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ACTE PREMIER. — SCENE III

HENRIETTE

Quoi?

LAMBERT

Touche vite du bois !

HENRIETTE

Du bois?

LAMBERT

Oui... là, touche la table, touche le bois... Il y a des mots comme veine qu'il ne faut pas prononcer sans toucher du bois... D'autres, c'est du ter, du plomb... Quoi? Cela t'étonne?

HENRIETTE, après avoir touché du bois.

Oh! rien ne m'étonne; d'ailleurs, maman...

LAMBERT

Laisse-donc ta mère tranquille.

HENRIETTE

D'ailleurs, maman, qui est une femme très intelligente... Qu'est-ce que tu dis?...

LAMBERT

Mais je ne dis rien.

HENRIETTE, appuyant sur les mots.

... Qui est une femme très intelligente, atout prévu : elle m'a bien dit que, si nous venions ici, il arriverait ce qui est arrivé, joueur comme tu l'es !...

LAMBERT

Mais je ne suis pas joueur. Je joue, ici, comme tout le monde.

HENRIETTE

11 y en a qui ne jouent pas.

LAMBERT

Les croupiers?...

Non, pas seulement les croupiers... mais des gens très bien qui jouent pour s'amuser et qui, lorsqu'ils perdent, perdent très peu...

LAMBERT, avec la même intonation que le prince à la scène I.

Quand on perd, retiens bien ceci, quand on perd, c'est toujours beaucoup et pour tout le monde.

HENRIETTE

C'est stupide!...

LAMBERT

Tu trouves !... En attendant, veux-tu me rendre mes vingt-cinq louis?

HENRIETTE

Tes vingt-cinq louis?

LAMBERT

Oui, mes cinq cents francs d'hier.

HENRIETTE

Je ne les ai plus.

LAMBERT

Comment ! tu ne les as plus ! Où sont-ils?

11 E N R I E T T E , simplement.

Je les ai joués.

LAMBERT, suffoqué.

Tu as joué, toi !

HENRIETTE

-Je m'ennuyais; alors j'ai joué et j'ai perdu.

C'est violent! Et toute seule?

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