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Que peut-on raisonnablement attendre d'un traitement par les exercices méthodiques, dans l'ataxie, l'hémiplégie, les paraglégies [sic], tics, crampes, tremblements?

Le 29.— Maurice Faure (de La Malon): Que peut-on raisonablement attendre d'un traitement par des exercices methodiques, dans l'ataxie, l'hémiplegie, les paraglégies, tics, He tremblements ? — Comment pratiquer ce traitement !

$ I Traitement de l'ataxie.

= A—Pour corriger l’incoordination des membres supérieurs et inférieurs (écriture, préhension, marche), on emploiera les exercices imdiqués par Frenkel (1890-1900), Les résultat en ont été &. expérimentés et acceptés partout.

En prenant comme base les exercices de Frenkel et en les … développant, voici les chiffres que nous avons enregistrés (Statis- … tiques 1896, Service du prof. Raymond [Salpétrière] — Statistique D 1902, Institut de La Malou): 25 °/o des tabétiques abandonnent Le traitement, qui est généralement long, soit parce qu'ils sont placés dans des conditions matérielles qui ne leur permettent pas d'en accepter les obligations, — soit parce qu'ils sont trop grièver ment atteints pour pouvoir réagir, —soit simplement parce qu'ils n'ont pas assez d'énergie. —75 ‘/o acceptent la thérapeutique et . exécutent des prescriptions longues et compliquées. — Mais, parmi eux, 42 1/ ne peuvent, pour les mêmes raisons que ci-dessus, suivre les prescriptions que d’une façon imparfaite et pendant un temps trop court. — Donc, 33 ‘/ seulement peuvent recevoir un traitement complèt.

si On voit donc, dès l’abord, que la principale difficulté des traitements par des exercices compensatoires réside dans les obstacles que les conditions mêmes de la vie des malades ne manquent pas de susciter. L'intelligence et l'application du pa- 2 tient, — son modus vivendi, —le temps et les soins accordés à la “ cure sont les principaux facteurs du succès: mais ces facteurs restent d’un effet nul, lorsque l'instruction technique du médecin est insuffisante.

__ Les ataxiques qui reçoivent le traitement peuvent compter, dans tous les cas, sur une amélioration plus ou moins grande; — LE mais, DA les 2/3 des cas cette amélioration n’aboutira pas à la

Section de Médecine # date père de l'incoordination. Par HAE ot 1/2 d __ cas, l’ataxique peut espérer une restauration integrale des mou te vements des jambes et des bras..Ce sont, naturellement, les sujets avant le moins de troubles de la sensibilité profonde, — ayant les incoordinations les mieux circonscrites aux membre ju inférieurs et supérieurs, — qui ont le plus de chances d'aboutir | ‘ à ce remarquable résultat. — Nous avons donné ces chiffres avec … quelques détails, parce qu'ils nous serviront de point de repère De pour les catégories suivantes. :

B) Pour le traitement de l’incoordination du tronc, on emploiera les exercices réglés par nous, en collaboration avec Constensoux et Revmond (1899-1903). Ils trouvent leur application dans la technique de la station débout et assise et, dans beau * de coup de cas, sont nécessaires pour l'apprentissage de la marche. Ils permettent la suppression de tout appareil prothétique desde à empêcher ou 4 corriger les déviations de la colonne vertébrale, et l'insécurité de l'équilibre débout. 3

L'incoordination du tronc est plus difficile à corriger que l'incoordination des membres. Les exercices sont plus difficiles à faire comprendre et à faire exécuter et il y faut une persévérance plus grande. Là surtout, les troubles de la sensibilité profonde. aggraveront le pronostic. Le nombre des restaurations intégrales + sera moins élevé; —par contre, le nombre des malades qui abandonnent le traitement en cours est plus grande, parce: que 14 fat que résultant des exercices du tronc est plus sensible. | Fr

C) Pour corriger les troubles moteurs des fonctions de La vie organique (respiration, miction, défécation) on emploiera les exercices que nous avons réglés intégralement, et dont il n'avait été fait mention par aucun autre auteur (1901 à 1905). Ces exercices sont basés sur le fait que la respiration, la miction, la défécation, sont éduquées dans l'enfance par l'influence de la volonté surles muscles striés du thorax, des parois abdominales, du plancher périnéal et du diaphragme. Aussi, chez l'adulte, la miction et la de. défécation sont devenues des fonctions volontaires, et non plus x a automatiques, comme aux premiers jours de la vie; —la respirä “ M4, t40n peut étretres aisément modifiée par des exercices musculai- FA res ad hoc, etc. Ce que une ÉucaMon a fait, une ré-éducation pris « le re-faire.

Les résultats de cette he sont statistiquement moins $

beaux que ceux des deux catégories précédentes. Le nombre des À

améliorations est inférieur (dans À & B, tous lès malades qui ‘A

suivaient le traitement étaient plus où moins améliorés). Il y a des

échecs (surtout dans le traitement de l’incontinence des urines).

Enfin, la restauration intégrale est rare, mais possible cependant.

