I. Certificat médical purement informatif
Il. Certificat médical ayant
A. Deux idées ; éventuellement un effel
fondamentales. PRES A :
prohibitif en ce qui con-
cerne le contrat de mariage légal.
1. Point de vue ( 10 Responsabilité de descendance saine. général. / 2 Race saine.
., ( à) Inlectieuse (syphilis de vue. Il. Point de vue Ÿ 1° Hérédité (2) | JP ) tr: { b) Toxique (alcuolisme).
individuel # ; 2e Klesponsabllité envers le prochain.
B. Deux points
Si on étudie toutes les propositions émises, on constate qu'il y a quatre sortes de certificats 1° Certificat avec obligation de se conformer au
verdict.
(4) Communication faite au Congrès international d'anthropologie de Prague, 14-21 sept. 1924, section d'eugénique,
2° Certificat sans obligation, mais devant être communiqué obligatoirement à l’autre fiancé.
3° Certificat sans aucune obligation mais destine à faire réfléchir.
4° Certificat sans obligation mais pouvant servir de base à des sanctions éventuelles.
Dans le projet de loi présenté par le Prof’ Pinard au Parlement français, l’homme seul serait astreint au certificat. Ce n'est pas que la femme soit présumée toujours indemne, mais le père de la puériculture a cru devoir pressentir que l’opinion publique opposerait au début de la résistance à certaines investigations. Qu'en peut-il savoir? Avec le D' H. Vignes, je pense que « l’examen doit être bilatéral. Comme le faisait remarquer Van de Velde, il faut, aussi bien, dépister l’infantilisme de la femme : être marié à une femme qui a des organes infantiles et, souvent aussi, un système nerveux infantile, peut être pire, pour un : homme, qu'il n’est pénible pour une femme d'être mariée à un syphilitique.. |
Un médecin de mes amis m'a raconté se souvenir qu'un médecin décédé depuis déjà plusieurs années, le D' Roumegous, proposait que les candidats au mariage des deux sexes se présentassent mutuellement un contrat d'assurance sur la vie, si minime fût-il. Il tournait ainsi, avec élégance, le préjugé qui existe contre le certificat prénuptial et on obtenait. dans une certaine mesure, les bons résultats, quoique le certificat-assurance-vie passe sous silence certaines questions intéressantes au point de vue matrimonial.
C'est aussi l'opinion du D' Vandremer qui dit : Le certificat est impossible. Le remède : 1° que les Compagnies d'assurance inscrivent la syphilis dans les maladies susceptibles de faire refuser toute demande d'assuré éventuel; 2° que tout conjoint contracte avant mariage une assurance aussi faible qu’on voudra. Pas de police d'assurance, pas de mariage. »
À mon avis, pour tenir lieu de certificat d’aptitude, on pourrait demander aux hommes s'ils ont fait le service militaire et, dans ce cas, s'ils ont appartenu au service armé Ou au service auxiliaire, et aux femmes de produire un contrat d'assurance-vie.
Enfin, ajoutons encore, avec Drouet, que « ce qu’il convieñt pour le moment d'introduire dans les mœurs, c’est la mode du certificat médical mutuellement exigé par les deux fiancés ou, ce qui revient au même, l'obligation morale pour chaque fiancé de contracter une assurance sur la vie à longue échéance ». On peut créer cette mode en agissant comme la Société néerlandaise en faveur de l'examen prénuptial dont les 41 Comités distribuent le tract suivant : Conseils importants pour les candidats au mariage. On a même installé à Amsterdam, 719, Keizersgracht, une consultation prénuptiale où l'examen est pratiqué par trois médecins successivement au point de vue général gynécologique et vénérien. On ne peut faire mieux.
Mais « il est désirable d'informer le public que
cet examen doit se faire bien longtemps avant le mariage et qu’il doit être répété chaque année. L’examen médical préventif n’a, en effet, d’autre but que de dépister une maladie latente à ses débuts, de rechercher la présence ou l'absence de troubles fonctionnels, d'anomalies organiques ou la pratique d’habitudes fautives (0) ».
