ACTE II7 SCÈNE XII
DE THERIGNY.
Qu'avez-vous donc?
HERMANN
Vous m'avez marché sur le pied.
DE THERIGNY.
Ce n'est pas une raison...
HERMANN
Tant pis pour vous si vous êtes maladroit.
DE THERIGNY.
Vos triomphes vous rendent superbe.
HERMANN
Pas un mot sur cette jeune fille, je vous prie, ou je saurai la venger de vos sottes calomnies.
DE THERIGNY, en colère.
Vous perdez le sens, vous oubliez à qui vous parlez.
HERMANN
Je sais que je parle à un fat.
ALEXANDRE
Eh bien ! eh bien !
LE GÉNÉRAL
Tu as tort, Hermann. On n'a jamais vu d'exemple d'une pareille...
Laissez, mon oncle, vous n'êtes pas juge dans ma cause. Je ne rétracte rien de ce que j'ai dit.
DE THERIGNY.
Si vous ne me faites des excuses sur-le-champ, Hermann, nous nous battrons demain.
HERMANN
Demain, soit.
LE GÉNÉRAL
C'est de la folie!
ALEXANDRE
Hermann !
EMILE
Mon cher Thérigny.
TOUS
Qu'on s'explique! — Un moment!
LE PRINCE, tranquillement.
Calmez-vous, messieurs, calmez-vous. Ces messieurs n'y songent pas, il est impossible qu'ils se battent... Je vais le leur faire comprendre.
HERMANN
C'est inutile.
DE THERIGNY.
Ne l'essayez pas!
LE PRINCE, bas.
Vous avez pris envers moi un engagement pour demain.
DE THERIGNY, de même.
Je l'oubliais, vous êtes le premier en date.
LE PRINCE, haut.
A la bonne heure, monsieur est raisonnable. Quant à vous, Monsieur, (Bas.) il ne peut se battre avec vous demain, car il doit se battre avec moi.
HERMANN
Avec vous, prince? Cédez-moi votre tour.
LE PRINCE
Je ne puis.