ACTE III, SCENE XII
CLAIRE
11 n'y a pas d'affaires. On dîne d'abord. Nous vous retenons prisonnier.
LE GENERAL
Mais, madame...
LOUISE, lui prenant le bras.
Vous êtes sous ma garde.
CLAIRE
A la bonne heure! (A Félicien.) Mon ami, offrez donc votre bras à madame.
FÉLICIEN
Madame la comtesse...
(Hermann offre le sien à Claire.) ALEXANDRE.
Et moi, je reste seul. Il est bien désagréable que les dames soient en nombre impair.
(Il remonte près de Félicien. Claire et Hermann passent les premiers. Louise vient en dernier avec le général. Amélie, pendant qu'Alexandre parle à Félicien, prête l'oreille à ce qui se dit derrière elle.)
LOUISE, à demi-voix.
Oui, oui, je devine pourquoi vous vouliez partir. Vous n'êtes pas content de moi.
LE GÉNÉRAL
De vous?
LOUISE
Vous m'avez demandé si votre neveu me plaisait, et j'ai hésité à vous répondre.
LE GÉNÉRAL
Mais...
LOUISE
Je le conçois; il lui faut une femme dont il soit sur d'être aimé...
LE GÉNÉRAL
Mais non, mais non...
LOUISE
Nous allons nous fâcher, général. Que voulez-vous de plus? Je consens à être votre nièce.
AMELIE , douloureusement.
Ah!
Vous consentez? Allons, bon!
ALEXANDRE
0 ciel! madame de Verneuil qui se trouve mal !
HERMANN, qui avait disparu avec Claire, accourant.
Amélie !
ALEXANDRE, surpris, à part.
Amélie?
(Félicien et Hermann la font asseoir.) HERMANN.
Qu'avez- vous donc, madame la comtesse?
CLAIRE, accourant.
Tenez, ce flacon...
AMELIE, se levant.
Ce n'est rien, un éblouissement.
ALEXANDRE, à lui-même.
Amélie? C'est transparent. Eh bien! qu'il épouse la petite, et je consolerai la veuve.
(On se remet en marche. Louise court après le général, qui voulait encore s'échapper. La toile tombe.)