ACTE IV, SCÈNE VI
suis accouru espérant que vous n'aviez pas changé votre joiu*. — Monsieur de Courtenay !
(il lui tend la main ; Hermann, sans la prendre, s'incline profondément. On s'assied.)
AMÉLIE
C'est le vent qui m'a chassée de la campagne. Jamais je n'ai vu d'ouragan pareil à celui de la semaine dernière. Je croyais à tout moment que mon pavillon allait s'envoler. Et la nuit, c'était un vacarme ! On l'entendait, ce vilain vent, siffler, mugir dans les arbres du bois. J'ai eu peur, je mé^uis sauvée. A Paris on ne l'entend pas, ou, du moins on se dit : « Ce sont les voitures, » et on n'y pense plus. Figurez-vous, prince, que dans mon petit parc, j'ai eu un chêne, pas un chêne centenaire, mais un chêne fort respectable, complètement déraciné, et deux bouleaux, deux amours, coupés net par le milieu.
LC PRINCE.
J'ai été plus brave que vous, je n'ai pas fui. Les ouragans ont
lem» mérite, et..
(Hermann se lève.) AMÉLIE.
Vous partez?*
% HERMANN
Excusez-moi, j'ai une visite à rendre près d'ici.
On voi»i'everra, j^espère ? Vous n'avez fait qu'une apparition. • V'
HERMANN
Je ferai mon possible pour revenu:.
(ll'«l)«B Amélie et le Prince» qui lui répond h peine.)