ACTE II, SCÈNE VIII
FÉLICIEN
Ce n'est pas ma faute si Indiana s'est effrayée.
LOUISE
Elle s'est effrayée parce que vous l'avez agacée, Félicien.
i^ ^ FELICIEN.
Si on peut dire!...
CLAIRE
J'en fais juges ces messieuin^
FÉLICIEN
Je veux bien.
CLAIRE
Sachez donc, messieurs
FÉLICIEN
Tu vas conter la chose à ta manière.
CLAIRE
Parle toi-même. Mais au premier détail inexact je te retire la parole.
FÉLICIEN
Je veux bien." (aux jeunes gcM.) Nous soimries venus ce matin de Jouy. Nous habitons Jouy, près de Versailles, un endroit charmant. Il y avait ime manufacture
CLAIRE
Au fait.
FÉLJCIEN.
C^était pour acheter un chevïl, pour Tèssayer, veux-je dire, im cheval à Bifogniart. (a Hermann.) Tu sais, noire ami Brogniart, le marchand de chevaux.
CLAIRE
Au fait, au fait.
FÉLICIEN
J'y suis, au fait. On attelle Indiana à ma voiture. Nous partons, ces dames derrière, moi devant avec mon graom.
* CLAIRE
Qui est excellent cocher, par parenthèse.
HERMANN
El qui VOUS a versés.
Pas du tout, c'est Félicien.
FÉLICIEN. ^
Ah! si tu ne me laisses pas dire...
CLAIRE
Dis, dis.
FÉLTOEN.
Je prends les rênes des mains de monjp*oom, et, sans y penser, je laisse tomber le bout du fouet sur l'oreille d'indiana. Elle se cabre, je...
CLAIRE
Tu oublies d'ajouter, mon ami, que le groom te dit : « Prenez garde, monsieur, je la crois vicieusç de Toreille. »
FÉLICIEN
Je veux bien, je veux bien, a Je la crois vicieuse de l'oreille, » mê dit-il donc. Diable ! pensai-je, avant de l'acheter, il faut voir si eUe est réellement vicieuse de Foreille. J'allonge avec précaution un premier coup de fouet.
CLAIRE et LOUISE.
Un second!
FÉLICIEN
Elle se cabre de nouveau. Alors ces dames... «Mon frère, ne la frappez, pas sur l'oreille. » « Mon ami, je te défends de la frapper sur l'oreille. » « Eh! parbleu, dis-je, je sais conduire. » Et j'allonge. un deuxième coup de fouet.
CLAIRE
Un troisième !
C'était le troisième.
FÉLICIEN,
La bête part au galop le plus nèKqr^iâent du monde, et tout allait au mieux, quand ces dames «e sont mises à pousser des cris aigus qui Font effrayée. Plus elle courait, plus ces étemes criaient, de façon qu'il n'y a plus eu moyen de la retenir.