SCÈNE IV. ni
LE DIRECTEUR, retournant à la table et s'asseyant dans son fauteuil.
Eh! non... Vous êtes un garçon intelligent.
MONSIEUR MINE, modestement.
Oh ! monsieur le Directeur.
LE DIRECTEUR
Si... si... vous êtes un garçon intelligent : votre démarche le prouve... Venir me trouver comme vous l'avez l'ait, cela dénote un esprit d'initiative que je me plais à reconnaître.
MONSIEUR MINE
Monsieur le Directeur, vous êtes trop bon!
LE DIRECTEUR, avec suffisance.
Non, je ne suis ni bon, ni mauvais; je me connais
en hommes, voilà tOUt. (Mine acquiesce d'un grand signe de
tète.; Vous êtes intelligent, donc observateur ; eh bien, là, en toute franchise, qu'est-ce que vous avez remarqué en venant ici?
MONSIEUR MINE, qui a une peur bleue de gaffer, à part.
Ah ! Diable... [Haut.) Ma foi...
LE DIRECTEUR
Allons, parlez franchement...
Peuh !... C'est que...
LE DIRECTEUR
Hein?
MONSIEUR MINE, toujours très embarrassé.
Dame! monsieur le Directeur...
LE DIRECTEUR
Oui, je comprends, vous êtes gêné: mais, enfin, vous l'avez nécessairement remarqué : il y a un laisseraller terrible ! Cette maison n'a pas l'apparence d'une maison sérieuse... les garçons ne sont pas à leur poste.
MONSIEUR MINE
En effet !
LE DIRECTEUR
On vous a reçu dans mon cabinet; eb ! bien, voyons ! Est-ce que cela se fait?... est-ce que l'on fait attendre dans le cabinet d'un directeur ?
MONSIEUR MINE, avec une conviction exagérée.
C'est insensé !
LE DIRECTEUR
Insensé ! vous l'avez dit ! Tout le monde en prend trop à son aise. Et pourquoi? Parce que cela manque de surveillance. Quand je ne suis pas là, rien ne va et, dame! étant Directeur, je ne puis être ici que rarement, ayant des obligations mondaines ou personnelles qui m'obligent à ne consacrer qu'une faible partie de mon temps à mon administration.