SCÈNE IL AMÉLIE, MADAME BLONDEAU
AMÉLIE
Il devait être ici à deux heures. Il voulait, disait-il^ me voir comme tout le monde, profiter de mon jour, venir le premier. L'heure est passée.
MADAME BLONDEAU
Il n^y a pas deux minutes que j'ai entendu sonner deux heures.
AMÉLIE
Je le sais, je suis folle avec mes impatiences. Mais depuis cette journée passée à Jouy, je suis inquiète quand je ne le vois pas. Je m'imagine toujours qu'on travaille en secret à le détacher de moi. Ne Ta-t-on pas essayé ? Cette jeune fille Taime. Elle pense ^e c'est pour elle qu^il a voulu se hattre. C'était pour moi. Qu'importe! elle l'aime. Heureusement qu'il ne s'en doute pas^-: Famour-propre des hommes est si terrible !
(eUo s'assied.) MADAME BLONDEAU.
Vous voilà, encore une fois tout agitée, tout émue, et pourquoi, je vous le demande? Qu^y a-t-il de nouveau? monsieur Hermann est-il changé?
AMÉLIE
Non> il est toujours bon, excellent. Comme il a regretté d'être allé à Jouy ! comme il en voulait à son oncle ! Ils sont brouillés.
MADAME BLONDEAU
Ce n'est pas votre faute.
AMÉLIE
C'est à cause de moi*
MADAME BLONDEAU
Voilà bien de vos idées !
AMELIE*
Ils se sont dit, j'en suis sûre, des choses cruelles, flermantl n'a pas voulu me les répéter. Il avait même juré de ne revoir jamais le général; mais je l'ai tant prié, qu'il a consenti à faire une démarche. Ils ont dû se voit* ce matin. Sont-ils réconciliés?
MADAME BLONDEAU
Certainement^ les oncles pardonnent toujours.
Le général ne m^aime pas^ je ne lui ai pas plu.
MADAME BLONDEAU
11 est bien difficile I .
AMÉLIE
Il avait d'autres idées pour son neveu. Cette jeune ûlle est charmante. Ah! si Hermann... Mon sang se glace rien que d^y penser. — Quelqu'un! Je reconnais son pas. Va, laisse-nous, (a cUe-mèmc.) Que je voudrais quil ne vînt personne!