Cela s'explique parce. que les exercices qui modifient, ou même Suppriment complètement l’incoordination des muscles striés du.

* thorax & de l’abdomen, laissent subsister l’atonie des muscles lisses des petites bronches, de l'intestin, de la vessie.

‘4 & Le K 1e)

Résumés des communications

à Mais si iles Fe Libats statistiques sont moins brillants, le FéBul. tats utiles, dans la catégorie C., sont supénieurs à ceux des caté-

gories A & B. Cela tient à ce que l'incoordination des membres et de la colonne vertébrale prive le malade de ses fonctions so- 4 iales, mais ne compromet pas ses fonctions vitales. Il peut cesser de mouvoir les membres (même avoir des troubles de l'équilibre du tronc), et se bien porter et vivre longtemps. — Au contraire, les troubles des mouvements respiratoires et l'insuffisance de l'oxygénation, — l'impossibilité de vider la vessie et l'emploi répété du cathetérisme;—la difficulté de la défécation et la stase stercorale ont pour effets rapides les infections de l’arbre broncho- pulmonaire, . de la vessie, ou de l'intestin, qui compromettent la santé et la vie. 24 Joignons à cela les risques résultant de l’incoordination de la

; glotte (crises laryngées), mis en évidence à chaque accès de toux. — En faisant disparaître ces dangers, les exercices de la catégorie “. ont donc une portée one même avec des résultats

s a houdle au malade, qui doit otre qu'en pareil cas, de petits or es à qe . bénéfices, car de petits acci-

: ke He qui ont des ne de départ & des dde. re très différents et visent des cas auxquels la méthode de Frenkel ne

: 8 IL — = Traitèment Di paraplegies.

Has Paraplegies flasques.— L'exercice méthodique sera COMé ‘de: (a) Mobilisation passive ayant pour objet de maintenir la ; iberié des articulations, l’élasticité des muscles, — de prévenir la

contracture, la rétraction & les attitudes vicieuses. (b) Massage, ; our maintenir la nutrition musculaire et s'opposer à Hanoi

De pour ui de rétablir la motricité volontaire. Sui-. … vant l’origine & l'évolution de la paraplégie, les indicalions théraeutiques varie ront, ainsi que les résultats. Les paraplégies liées à des névrites périphériques, même à des poliomvéliies légères, peuvent guérir complètement ou à peu pres, en ne laissant que elques reliquats d’atrophie ou de parésie musculaire bien loca- Le e, permettant la reconstitution de tous les nouvements au moy en de suppléances musculaires. Mais, dans beaucoup d’autres cas, es résultats sont médiocres et la paraplégie reste incomplète. B— Paraplégies spasmodiques: Quelle qu'en soit l’origine, il. aut exécuter la mobilisation passive, non plus légèrement et à ti e préventif pour ainsi dire, mais systématiquement & longtemps, LS de Fesoluton de la contracture, hormis dans les cas ou le

nécessaires, réveille ou exagère la contracture. “4 La mobilisation complète étant achevée & la contracture parue (ou du moins très réduite), il y a lieu de procéder à une Reéducation méthodique, d’abord des mouvements élémentaires, ensuite des mouvements plus complexes de la marche, de la sta kr tion, de la course, etc. — Lorsque le traitement est as sez long & 43 minutieux, il est possible de revenir à la restauration intégrale : à (paraplégie spasmodique par irritation spinale— par lésions extra: médullaires — par lèsion médullaire cérébrale). — Dans d’autres cas, on obtient des résultats toujours appréciables mais variés, comme va les causes & l’évolution des paraplégies elles-mêmes. à C—Cas mixtes. — Une paraplégie, d'abord flasque, est ensuite devenue partiellement spasmodique. — C’est encore la mobilisation passive prolongée qui sera le premier stade du traitement. —Le massage, l'électricité, les mouvements volontaires s’y ajouteront plus tard, avec des localisations variées, comme les troubles euxmêmes. —Lorsqu on a laissé se produire de grosses déformations … avant de commencer le traitement (attitudes vicieuses), les résultats partiels de celui-ci sont compromis. D'où l'indication de com. mencer aussi près que possible du début, pour toutes les affections paralytiques, — alors qu’au contraire, pour les ataxies, il est souvent plus facile de réparer de grands troubles moteurs complète

ment installés que de s'opposer aux progrès d’une incoordination ‘4e

naissante & progressive. |

On ne peut donner, pour cette catégorie, de résultats statistiques car ceux-ci auraient peu de signification, à cause de la variété des origines et des symptômes des paraplégies.— Nous ne

/connaissons pas, dans la littérature médicale, de résultats analo-

gues à ceux que nous avons signalés dans le traitement de ces affections, dont la technique mécanique nous paraît avoir été toute entière réglée par nous. À ce 8 III. — Hémiplégies. Re:

