ACTE PREMIER. — SCENE IV. 221 MADAME DE S A I NT-A L A I N
Madame! Monsieur! (Un temps.) Nous pourrions peutêtre nous asseoir.
LE PRINCE
Oh ! pardon !
(Il avance une chaise à Madame Lambert pendant que Lambert en offre une à Madame de Saint-Alain.) Tous s'assoient, le prince à côté de Madame de Saint-Alain, Lambert à côté de sa femme ; les deux groupes se font vis-à-vis.)
MADAME DE SAINT-ALAIN
Mon ami, le prince Kougeloff, m'a dit que vous étiez désireux de vendre un diadème.
LAMBERT
Oui, Madame.
MADAME DE SAINT-ALAIN
Très joli, paraît-il?
LE PRINCE
De toute beauté.
LAMBERT
Oui, Madame.
LE TRINCE.
Vous l'avez, d'ailleurs, déjà remarqué, chère amie.
MADAME DE SAINT-ALAIN
Et quand cela, prince?
LE PRINCE
Mais il y a huit jours, au théâtre. C'est le diadème que portait Madame Lambert.
MADAME DE SAINT-ALAIN
C'est celui-là?
LE PRINCE
Oui, Madame.
MADAME DE SAINT-ALAIN
Il est, en effet, très beau.
N'est-ce pas?...
MADAME DE SAINT-ALAIN
Oui, il m'a beaucoup plu. Il est vrai que la grâce de Madame Lambert l'embellissait encore.
HENRIETTE
Oh! Madame.
LAMBERT
Mais non ! Mais non!
HENRIETTE, bas à son mari.
Tu es poli, toi !
MADAME DE SAINT-ALAIN, souriant.
Comment ! mais non !
L A M li E R T , 1 .a s à sa femme .
Laisse moi tranquille ! haut. .Non, je veux dire que. porté par n'importe qui. il fera toujours grand effet.
LE PRINCE
Ne croyez pas cela, mon cher : les véritables jolies choses ne sont mises en valeur que par les véritables jolies femmes.
MADAME DE SAINT-ALAIN
C'est vrai ce que vous dites-là, mon cher Kougeloff. . . Et peut-on le voir ?...
LAMBERT
Mais certainement !
C'est que...
LAMBERT, à sa femme.
C'est que quoi ?
HENRIETTE
C'est que... je l'ai donné à arranger à un bijoutier. Je ne sais pas s'il me l'a rapporté.