Qui délivrerait ce certificat? Naturellement n’importe quel médecin plutôt qu’une sorte de conseil de révision pour candidats au mariage ou, mieux, les syndicats médicaux pourraient assurer ce service, ce qui donnerait toute garantie, sans que besoin soit d’avoir recours à l'Etat et à des médecins d'Etat. Ce ne pourrait être, en tous cas, le médecin traitant, parce que le médecin ne peut être utile au malade que si, investi de sa confiance, il lui assure, en échange, la garantie de sa discrétion. C’est l'opinion de Demelin, de Marc Rivière, de Salmon, de Van-
dremen.,
Gependant, les eugénistes peuvent avoir quelque confiance dans le bon sens public. Il est des idées qui font leur chemin parce qu’elles sont utiles et vraies. Ainsi, il n’est pas rare que le médecin soit consulté à propos d’un mariage éventuel. Tout dernièrement,
(1) Dr Albert GOVAERTS, chef du service de diagnostic et de médecine préventive à la Polichnique du Parc Léopold, à Bruxelles
un médecin posait la question suivante au service de renseignements d’une de nos revues médicales (1)
« Un de mes malades ayant contracté une blennhorragie il y a cinq ans et ayant encore des filaments dans ses urines, peut-il se marier sans inconvénient? N'’est-il pas contagieux pour sa jeune épouse? » A 1a suite de cette question, la revue donne une réponse très complète : « Non! un ancien blennhorragique qui a encore de gros filaments lourds dans ses urines ne doit pas se marier. La punition qu'il encourrait en transgressant ce précepte le suivrait pendant si longtemps, empoisonnant toute sa vie, qu'il est de toute nécessité de l’avertir. » Puis, suit l'exposé des diverses méthodes de diagnostic à employer pour découvrir et apprécier les filaments. Et l’auteur de la réponse, qui n'est autre que Georges Luys, auteur d'un Traité de la blennhorragie ©), conclut de la façon sui vante : « Si, transgressant tous les conseils, ils se marient, leur compagne sera vouée à la stérilité ou à de cruelles mutilations et condamnée à une vie de chaise longue ou de lit. Et, lorsque la voix de la victime avertie viendra leur demander compte du passe et de ses tragiques conséquences, à quelle déchéance morale le coupable ne se verra-t-il pas voué? Le médecin doit donc bien faire comprendre que le fiancé ne peut se présenter au mariage que pourvu d’un certificat de santé, seul vrai moyen d'assurer lé
La Clinique, mai 1927.
(1) (2) 3 édit., Paris, Doin, édit.
sécurité de son avenir, pour lui-même, pour sa femme et pour ses enfants.
Ce qui est vrai pour la blennorragie l’est également pour le chancre simple et surtout pour la syphilis avec son cortège de dangers : fausses couches, enfants hérédo-syphilitiques (tarés, enfants terribles, etc.) et pour laquelle on devrait faire subir un stage de santé.
C'est vrai pour les maladies contagieuses à propos desquelles on ne formulera pas de veto absolu, mais à propos desquelles on avertira ou instruira les intéressés en leur laissant la liberté avec la responsabilité, mais une liberté éclairée. La plus fréquente des maladies contagieuses sur laquelle le médecin aura à se prononcer est la tuberculose à propos de laquelle, dit avec juste raison M. le Prof” Maurice Letulle (1, il faut établir des distinctions selon le sexe et savoir si la tuberculose est ouverte ou fermée, si le ou la malade expectore ou n’expectore pas. Pour le jeune hommnie, on peut l’autoriser à se marier en l’y préparant par de sages conseils. Pour la jeune fille, « les précautions à prendre avant d'autoriser le mariage sont cent fois plus sévères, et les réserves à formuler doivent être mille fois plus serrées » à cause des dangers mensuels, des périodes catameniales et surtout de la grossesse possible sinon prochaine, car la grossesse est « le danger le plus formidable » en cas de tuberculose.
(1) Conférence faité au Musée Social le 7 mai 1926, sous les auspices de la Société française d’eugénique.
Et puis, il y a encore la question de la race avec ses caractères organiques purs d'une part et d'autre part avec ses caractères à base organique et héréditaire sans doute, « mais dont la manifestation est intellectuelle et morale ». (D' J. Papillault.)
