ACTE IV, SCÈNE IV. gî
HERMANM, courant à elle.
Oh ! vous clés un ange, et je suis bien coupable de vous tourmenter toujours. Vous êtes bonne, Amélie, et je suis méchant.
AMÉLIE
Ne me remerciez pas encore. Voici votre montre. Ouvrea-la, je vous prie.
HERMANN
Votre portrait? Ah! comment vous remercier? Mais quelle ressemblance! C'est un chef-d'œuvre que ce portrait. Le nom , de l'artiste?
AMÉLIE
Un génie méconnu, ou du moins incefirmu. C'est' lord Nelvil qui, dans le temps, me l'avait recommandé.
HERMANN
Lord Nelvil?
AMÉLIE
Lord Nelvil, ce grand Anglais blond et triste, vous savez. Je vous ai souvent parle de lui.
HERMANN
Je ne crois pas.
AMÉLIE
Venez donc vous asseoir. — Je l'avais pris en amitié et en pitié. Pauvre "homme ! 11 écorehait notre langue comme un Anglais seul peut l'écorcher. Je le reprenais quelquefois, et il m'en témoignait la plus vive reconnaissance. Il est mort bien malheureusement. *
HERMANN
J'aime peu les Anglais.
AMÉLIE
C'est lui qui m'a donné ce vase qui est là> stir la table*
HERMANN
Vous me l'avez déjà dit.
AMÉLIE^ surprise du ton d'Hermann*
Ah ! — Vous ayez repris votre air sombré.
HERMANN
C'est que... je pensais au notaire. Je Tai vu pour notre contrat. Il faudra que nous parlions de toutes ces vilaines questions d'intérêt.
AMÉLIE
Faites à votre guise. Je ne veiox pas en entendre un mot. Je ne demande qu'à signer.
Ce sera quand il vous plaira.
AMÉLIE
Quand il vous plaira, seigneur.
HERMANN
Eh bien!... Quelqu*nn! Je me sauve.
(il se dirige vers la gancbe. ) .^ AMÉLIE.
Ne sortez point par là, on vous a vu entrer. .
HERMANN
Qu'importe? A présent ces précautions sont inutiles. (la poru»
s'ouvre, il dit à part.) C'CSt UU homme. (Revenant.) Je ne VCUX paS
VOUS désobliger.