ACTE II, SCÈNE VIL
FÉLICIEN
Je veux bien. [Aux jeunes gens.) Nous sommes venus ce matin de Jouy (nous habitons Jouy, près de Versailles, un endroit charmant. Il y avait une manufacture...).
CLAIRE
Au fait.
FÉLICIEN
C'était pour acheter un cheval, pour l'essayer, veux-je dire, un cheval à Brogniart. (A Hermann.) Tu sais, notre ami Brogniart, le marchand de chevaux.
CLAIRE
Au fait, au fait.
FÉLICIEN
J'y suis, au fait. On attelle Indiana à ma voiture. Nous partons, ces dames derrière, moi devant avec mon groo.n.
CLAIRE
Qui est excellent cocher, par parenthèse.
HERMANN
Et qui vous a versés.
Pas du tout, c'est Félicien.
FÉLICIEN
Ah! si tu ne me laisses pas dire...
CLAIRE
Dis, dis.
FÉLICIEN
Je prends les rênes des mains de mon groom, et, sans y penser, je laisse tomber le bout du fouet sur l'oreille d'Indiana. Elle se cabre, je...
CLAIRE
Tu oublies d'ajouter, mon ami, que le groom te dit : « Prenez garde, monsieur, je la crois vicieuse de l'oreille. »
FÉLICIEN
Je veux bien, je veux bien. « .Te la crois vicieuse de l'oreille, » me dit-il donc. Diable! pensai-je, avant de l'acheter, il faut voir si elle est réellement vicieuse de l'oreille. J'allonge avec précaution un premier coup de fouet.