Il faut aussi penser aux maladies groupées par Charcot sous le nom de maladies familiales et qui sont la conséquence d’une tare originelle héréditaire, comme, par exemple, la myopathie progressive de Duchenne, de Boulogne (1838), sans oublier toutes les lois connues de l'hérédité qui est tantôt continue, comme pour la chorée (ici les mariages consanguins ne seraient pas à craindre), et tantôt discontinue comme pour le cancer, ensemble de maladies s'héritant à part et pour lequel les mariages consanguins, même éloignés, sont dangereux. Pour résoudre au mieux ces questions, la connaissance des travaux de Naudin et Mendel sur les espèces végétales rendront les plus grands services. Enfin, le médecin tiendra L compte également de l'hérédité matriarcale d’après laquelle certaines maladies sont véhiculées par les femmes seulement säns se manifester chez elles, comme l’'hémophilie et le daltonisme, Ici, on pourra accepter les hommes de ces familles et éliminer les femmes ou tout au moins en tenir compte vi-à-vis d'elles.
Cela nous amène tout naturellement à la grosse question des maladies mentales et nerveuses et des intoxications, de ces maladies qui peuvent mener à grave
l’aliénation mentale qui est la cause d'une très $
crise de famille (, et pour la prévention desquelles un examen psychique n’est pas indifférent. On a établi des épreuves d'aptitude psychique pour les conducteurs d'autobus et d'avion. On a même créé pour cels des appareils automatiques enregistreurs du mécanisme psychique. Pourquoi n’agirait-on pas de même en ce qui a trait aux préliminaires du mariage? L’enjeu en vaut la peine.
On sait qu’il y a une hérédité neurologique qui est soit similaire, soit dissemblable, Pinel, de Saint-Paul- Cap-de-Joux près Castres, dont on vient de fêter le centenaire, estime que l'hérédité des affections mentales est un fait établi. C'est « la cause des causes » d'après Trélat.
Entre autre affections, appartiennent à l’hérédite similaire : 1° L'hémorrhagie cérébrale et le ramollissement dus à la fragilité vasculaire par hérédité de l'infection syphilitique. Il faut donc, ici, penser toujours à l'hérédo-syphilis; 2° Le suicide héréditaire familial, si bien étudié par P. Bourget; 3° Les perversions instinctives.
L'hérédité dissemblable noûs offre ses familles de « nerveux » pour lesquelles on recherchera l’origine, la cause dans des infections ou des intoxications qui transmettent héréditairement leurs effets, telles que la syphilis, la tuberculose, l’alcoolisme.
La lecture d’une table des matières bien faite d’un
traité de psychiâtrie nous donne un aperçu complet
(1) J. RicOL : Les crises de famille, page 75.
de toutes ces maladies aux aspects si divers. En outre, en lisant ces traités, nous apprenons que les anomalies, les lésions, les maladies des organes génitaux sont des facteurs de troubles psychiques, de neurasthénie (neurasthénie génitale). Aussi, en présence de troubles psychiques, on peut penser à des troubles de fonctions sexuelles. Cette considération eût pu guider nos pères dans leurs « Congrès ». Il est vrai qu’ils y pensaient et que la liberté de leurs mœurs leur avait seule fait imaginer le Congrès, à leurs yeux simple méthode de médecine légale expérimentale. Il faut donc faire un examen précis en se souvenant que le mariage est un contrat comme un autre mais établi, entre autres motifs, en vue de la venue possible d'un tiers dont les intérêts doivent être sauvegardés. Cet examen amènera parfois à des découvertes singulières, telle que celle de maladies organiques des organes sexuels chez les deux candidats qu'il est de la plus haute importance de dépister, ou de maladies sans base organique, telles que les aberrations sexuelles si nombreuses, qui occupent tant de place dans nos traités de médecine légale et nos livres de psychiâtrie, pour les deux sexes.
Ce qui doit guider le public pour le désirer et le demander, le médecin ensuite pour en étudier les conditions et l’établir, c'est l'intérêt de la race et c’est dans ce point de mire, dans cette directive qu'est l’uti-
lité sociale de l'examen prénuptial.