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a) Tête est douloureuse, presque partout. Toutefois les deux zones rolandiques (parties supérieures) sont plus sensibles. Sensation de clou au vertex.
b) Cœur. Battements lents et mous. Pouls à 64.
c) Poumons. Murmure vésiculaire très diminué des deux côtés, mais surtout à gauche.
Douleur entre les deux épaules.
d) Estomac. Appétit nul. À diminué de 18 kïlogs, depuis le mois de mai. Pèse 46 kilogs. Zone épigastrique anesthésiée.
€) Abdomen. Constipation opiniâtre. Anesthésie cutanée Points ovariens douloureux, surtout à gauche.
f) Appareil wro-génital. Règles à peu près régulières. Urine très diminuée. Urine à peine un verre par jour. Zone sacrée douloureuse.
Sens musculaire. — Perte absolue du sens musculaire quand les yeux sont fermés. L'occlusion des yeux provoque une sensation de malaise; la malade ne sait plus où elle est,
Sommeil. — Insomnie, Cauchemars. |
Traitement. — Le traitement de resensibilisation «est commencé le 25 yuillet. Les crises surviennent deux ou trois fois par semaine pendant le mois d'août. Je note que très souvent pendant les crises la malade se plaint de ne plus y voir. Un peu avant la fin de la crise elle accuse tout à coup une sensation de rouge intense. Elle voit du rouge partout. Elle se croit dans les flammes. Elle voit un homme tout vêtu de rouge qui lui fait peur. En même temps la malade se plaint d’une violente douleur dans la région du cunéus. Quand la crise est finie la malade s2 sent brisée et ne se souvient plus de rien. Elle me dit ellemême qu’elle se sent comme endormie et qu'il lui est impossible de se réveiller. Après la crise il arrive très souvent que R T.…. ne sait plus où elle est et ne me reconnaît plus. Elle s2
croit beaucoup plus jeune et appelle sa mère. À plusieurs repri-
LAS 4 d ses j'ai pu constater une régression de la personnalité, maïs Île phénomène n’était pas aussi net que chez M. L.. (Obs. T).
Le traitement de réveil général n'ayant donné que des résultats insignifiants, il nous fallut opérer par réveils partiels. Pa: ce procédé l'amélioration fut très notable, La sensibilité revint à peu près complètement. L'appétit redevint tout à fait normal, La constipation disparut. Le sommeil redevint normal. L'état mental qui était presque infantile au début, se modifia graduellement, parallèlement au retour de la sensibilité. La tristesse opiniâtre du début fit place à une certaine gaieté, à un certain enjouement même. La mémoire qui avait presque disparu revint partiellement au moins. Aussi un travail cérébral redevint possible à partir de ce moment. |
Cette malade que nous avons suivie jour par jour et presque heure par heure, a été pour nous un cas des plus instructifs. Tout d’abord il nous a permis de constater le lien étroit qui existe entre l'état de la sensibilité cutanée et viscérale et la mentalité. Toutes les fois que nous trouvions le matin à la visite, une diminution de la sensibilité nous étions sûr que la journée serait mauvaise pour la malade et que très souvent il y aurait une crise. Inversement toutes les fois où nous constations une sensibilité plus normale, nous savions qu’il n’y aurait pas de crise et que la dépression habituelle serait moins intense et plus facile à supporter. L’anorexie et l’insomnie étaient aussi dans un rapport étroit avec les variations de la sensibilité. Maïs nous avons constaté aussi quelquefois qu'il suffisait d’une contrariété même légère pour faire disparaitre cette sensibilité, aussi nous ne pouvons complètement aëcepter, ni la théorie de Janet qui explique les variations de la sensibilité par des causes purement psychologiques, ni la théorie de Sollier qui fait dépendre toutes les variations psychologiques des hystériques de phéno mènes purement cenesthésiques. Nous croyons que la vérité
participe des deux et que phénomènes psychologiques et phéno: mènes physiologiques s’influencent réciproquement.
Le second point que cette malade nous a permis de constater c'est la répercussion énorme de l’état hystérique sur tout l’organisme, et en particulier, sur toutes les sécrétions. Au fur et à mesure de la resensibilisation, toutes les sécrétions sont redevenues normales amenant comme conséquences le retour de l'appétit, des selles normales, des règles plus régulières, une quantité d'urine suffisante. La peau qui depuis le début de Îa maladie était restée sèche, pâle et rugueuse redevint rosée, lisse, légèrement moite. Il est très probable que cette hyposécrétion devait porter aussi sur les glandes à sécrétions internes, car nous avons pu obtenir une légère amélioration par le traitement thyroïdien.
Le troisième point ie cette malade nous a permis d’étudier c’est la tendance au mensonge. Cette jeune malade était arrivée à persuader aux médecins qui la soignaient qu'un énorme, cercle bleu qu’elle avait autour des yeux était dû à son insomnie, alors qu'en réalité, c'était elle-même qui le produisait et l’entretenait tous les jours avec une encre spéciale. Cette tendance au mensonge existe certainement, mais il ne faudrait pas s’en exagérer l'importance et ne voir dans l’hystérie qu'une suite de mensonges. Nous avons constaté chez R. T... que cette tendance était surtout marquée quand l’anesthésie cutanée et viscérale était au maximum. Comme nous l'avons dit plus haut, nous croyons que ce qui nous donne le sentiment du réel dans la vie, c’est présisément notre corps et la sensation que nous en avons. Si cette sensation est faussée, 1l en résulte un trouble profond dans toute notre vie psychologique. Il nous manque notre point de repère habituel pour nous localiser dans le temps et l’espace. De là provient cette tendance au mensonge et à la fabulation. La meilleure preuve en est que lorsque la sensibilité redevient normale. cette tendance disparait ou tout au moins s’atténue.
OBSERVATION IV (Mme X..., $o ans. Guérison au bout de 2 mois)
Antécédents héréditaires. — Tous les membres de la famille sont des névropathes. Un frère est le type du persécuté.
Antécédents personnels. — Affection utéro-ovarienne datant d’une vingtaine d'années. Depuis dix ans se plaint d’un grand épuisement nerveux. À essayé en vain plusieurs traitements en France et à l'étranger.
Examen. — La malade se plaint d’une incapacité absolue à mener sa vie. Sa maison, m1 sa famille ne l’intéressent plus. Elle ne veut plus voir ses enfants et se déclare incapable de les élever. À l’examen nous constatons une asthénie musculaire complète. La malade se déclare incapable de marcher et de sortir. Elle passe tout son temps sur une chaise longue, sans parler. Elle nous dit avoir perdu complètement la sensation de la faim et se désespère de son état. Aussi elle ne désire plus qu’une chose: la mort. à
En examinant la zone gastrique, nous trouvons une zone épigastrique hyperesthésique, entourée d’une zone anesthésique. Nous constatons aussi de l’atonie et une légère dilatation. Dans la colonne vertébrale, la malade accuse un point douloureux. Les intestins sont atones et dilatés.
La constipation est opiniâtre.
Les urines sont très diminuées.
Le sommeil est très mauvais. Cauchemars.
La sensibilité est diminuée dans tous ses modes sur la peau et les muqueuses.