ACTE PREMIER. — SCENE V
Du tout! du tout!
MADAME DE SAIN T-A L A I N
Alors, donnez-moi votre prix, mais le dernier... parce que, moi, je vous préviens, je ne marchande pas.
LE PRINCE
Oui, la générale de Saint-Alain a horreur de marchander.
LAMBERT
Eh bien, Madame... c'est dix-huit mille, et ce n'est pas cher; ce serait à Paris que je ne vous l'offrirais pas à moins de vingt-cinq mille.
MADAME DE SAINT-ALAIN, regardant le prince.
Oui... ce prix me paraît raisonnable.
LE PRINCE, regardant M"'« -le Saint-Alain.
Oui.
LAMBERT, s'inclinant.
... Très fA part.) J'aurais dû lui faire au moins vingt mille.
MADAME DE SAINT-ALAIN
Vous connaissez mon frère, n'est-ce pas?...
LAMBERT
Votre frère?
MADAME DE SAINT-ALAIN
Oui, le docteur Garin.
LAMBERT, étonné.
Le docteur Garin?... Non Madame.
LE PRINCE
Comment vous ne connaissez pas le docteur
Garin?... C'est curieux, il est si connu... ou plutôt sa maison de santé.
MADAME DE SAINT-ALAIN
Mais oui... Vous savez... sur la route de Nice... cette grande maison blanche que l'on voit à droite... avec des tourelles...
LAMBERT
Une grande maison blanche ! Ah ! si. j'y suis. Je l'ai aperçue, étant en chemin de 1er.
MADAME DE SAIN T-A L A I N
Précisément... Eh bien, Monsieur, le docteur Garin est mon frère.
LAMBERT
Ah ! vraiment!
MADAME DE SAINT-ALAIN
Avant de rentrer à Paris, j'irai passer quelques jours chez lui, comme je le fais tous les ans.
LAMBERT, avec intérêt.
Pour votre santé, Madame ?
MADAME DE SAINT-ALAIN, vivement.
Non ! Non! (Souriant.) pour passer quelques jours en famille; je compte même y aller demain matin. Je vous demanderai donc de me porter à la Villa Duplaisir...
La villa Duplaisir?...
MADAME DE S A I N T - A L A I N
C'est le nom de la propriété de mon frère... votre diadème.
LAMBERT
Mais parfaitement, Madame.