C'est surtout dans l’hémiplégie” franche ordinaire que la thé rapeutique doit être précoce. Aussi tôt après l'ictus, il ne faut pas craindre de mobiliser, de masser, afin des "opposer à l’arthrite précoce de l'épaule, aux douleurs, aux atrophies, qui surviennent en quelques jours. Une mobilisation bien faite évitera la plupart des contractures, toutes les attitudes 'vicieuses, et favorisera le retour partiel des mouvements volontaires, qu’il faudra demander à une éducation méthodique, dès que le cerveau sera en état de sup-

porter la fatigue de l'attention, de l'effort, qu'exigent cette instru- à à

ction (procéder avec lenteur, réserve, * précaution). De méme qu'il y a plus d’ homogénile dans les causes de l' hë- 52 miplégie que dans les causes si multiples des paraplégies, 1 ae aussi plus d’ homogéneité dans les résultats. On peut espérer des. En: succès plus ou moins considérables, toutes les fois qu'on aura mobilisé de bonne heure. Mais, lorsque le traitement n’est commencé

RL Dot l'organisation des arthrites, contractures, atrophies, atti- | 4

Résumés des communications 5

tudes vicieuses, etc., il faut compter sur peu de résultats. Cepen dant, on obtient toujours quelque chose, — mais avec beaacoup de | temps. Dans tous les cas, d’ailleurs, le retour des mouvements vo- lontaires est lent, partiel, incomplet, surtout dans le membre su- Diner qui reste presque toujours plus où moins impotent. L'emploi, puis la réglementation des exercices méthodiques * dans le traitement des hemiplégies, a été l’oeuvre de plusieur mé- “iecn (En France, Dujardin-Beaumetz & Gilles de la Tourette, snrou US IV Tes fics. crampes, Pr Che de la | Se psycho- motri ice réglés par Brissaud, Meîge & Feindel. Ici, ce n’est plus le mouvement qu'il faut apprendre, mais l'immobibité. On s'adresse donc à l'influence inhibitrice des centres PSY- Deer les centres de l’automatisme. Les résultats sont tou- Jours appréciables, quelquefois très brillants. Malheureusement, l'instabilité mentale de béaucoup de sujets atteints de ces infir ï mités amène des rechutes ou des suppléances: un tic peut rem- placer un autre tic (Voyez, pour tous les développements, le livre : de Meige: «les Tics & leur traitement» — Masson, Edit. Paris). … 1 $ V — Les paralysies fonctionnelles.

L'exercice a pour but, en ce cas, de montrer au Halide que. pit le mouvément lui est possible et que la paralysie n’existe pas né- \cessairement : c'est un moyen de suggestion, ou mieux de per- suasion. La technique ne doit pas être comparée ici à celles, infniment plus rigoureuses, qui sont nécessaires pour opérer chez les ataxiques, paraplégiques, hémiplégiques. Avec un malade at- : teint de troubles purement fonctionnels (hystérique, neurasthéni- que) l’autorité du médecin, la confiance que lui témoigne le patient, font la plus large part du succès. — Avec un malade atteint de troubles organiques, au contraire, c’est la valeur de la méthode, : la compétence technique du médecin (et non son autorité), la pa-. tience & l'application du sujet (et non sa confiance), qui sont » tout. Aussi les résultats, souvent brillants, presque instantanés | Done. obtenus dans les paralysies fonctionnelles, sont: ils très

one personnelle en cette Haiol ee

8 VI — Maladie de Parkinson — Scleroses ne

k Ces cas sont encore à l'étude, mais ne semblent pis jusqu ICI F: du moins, donner de beaux ouate

£ VII — Paralysies de l’enfance.

Ces cas sont aussi à l’étude et des résultats importants nous semblent pouvoir être espérés.

He VILL— Comment pratiquer ces traitements ? | Les exercices doivent être journaliers, quelquefois Même re-. péiés plusieurs fois par jour. Une cure comprendra une période ; d’ exercices de quelques semaines à mois, sous la surveillance médiate du médecin technicien. Lorsque le malade semble caable de répéter seul ses exercices et a dèjà obtenu des résultats

appréciables, il n'y à pas d'inconvénient à le laisser s'él cette surveillance. Il faut remarquer, en effet, qu après mois, la ue du malade, et même ME attention du

nous sommes mieux trouvé des cures répétées que He périodes de 7,8 mois (voire un an ou deux), de soins continus.

Fe Parmi les ataxiques, il en est qui savent mème progresser € continuant seuls leurs exercices. — Toutefois, pour ce qui con - cerne les mouvements passifs (des paraplégiques & des hémiplé giques, par exemple), la présence constante d'un auxiliaire habile et bien entraîné‘est indispensable, jusqu’à la fin du traitement. — Celui-ci peut durer, suivant les cas, quelques mois un an où deux. — Mais, pour fixer la technique, en expérimenter la valeur, en prévoir les ee et mettre le malade à même de bien se

hou de ane $ IX — Les résultats sont-ils bled RE Ceux que l’on ob tient dans le traitement des alaxiques D )e

qu'une hygiène et une thérapeutique soigneuses eo pres toujours éviter. — Dans le traitement des hémiplégies,: où les sultats sont moins satisfaisants, il y a souvent des alternatives, ultérieures d’ amélioration & d’ aggravation, qui As de con

ne BRUN

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