de Sa Majesté.

Le '^Star", le "Mail Empire" et même la "Gazette", de Montréal, font de la comédie, de la bonne grosse comédie tory, quand ils demandent au cabinet Laurier de prendre, sans le consentement des chambres, la responsabilité d'une politique toute nouvelle et d'une dépense qui n'a jamais été autorisée et même discutée dans le Parlement du Canada.

Si le futur baronnet du "Star" et le poussif colonel de Glengarry tiennent absolument à aller se mesurer avec les Burghers de M. Kruger, ils connaissent le chemin de l'Afrique, qu'ils se mettent en route ; nous les chargerons de nos bons souhaits.

Les trois-quarU et la moitié de l'autre quart des grands parleur* qui conseillent aux autres d'aller verser leur sang là-bas, n'ont pas la moindre intention de recevoir la plus petite ézratignure.

Au lieu de faire de la guerre de parade dans les ■rarettea, qu'ils sautent sur le prochain navire en départ pour Londres. Alors, et alors seulement, nous croirons à leur sincérité. D'ici là, nous tiendrons sir Hugh Graham pour un joueur de serinettes politiques.

Assurément, quand on est propriétaire d'un journal comme le "Star", qui rapporte, bon an, mal an, dit-on, $50,000 à $75,000, on doit être en mesure de payer ses frais de voyage, son armure, sa poudre et ses pistolets.

Donc, pas d'histoires mais des actions.

En route.

Dans la difficulté qui a surgi entre l'Angleterre et l'un de ses vassaux, il n'y a, en fin de compte, qu'un incident qui ne peut avoir qu'une seule solution : la défaite prompte et facile du vieillard obstiné et qui s'acahrne à refuser à des citoyens britanniques des droits qui auraient dû leur être accordés depuis longtemps. Le jingoïsme a peiu de chance de prendre racine dans notre pays travailleur et pratique.

Il n'y a aucun doute que le gouvernement canadien serait très heureux de favoriser par tous les moyens constitutionnels à sa disposition le départ de ceux qui, comme sir Hugh Graham, débordant d'enthousiasme, se sentiront disposés à faire mordre la poussière aux soldats de M. Paul Kruger.

Quand partez-vous, sir Hugh ?

De la Patrie du G octobre 1899: —

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